Au nom du panda et des espèces en péril
Les Tibétains appellent le panda le «chat-ours».
J. Patrick Fischer
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Au nom du panda et des espèces en péril

Quelque 1600 pandas en papier mâché ont pris place le 10 juillet 2008 sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris pour attirer l'attention sur la menace qui pèse sur cette espèce, qui fait partie de la famille des ours, comme sur des milliers d'autres. « Bien sûr, le panda est le plus touchant, le plus tendre. Mais le lombric est aussi important que le panda », souligne Serge Orru, directeur général de WWF France.
По Dominique Raizon -

Sur les continents, les facteurs les plus menaçants pour la biodiversité sont la destruction des habitats -liée à la déforestation massive et les constructions côtières-, la surpêche et la pollution industrielle.

Selon l'Organisation mondiale de la protection de l'environnement, il ne reste aujourd'hui que 1600 pandas géants à travers le monde, un animal devenu emblématique des espèces menacées. Au-delà de la situation du panda, WWF entend attirer l'attention sur l'appauvrissement de la diversité de la vie sur Terre. « À travers ce symbole [que représente le panda], il s'agit de montrer notre attachement à l'ensemble du vivant », explique Serge Orrul, espérant démontrer que la biodiversité » n'est pas simplement une histoire de « baba cools et de biologistes ».

Réchauffement climatique et espèces invasives

« La richesse de la vie animale et végétale dans l'outre-mer européen est menacée par le changement climatique », mettent en garde les experts qui appellent l'Union européenne à réagir.

Dans les îles, qui constituent des espaces clos, les espèces dites « invasives » sont en cause. Et, la modification du régime des vents, induite par le réchauffement climatique, pourrait accélérer la dispersion de ces espèces exotiques, qui représentent une réelle menace pour les espèces locales.

Or, « ces invasions sont préoccupantes car elles sont capables de modifier le fonctionnement des écosystèmes et peuvent provoquer l'extinction massive d'espèces locales, endémiques », indique Dominique Strasberg, de l'université de La Réunion. « Une espèce exotique qui débarque sur une île et se retrouve sans concurrents devient un véritable "pique assiette" pour les autres espèces », explique Jérôme Petit, biologiste de l'UICN.

La « mouche pisseuse », un fléau pour les arbres

Le problème est que « à partir du moment où une plante ou un animal est arrivé dans une île, il n'est pratiquement plus possible de l'éradiquer », Jérôme Petit. À titre d'exemple, l'île de Montserrat, aux Caraïbes, cherche à se débarrasser de ses rats et de ses cochons, redevenus sauvages. « On a proposé des plans mais c'est onéreux » explique Stephen Mendes, expert du ministère de l'agriculture de Montserrat, venu à la conférence de La Réunion pour « chercher des idées ».

Autre exemple, la « mouche pisseuse » (Homolodisca vitripennis), surnom que les tahitiens ont donné à cet insecte originaire de la Floride et du Mexique, ressemblant à une petite cigale, a été combattue avec succès en Polynésie française où elle était arrivée il y a une dizaine d'années, probablement dans des plantes importées. Cette mouche se nourrit de la sève des arbres qu'elle pompe et excrète ensuite au goutte à goutte de très grandes quantités d'un liquide, d’où son nom.

Tous les pays sont concernés

« À Tahiti, les automobilistes étaient obligés mettre leurs essuie-glaces quand ils passaient sous les arbres », commente Jérôme Petit. Un problème pour le tourisme mais également pour l'agriculture car le rendement des arbres fruitiers s'en trouvait grandement affecté. « Nous sommes allés chercher au Mexique le parasitoïde naturel de cette mouche, une minuscule guêpe qui pond ses oeufs à l'intérieur de ceux de la mouche pisseuse », explique-t-il. « la larve se développe et détruit l'oeuf de la mouche. C'est un peu comme le coucou », ajoute-t-il et « ça a très bien fonctionné ».

Les pays d’Outre-mer ne sont pas les seuls inquiétés par le phénomène. « Le changement climatique permet à certains espèces de s'épanouir là où elles ne le pouvaient pas auparavant », expliquent les experts de l'Union internationale de la conservation de la nature (UICN) qui participent à une conférence sur l'outre-mer européen à La Réunion. Ainsi, par exemple, en Géorgie du sud (États-Unis), avec la fonte des glaciers, les rats pullulent et font des ravages parmi les oiseaux marins, notamment les pétrels.

Pour en savoir plus, consulter les sites

- de l'Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN)
- de l'Organisation mondiale de la protection de l'Environnement (WWF)

Опубликовано 08/12/2015 - Изменено 08/12/2015

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