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Radio des poumons d'un patient atteint de Covid 19 et dossiers médicaux (photo d'illustration).
Radio des poumons d'un patient atteint de Covid 19 et dossiers médicaux (photo d'illustration).
Pascal Bachelet /BSIP/ Universal Images Group via Getty Images
Cela fait désormais plus de six mois que le coronavirus responsable de l’épidémie de Covid-19 a été découvert, mais il reste cependant beaucoup d’inconnues au sujet de cette maladie. Alors que de plus en plus d’anciens malades sortent guéris des hôpitaux, certains souffrent toujours de symptômes, parfois plusieurs semaines après.

03'51" - Première diffusion le 04/06/2020

Difficultés respiratoires, fatigue extrême, tachycardie… De plus en plus de témoignages affluent ; ceux d’anciens malades du Covid-19 souffrant toujours de divers symptômes plusieurs dizaines de jours après. La survenue de tels symptômes décalés n’est pas inhabituelle après une infection virale. Cependant, le Covid-19 étant encore peu connu, il s’agit de savoir à quoi on a affaire.

De nombreux hôpitaux ont ainsi mis en place des structures de suivi de patients une fois rentrés chez eux. « Cela va s’étaler sur six mois minimum, avec un point un mois après le début des symptômes, trois et six mois après », explique le professeur Olivier Bouchaud, responsable du service des maladies infectieuses à l’hôpital Avicenne de Bobigny (AP-HP). « Notre objectif premier est de regarder s’il y a des séquelles au niveau des poumons chez les personnes qui ont eu besoin de quantité d’oxygène relativement importante ». Les médecins craignent en effet la survenue de fibroses pulmonaires, provoquées par les inflammations dues à la maladie. Ces consultations de suivi ont également permis de recenser d’autres symptômes persistants : « Le plus fréquent, c’est la fatigue. On voit également des patients qui disent avoir encore la perte de l’odorat, d’autres ne pas avoir tout à fait retrouvé la sensation de goût. Un certain nombre de patients se plaignent aussi de la persistance de toux ou de gêne à respirer. Enfin, quelques-uns se plaignent de l’apparition de manifestations cutanées, de petits boutons. »

En soi, l’existence de ces symptômes à distance est quelque chose de classique. Il faut cependant étudier leur spécificité dans le contexte du Covid-19 et déterminer ce qu’ils signifient. « Il faut être prudent dans l’explication de ces symptômes, explique Olivier Bouchaud. Par définition, on ne connaît pas l’évolution à distance de cette infection par le Covid-19. Il faudra faire la part des choses entre des manifestations qui peuvent être liées à des conséquences inflammatoires ou de cicatrisation de l’infection, comme les fibroses pulmonaires. Mais pour la fatigue, par exemple, ce sera très difficile de faire la part des choses entre un syndrome post-infectieux directement lié à la trace que peut laisser le virus dans le corps et une manifestation qui serait purement psychologique ».

En effet, le combat contre la maladie a pu être très violent pour certains malades qui se sont vus mourir. Cela laisse des traces, qui peuvent causer de réels troubles physiques. « On peut voir ces manifestations après des traumatismes psychiques, comme par exemple après les attentats. Ce sont des mécanismes que l’on connaît bien après que les patients ont subi des agressions violentes. Dans le cadre du Covid-19, hospitalisés dans le contexte d’une infection nouvelle, certains patients admis en réanimation ont pu avoir le sentiment qu’ils étaient au bout de leur vie tellement ils étaient gênés pour respirer. Cela peut expliquer ce psycho-traumatisme et ses séquelles. »

Par définition, on ne sait pas combien de temps vont durer ces symptômes. On commence cependant à avoir une idée de leur fréquence. L’un des objectifs de ces dispositifs de suivi, auxquels sont associés les médecins de ville, consiste en effet à déterminer la part des personnes infectées qui souffrent aujourd’hui de ces symptômes décalés. Les premières observations sont rassurantes, puisqu’il apparaît que seule une minorité de malades, parmi ceux qui ont développé les formes les plus graves, en subissent les conséquences. Lesquels doivent également faire face à un travail de rééducation qui commence désormais, tant leur organisme a été soumis à rude épreuve.

Опубликовано 10/06/2020 - Изменено 10/06/2020 - По Simon Rozé

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