Des gardes-frontières est-allemands assistent à la démolition d'une partie du mur afin d'ouvrir un nouveau point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, le 11 novembre 1989.
Des gardes-frontières est-allemands assistent à la démolition d'une partie du mur afin d'ouvrir un nouveau point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, le 11 novembre 1989.
Gérard Malie / AFP
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La chute du Mur de Berlin, 20 ans après

Lors de la célébration des 20 ans de la chute du Mur de Berlin, les journaux internationaux tirent le bilan des deux décennies qui ont marqué l'effondrement des régimes communistes dans les pays de l’Europe de l’Est.
По Valérie Rohart -

C'est le cas par exemple du Sydney Morning Herald en Australie qui publie à la Une l’une des très célèbres photos d’il y a 20 ans : trois ou quatre soldats d’Allemagne de l’Est regardent le monde occidental s’ouvrir à eux à travers un pan de mur partiellement tombé.

Sous le titre « L’Allemagne réfléchit à la chute du mur », The Australian détaille les festivités prévues aujourd’hui en Allemagne : les 1 000 dominos géants qui ont été alignés à l’endroit où s’élevait le mur de Berlin, vont s’effondrer les uns après les autres tout au long des 1 900 mètres qui vont de la Porte de Brandebourg à la Potsdamer Platz. Le premier domino sera renversé par Lech Walesa et Miklos Nemeth, le Polonais et le Hongrois ont beaucoup fait à leur niveau pour renverser le Mur de Berlin.

20 ans c’est le temps d’une génération

« Il y a 20 ans, écrit par exemple le South China Morning Post, ils dansaient sur le Mur de Berlin, donnaient des coups de pieds dedans, levaient les bras en signe de victoire se serraient les mains dans un espoir totalement fou » … « Dans cette nuit froide, des années de séparation et d’anxiété se changeaient brutalement en un sentiment de liberté et une perspective d’avenir sans frontières ni barrières ». « Les Allemands de l’Est déboulaient dans leurs Trabants hésitantes, leurs motos ou leurs vieux vélos. Des centaines, puis des milliers puis des centaines de milliers sont passés à l’ouest dans les jours qui ont suivi », rappelle le South China Morning Post.

Que reste-t-il de la chute du Mur de Berlin, qui fut aussi la chute du communisme ?

« La foi dans le libéralisme s’est écroulé après la chute du Mur », titre le Sydney Morning Herald qui explique : « La désillusion envers le capitalisme, s’est répandue à travers le monde depuis 20 ans. ». Pour cela, le journal s’appuie sur un sondage réalisé dans le monde. Dans les 27 pays de l’Union européenne, 11 % seulement des personnes interrogées estiment que le libéralisme fonctionne correctement alors que 51 % pensent que le système nécessite plus de régulation et de réformes. Il n’y a qu’aux États-Unis et au Pakistan que, respectivement 25 et 21 % de la population estime que le système fonctionne à peu près correctement. « La chute du Mur de Berlin n’est pas la victoire du capitalisme libéral », conclut le Sydney Morning Herald.

Ce débat ne semble pas atteindre l’un des derniers régimes communistes au monde : la Chine

Sans état d’âme, le China Daily publie une galerie de photos de ces fameux dominos qui jusqu’à ce soir, matérialisent la place de l’ancien Mur de Berlin avec ce titre « Des dominos géants rendent hommage à la chute du Mur de Berlin ». « Dans un certain sens, chacun conserve des murs dans sa tête, explique un Berlinois au correspondant du China Daily, et c’est bien si chacun peut les briser, ces dominos sont donc un beau symbole », dit-il. Une phrase à méditer par les responsables chinois sans doute… mais pas seulement par eux.

La Corée du Sud, seul pays au monde encore coupé par un rideau de fer tire ses propres enseignements de la chute du Mur

« Tout comme la chute du Mur de Berlin a pris les Allemands de l'Ouest de court, la chute de la frontière avec le Nord pourrait prendre au dépourvu les Sud-Coréens », écrit le Dong-A Ilbo. « La question est de savoir si la Corée du Sud est prête pour une réunification. La question est clairement non », estime le journal.

La presse japonaise passe presque sous silence ce 20e anniversaire, à l'exception du Japan Times

Et pour l’occasion, le journal japonais donne la parole à Georges Soros qui signe l’éditorial du quotidien japonais. « Il n’y a pas d’alternative à l’architecture d’un nouveau monde », écrit en titre, le président de la fondation qui porte son nom. « 20 ans après la chute du Mur de Berlin et la fin du communisme, le monde est toujours confronté à un dilemme entre deux différentes formes d’organisation : le capitalisme international ou le capitalisme d’État. Le premier, incarné par les États-Unis s’est effondré. Le second, incarné par la Chine est en pleine expansion. Si l’on tire les expériences du passé, on peut prédire l’effondrement du système financier international. Un nouveau système multilatéral doit donc être inventé », conclut Georges Soros.

Опубликовано 11/09/2019 - Изменено 25/11/2019

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