Le Premier ministre Jean Castex à la sortie du Conseil des ministres du 9 décembre 2020, à Paris.
Le Premier ministre Jean Castex à la sortie du Conseil des ministres du 9 décembre 2020, à Paris.
AFP - CHARLES PLATIAU
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France: la loi sur les «séparatismes» n’est «pas contre les religions», assure Jean Castex

Le gouvernement français a présenté, le mercredi 9 décembre 2021, le controversé projet de loi « confortant le respect des principes de la République » après son adoption en Conseil des ministres. 
По RFI -

À la sortie du Conseil des ministres ce mercredi, Jean Castex a assumé qu'il s'agissait d'une loi contre « le travail de sape de l'islamisme radical », mais il a assuré qu'elle ne stigmatisait personne : « Ce projet de loi n’est pas un texte contre les religions, ni contre la religion musulmane en particulier. C’est à l’inverse une loi de liberté, c’est une loi de protection, d’émancipation face au fondamentalisme religieux et, plus généralement, face à toute idéologie ou dérive qui poursuivrait les mêmes finalités. »

Création d'un délit contre la haine en ligne, contrôle des associations et des lieux de cultes, restrictions pour l'instruction à domicile, lutte contre la polygamie... Cette loi comporte une batterie de mesures au contenu politiquement sensible.

La gauche accuse ainsi le pouvoir de s'en prendre aux musulmans. Dans un point presse à l’Assemblée, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a reproché au gouvernement de « surfer sur une sorte de vague hostile aux musulmans » et de les « stigmatiser » avec ce projet.

Nous n'acceptons ni la stigmatisation des musulmans, ni la logique concordataire du texte, ni les mesures liberticides qu'il contient ».

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 Jean-Luc Mélenchon : « On ne laissera pas passer cette loi comme ça » (00'48")

Au contraire, pour l'opposition de droite, le gouvernement ne va assez loin dans la lutte contre l'islamisme radicale. Ainsi le vice-président des Républicains (LR) Gilles Platret considère, au micro de RFI, que « ne pas nommer l’adversaire est une défaite » pour l'exécutif.

Cette nouvelle loi, annoncée début octobre par Emmanuel Macron, a aussi été critiquée par certains dirigeants de pays musulmans, au premier chef le président turc Recep Tayyip Erdogan, mais aussi aux États-Unis. Mardi soir, l'émissaire américain pour la liberté religieuse Sam Brownback s'est dit inquiet de son caractère peut-être « trop répressif ».

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 Le Premier ministre Jean Castex défend un « texte de liberté » qui n'est pas « contre la religion musulmane en particulier » (01'02")

Promesses de mesures pour l’égalité des chances

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a cherché, lui aussi, à rassurer, citant Aristide Briand, qui défendit la loi sur la séparation de l’Église et de l'État en 1905 : « C’est un texte qui vise à pacifier les esprits, et à redonner force à la République. »

Et à ceux qui reprochent au gouvernement un texte uniquement répressif et sécuritaire, le Premier ministre a promis des mesures pour l'égalité des chances et la cohésion sociale « dans les prochaines semaines », tout en restant vague sur leur contenu.

Pour Elhadj Amor Boubakeur, imam de la grande mosquée de Poitiers, « le contenu de la loi est légitime », mais il dit « regretter que celle-ci vienne dans un climat de confusion entre islam, islamisme, radicalisme, terrorisme… tout cela faisant que la situation n’est pas très sereine pour le dialogue et pour qu’on puisse être apaisé en France avec la foi musulmane ».

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 Pour Elhadj Amor Boubakeur, imam de la grande mosquée de Poitiers, le contexte de cette loi est « regrettable » (01'06")

► À lire aussi : France: de quoi « séparatisme » est-il le nom ?

Опубликовано 25/01/2021 - Изменено 25/01/2021

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