Le président nigérian Goodluck Jonathan salue la foule lors des célébrations du 50e anniversaire de l'indépendance du Nigeria à Abuja, le 1er octobre 2010.
Le président nigérian Goodluck Jonathan salue la foule lors des célébrations du 50e anniversaire de l'indépendance du Nigeria à Abuja, le 1er octobre 2010.
PIUS UTOMI EKPEI / AFP
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Le 1er octobre 2010 : le Nigeria célèbre 50 ans d'indépendance

Le Nigeria commémore le vendredi 1er octobre 2010 le cinquantième anniversaire de son indépendance. Une indépendance acquise progressivement dès le début du vingtième siècle à l’endroit du colon britannique. Au cours de ses cinquante dernières, ce « géant » de l’Afrique, a pourtant connu une vie politique tumultueuse ponctuée de coups d’État militaires et de brefs retour des régimes civils. 
По RFI -

La chronologie de l’histoire politique du Nigéria parle d’elle-même. En 50 ans, la Fédération nigériane a connu pas moins de trois décennies de pouvoir militaire. Le premier coup d’Etat a eu lieu en 1966 et rebelote en 1975 avec le général Murtala Ramat Mohammed, assassiné quelques mois plus tard. C’est le général Olusegun Obasanjo qui lui succède.

 

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  Akere Orimisan, président du club Francophonira, le club des francophones du Nigeria (03'53")

 

En 1979, il remet le pouvoir à un président démocratiquement élu qui est renversé en 1983. Se succèdent alors à la tête de l’État trois généraux, Muhammadu Buhari, Ibrahim Babangida et Sani Abacha qui instaure en 1973 un régime dictatorial.

À sa mort en 1998, le général Abdulsalami Abubaker le remplace avant de rendre les rênes du pouvoir aux civils un an plus tard avec l’élection de Olusegun Obasanjo jo à la présidence. Reste qu’en dépit de ces onze dernières années de démocratie, le Nigeria demeure fragile.

Certes la Fédération a réussi la première transition du pouvoir aux civils de son histoire en 2007 avec l’élection du président Umaru Yar'Adua. Certes aussi, les observateurs estiment que tout risque d’un coup d’État est désormais écarté. Il n’empêche que les hommes en uniforme ne sont jamais loin des coulisses politiques.

Deux des candidats déclarés du PDP (People's democratic party), le parti au pouvoir en vue de la prochaine élection présidentielle sont ainsi d’anciens militaires, alors que le chef de l’État Goodluck Jonathan compte encore dans son entourage nombre de hauts gradés influents.

Bilan contrasté de 50 ans d'indépendance

Le colosse du continent est un pays de paradoxes. Deuxième poids lourd économique derrière l'Afrique du Sud et devant l'Algérie, le Nigeria n'a pas réussi à sortir sa population de la misère après 50 ans d'indépendance. Premier producteur africain de pétrole (11e au rang mondial), l'État nigérian n'est pas capable de fournir d'électricité à ses citoyens. Il importe même le carburant, faute d'entretien de ses raffineries.

Pays le plus peuple d'Afrique avec plus de 150 millions d'habitants, le Nigeria n'est pas arrivé à s'imposer comme un grand acteur régional et ne pèse pas sur la scène internationale. L'ex-colonie britannique souffre de tous les maux qui gangrènent le continent : la corruption ( l'une des plus élevées du monde ) la mauvaise gouvernance et l'absence de vision politique de ses élites.

Mais l'immense fédération mosaïque de 250 ethnies (et c'est un autre de ses paradoxes) a su maintenir son unité malgré de fortes tensions sociales et des violences religieuses récurrentes entre le nord musulman et le sud chrétien. Le Nigeria est aujourd'hui à la croisée des chemins. Son avenir est peut-être prometteur. Le cycle des coups d'Etat qui a jalonné son histoire semble enrayé.

Les institutions nigérianes ont tenu bon pendant le long exil médical et après le décès du président Umaru Yra'Adua. L'essai devra être transformé. La présidentielle qui s'annonce va mettre une nouvelle fois à l'épreuve le géant africain.

Опубликовано 29/09/2020 - Изменено 29/09/2020

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