Épidémie de grippe: les autorités sanitaires critiquées
L'épidémie de grippe a déjà touché plus de deux millions de personnes durant l'hiver 2014-2015.
Lionel Bonaventure/AFP PHOTO
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Épidémie de grippe: les autorités sanitaires critiquées

Le pic de la plus grosse épidémie de grippe en France depuis 2010 a été atteint. 2,5 millions de malades de la grippe, plusieurs centaines de milliers de malades en plus chaque semaine, et des hôpitaux surchargés : les services de santé ont été en crise. Les autorités ont-elles tardé à prendre la mesure de la situation ? Pourquoi cette épidémie est-elle particulièrement violente ?
По Léa Ticlette -

Si l’épidémie de grippe est plus agressive cette année c’est qu’il existe différents virus de la grippe, certains plus virulents que d'autres. Celui qui sévit cette année, le H3N2, vise particulièrement les personnes à risques : personnes âgées, en faiblesse respiratoire, les très jeunes. Comme tous les virus de la grippe, il est très contagieux. Bref, la France doit faire face à une souche du virus particulièrement coriace. Et l'épidémie se répand d'autant plus que cette année le vaccin a un faible taux d'efficacité face au H3N2.

Pour rappel, le vaccin contre la grippe est adapté chaque année aux différentes souches du virus. Il cible les trois principaux virus de la grippe, dont celui qui frappe actuellement en France. Malheureusement, cette saison, il a une efficacité qui se situe autour de 23 % - 25 %, ce qui laisse les personnes à risques exposées.

Enfin, on dit que le pic épidémique est derrière nous. Cela ne signifie pas que les gens ne sont plus infectés, mais tout simplement que de moins en moins de personnes sont touchées par le virus chaque semaine. La France n'en a malgré tout pas fini avec cette épidémie qui pourrait faire jusqu'à 7 000 morts directs ou indirects cette année.

Une « anticipation insuffisante », selon l'Irsan

Selon l'Irsan (Institut de recherche pour la valorisation des données de santé) les autorités sanitaires auraient pu prévenir cette épidémie. Une meilleure anticipation des mesures sanitaires prises ces dernières semaines aurait probablement diminué ce que l'institut appelle « la surchauffe hospitalière ». Il y a quelques semaines, les services de santé ont lancé un appel aux autorités. Les urgences étaient surchargées, les hôpitaux ne pouvaient plus faire face à l'afflux de malades et les généralistes étaient eux aussi débordés.

Beaucoup d'urgentistes n'hésitent pas à comparer cette situation à celle de la canicule de l'été 2003, au cours de laquelle des milliers de personnes sont mortes. Indéniablement, cette affluence aux urgences, causant des temps d'attente à rallonge, a aggravé la situation des malades, surtout des personnes âgées, souvent déjà à la santé fragile.

Un déclenchement tardif du plan Orsan

Le plan Orsan (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) permet de déprogrammer des opérations non essentielles, de débloquer des lits pour les urgences, et donc de faire face aux besoins en cas de surcharge de patients. Il a certes été déclenché, mais trop tard si on en croit les professionnels du milieu hospitalier et l’Irsan.

L'épidémie dure depuis novembre dernier, les premières alertes sont intervenues dès le mois de décembre et dans les dernières semaines de janvier, il y avait plusieurs centaines de milliers de malades en plus chaque semaine. Mais les autorités ont attendu que la situation devienne intenable. C'est en tout cas ce que reprochent les urgentistes au gouvernement.

Les leçons à tirer de cet épisode épidémique

Ce n'est pas parce qu'une année le vaccin est moins efficace pour une des souches du virus qu'il faut arrêter de se faire vacciner. C'est une précaution essentielle qui sauve la vie de nombreuses personnes fragiles.

Ensuite, comme pour la canicule, il y a des enseignements à tirer au niveau de l'organisation des services de santé et de la communication entre les hôpitaux et les autorités. C'est devenu le rôle de l'Irsan et de son nouveau réseau de surveillance de la grippe. A eux d'alerter, comme ils l'ont fait cette année, le gouvernement. Au gouvernement ensuite - lors de la prochaine épidémie grave - d'anticiper la surcharge des services pour éviter une surmortalité.

Опубликовано 15/10/2015 - Изменено 01/03/2019

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