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Quel est le legs international de Jacques Chirac?

Jacques Chirac au sommet Afrique-France de Cannes en février 2007.
Jacques Chirac au sommet Afrique-France de Cannes en février 2007.
PATRICK KOVARIK / AFP
Le Monde en question revient sur le décès de l’ancien président Jacques Chirac, qui dirigea la France de 1995 à 2007. Que retiendra-t-on de Jacques Chirac sur la scène internationale ?

3'20'' - Première diffusion 27/09/2019

D’abord des gestes forts et un style. Celui d’un président à la fois conscient des intérêts de la France, avec la volonté de préserver au mieux son indépendance. En ce sens d’ailleurs, Chirac sera resté sur un positionnement diplomatique très gaullien, cherchant à faire exister la France dans le monde en parlant à tout le monde et parfois en marquant sa différence avec la superpuissance américaine.

L’illustration la plus éclatante a été bien sûr le refus de suivre George W. Bush dans sa guerre en Irak contre Saddam Hussein. Ce refus, et le discours de Dominique de Villepin à l’ONU, restent d’ailleurs comme l’un des moments forts du second mandat de l’ancien président. Il pressentait, à juste titre, que l’aventure irakienne, non seulement était vouée à l’échec, mais en plus allait déstabiliser profondément une région qui n’en avait pas besoin.

Mais attention : il était méfiant vis-à-vis des États-Unis, mais jamais hostile. Il a d’ailleurs entretenu des relations cordiales avec Bill Clinton   grande entente notamment sur le dossier des Balkans.

Geste fort également envers les Américains au lendemain du 11 septembre : Chirac sera le premier chef d’État étranger à se rendre au pied des tours écroulées du World Trade Center pour rendre hommage aux victimes.

Un lien particulier avec le Liban

Le Proche-Orient lui permettra un autre coup d’éclat à Jérusalem - un « coup de com' » sans doute involontaire, quand il s’en prend avec virulence aux policiers israéliens dans la vieille ville de Jérusalem.

Sans oublier son histoire particulière avec le Liban et le Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en 2005. Ce qui l’amènera à exiger, avec l’aide des États-Unis, le retrait des troupes syriennes stationnées dans le pays du Cèdre - au prix d’une rupture diplomatique brutale avec Hafez el-Assad.

Il y a enfin la bienveillance marquée à l’encontre du leader palestinien Yasser Arafat - jusqu’au bout, puisque ce dernier est décédé dans un hôpital français. Pour toutes ces raisons, le monde arabe se souvient de Jacques Chirac comme d’un ami.

« La maison brûle… »

Le constat est à peu près identique avec l’Afrique. Même si certaines amitiés avec des dirigeants controversés ont pu lui être reprochées. Et puis, loin de mettre fin à la Françafrique, il l’aura plutôt consolidée.

Constat mitigé aussi avec la construction européenne : d’abord très méfiant, il s’y rallie en proposant dès 1991 une « Europe-puissance ». L’année suivante, il appelle à voter « oui » au référendum sur le traité de Maastricht. Mais en 2005, il ne parviendra pas à convaincre une majorité de Français à accepter le traité constitutionnel.

Et puis, il y a son fameux appel environnemental en 2002… « La maison brûle… » la formule a fait florès. Sans pour autant amener Jacques Chirac à traduire en actes ces fortes paroles.

Jacques Chirac sur la scène internationale, ce fut donc un style, un instinct, des gestes et des déclarations fortes. Et, tout de même, une ligne directrice dans la volonté affirmée de défendre le multilatéralisme et le dialogue des cultures. Se faisait-il, comme De Gaulle, « une certaine idée de la France » ? Pas sûr. Mais il avait compris que la France devait avant tout être une idée, porteuse des valeurs de coopération et d’apaisement. De ce point de vue, son bilan, malgré quelques défaillances, reste tout à fait convenable. Il aura fait au mieux.

Опубликовано 22/10/2019 - Изменено 22/10/2019 - По Bruno Daroux

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