Minatec
Le centre Minatec, le plus grand pôle européen consacré aux applications de l'infiniment petit, est implanté à Grenoble, en France.
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Nanotechnologies: la révolution est en marche

Minatec, le plus grand centre européen consacré aux nanotechnologies a été inauguré, le 2 juin 2006, à Grenoble. La nanotechnologie, qui vise à fabriquer des objets de taille inférieure au milliardième de mètre, devient en effet un secteur éminemment stratégique. Les chercheurs se livrent à une véritable course à la miniaturisation qui va bouleverser l’industrie, les communications et le monde médical. Non sans polémiques. La conquête de « l’infiniment petit » suscite de nombreux débats. Certains s’inquiètent de possibles dérives. Un millier de personnes ont défilé le 1 juin 2006 dans les rues de Grenoble, pour demander la fermeture de Minatec.
По Myriam Berber -

Au regard des politiques volontaristes du Japon et des États-Unis, les réponses des États européens et notamment de la France ont toujours été trop timides. La création de Minatec, le premier pôle européen en micro et nanotechnologies à Grenoble, devrait permettre de rattraper le retard de la France dans ce secteur stratégique. « Il n'y a dans le monde que deux centres qui peuvent rivaliser par la taille et la conception avec Minatec, c'est Nanotec à Albany dans l’État de New York et Selete, près de Tokyo. Les deux autres centres européens en Belgique et en Allemagne, sont moins ambitieux », s’est réjouit Geneviève Fiorasso, adjointe au maire de Grenoble, chargée de l'Économie.

Le projet Minatec représente l’un des principaux investissements de recherche français de ces dernières années : 193,5 millions d'euros, dont près de la moitié a été assurée par les collectivités territoriales, en tête desquelles le conseil général de l'Isère. Dans cet ensemble de 45 000 mètres carrés, dimensionné pour accueillir près de 4000 personnes venues d’organismes de recherche, de grandes écoles, d’universités et des entreprises, les scientifiques vont tenter de concevoir des micromoteurs, des micro capteurs ou bien encore des biopuces. En effet, le terme de nanotechnologie regroupe un ensemble de techniques révolutionnaires qui visent à manipuler ou à produire des objets de taille comparable à celles des atomes et des molécules, c’est-à-dire de l’ordre du milliardième de mètre (nanomètre).

Un vaste débat national

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour exprimer leur préoccupations. Un millier de personnes ont défilé, le 1 juin 2006, dans les rues de Grenoble pour demander la fermeture de Minatec. Elles dénoncent le risque de « flicage généralisé des individus » induit par les nanotechnologies : contrôle électronique via les micro-puces communiquant par radio, mini-capteurs, systèmes biométriques, implants sous-cutanés, objets espions qui permettent d’établir des profils précis de nos comportements de consommateurs ou de citoyens. Face aux convergences des nanotechnologies dans le domaine de la physique, biologie, chimie, les manifestants ont lancé « un appel à la convergence des luttes anti-nucléaires, anti-OGM et anti-nanos ».

En réponse à la contestation, le ministre délégué à l’Industrie François Loos a annoncé « l’organisation d’un vaste débat national où seront posées publiquement les questions qui inquiètent certains ». De nombreux scientifiques posent également la question du danger des nanoparticules libres qui, comme leur nom l’indique, sont fixées sur un objet ou dans un produit, mais peuvent s’en détacher à l’occasion. Un rapport de l’Académie royale d’ingénierie, publié en 2004, souligne que des incertitudes demeurent au sujet des effets des nanoparticules sur la santé publique et l’environnement.

Relativement récentes, ces sciences sont en pleine explosion. La conquête de « l’infiniment petit » a profité à bien des industries, de l’électronique à la mécanique en passant par la médecine et les communications. L’électronique est le premier secteur concerné par cette révolution, le développement des nanotechnologies est devenu stratégique dans les semi-conducteurs. À la fin des années 50, le prix Nobel de physique Richard Feynman imaginait de « graver le contenu de l’ensemble de l’encyclopédie Britannica sur une tête d’épingle ». Dans une dizaine d’années, une puce contiendra la quasi-totalité des composants électroniques d’un ordinateur.

Dans le domaine des télécommunications, l’étude de « l’infiniment petit » a déjà fait ses preuves avec notamment les étiquettes électroniques miniatures (via une puce-radio). Dans le secteur de la santé également, avec les puces implantées sous la peau (ou micro-capteurs) qui peuvent effectuer du suivi médical à distance de certaines fonctions biologiques du corps humain (comme le rythme cardiaque et le taux de glycémie dans le sang). Et c’est loin d’être fini. On prévoit que la moitié des médicaments produits dans les dix prochaines années relèveront des nanotechnologies. D’où la crainte de scénarios catastrophes où ces organismes artificiels convergeraient avec le vivant, avec des conséquences imprévisibles.

Опубликовано 30/12/2015 - Изменено 30/12/2015

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