Un homme portant un masque de protection passe devant une pancarte indiquant des consultations sur la maladie à coronavirus (Covid-19) à l'hôpital de Vannes en France, le 10 mars 2020 (image d'illustration).
Un homme portant un masque de protection passe devant une pancarte indiquant des consultations sur la maladie à coronavirus (Covid-19) à l'hôpital de Vannes en France, le 10 mars 2020 (image d'illustration).
Stephane Mahe / REUTERS
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Coronavirus : les 96 heures qui ont fait basculer la France

En l’espace de quelques jours, le gouvernement français a déclaré « la guerre » au coronavirus. Depuis le mardi 17 mars à midi (heure locale), la population française doit rester chez elle. Le confinent est presque total. Seules les sorties nécessaires comme aller se soigner, travailler ou faire ses courses sont autorisées.
По Farid Achache -

Jeudi 12 mars à 20 heures. Le président de la République, Emmanuel Macron, prend la parole dans une allocution télévisée très solennelle. Va-t-il faire des annonces importantes, ou un point pour rassurer l’ensemble de la population à quelques jours du scrutin municipal ? À ce moment-là de la crise, uncommuniqué du mercredi 11 mars fait état de 2 281 personnes contaminées, dont 105 sont en réanimation, et de 48 décès. Soit 15 de plus en 24 heures et près de 500 nouvelles contaminations. Mercredi 11 mars, l’Organisation mondiale de la santé qualifie officiellement l’épidémie de Covid-19 de « pandémie ».

La continuité de la vie démocratique

Après avoir indiqué qu’il maintient le premier tour des élections municipales, Emmanuel Macron acte le passage au stade 3 de l’épidémie. « Rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes dimanche » pour le premier tour des municipales, assure Emmanuel Macron. « Il est important en ce moment, en suivant l’avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d’assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions. »

Mais toutes les crèches, tous les établissements scolaires et les universités devront fermer à partir du lundi 16 mars. Et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Le chef de l’État justifie cette décision par le fait que « les plus jeunes sont celles et ceux qui propagent le plus vite le virus, même s’il n’ont pas de symptômes ».

Le chef de l’État indique que des mesures pour libérer des places dans les hôpitaux ou encore pour « protéger les salariés et les entreprises » vont être prises. À l’hôpital, tout ce qui n’est pas urgent est repoussé. « L’urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables », déclare Emmanuel Macron. « Toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, ainsi que celles qui souffrent de maladies chroniques ou de handicaps sont invitées à rester chez elles et à limiter au maximum leur déplacement », indique-t-il.

Salariés indemnisés

Les salariés pouvant bénéficier du télétravail sont aussi invités à rester à la maison. « L’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux », affirme Emmanuel Macron, ajoutant : « Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité le paiement des cotisations et impôts dus en mars ». Si les transports publics sont maintenus, c’est avant tout pour permettre le déplacement des soignants. Mais les Français sont fortement invités à « limiter leurs déplacements au strict nécessaire ».

Samedi 14 mars. En fin d’après-midi, le Premier ministre Édouard Philippe prend la parole à son tour pour annoncer, à la stupeur générale, que les « tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays », comme les restaurants, cafés, cinémas, commerces et discothèques, fermeront à partir de minuit et « jusqu’à nouvel ordre ». Seuls les commerces alimentaires, les pharmacies, les banques, les stations-essence et bureaux de tabac et presse resteront ouverts. Déjà, les grands musées avaient fermé leurs portes comme le Louvre ou Orsay à Paris. Tout comme les salles de concert à travers l’Hexagone.

Dimanche 15 mars. Les images en boucle de Français, profitant des jardins publics, notamment à Paris, mettent en colère une partie du corps médical et plusieurs hommes politiques. Les Parisiens s’étendent dans l’herbe, très proches les uns des autres, loin de la distanciation sociale requise par le gouvernement. Dans la matinée, les marchés français sont bondés.

Lundi 16 mars à 20 heures. Pour la deuxième fois en cinq jours, le président de la République s’adresse une nouvelle fois à ses concitoyens. « Nous sommes en guerre ». À plusieurs reprises, le chef de l’État évoque une situation grave, le ton est martial. Emmanuel Macron en appelle à la « mobilisation générale » contre un « ennemi […] invisible, insaisissable ». L’exécutif décide de faire basculer la France dans un régime d’exception, comme l’Italie et l’Espagne.

À partir de ce mardi 17 mars à midi, il ne sera plus possible de sortir de chez soi. Sauf pour aller se soigner, faire ses courses ou se rendre à son travail. Le confinement est prévu pour une durée de « quinze jours au moins ». Il pourrait se prolonger suivant la situation. « Toute infraction à ces règles sera sanctionnée », indique le chef de l’État. « Nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse », avance Emmanuel Macron. Des amendes allant jusqu’à 135 euros pourront être dressées, a précisé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lundi soir.

Emmanuel Macron annonce également le report du second tour des élections municipales, initialement prévu dimanche prochain. Il pourrait se tenir le 21 juin, selon une proposition du Premier ministre.

► À lire aussi : Coronavirus: état des lieux de la pandémie dans le monde le 16 mars 2020

Опубликовано 17/03/2020 - Изменено 17/03/2020

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