Débarquement des troupes alliées à Saint-Tropez dans le sud de la France, le 15 août 1944.
Débarquement des troupes alliées à Saint-Tropez dans le sud de la France, le 15 août 1944.
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Débarquement de Provence: 15 août 1944, un succès inattendu

Le 15 août 2014, la France célèbre le 70e anniversaire du débarquement de Provence. Sous le nom de code « Anvil-Dragoon », cette opération menée par les alliés au cours de la Seconde Guerre mondiale a eu des conséquences importantes sur la libération du territoire français. Retrouvez à travers cet article et l'infographie qui l'accompagne les moments-clés de ce débarquement.
По Véronique Barral -

Le débarquement des forces alliées dans le sud-est de la France en août 1944, Churchill n’y croit pas. Pour « prendre les Allemands en tenaille », le chef du gouvernement britannique préfère une offensive depuis l’Italie vers les Balkans pour ensuite remonter vers Berlin. Mais, encouragé par la prise de Rome et le succès de l'opération Overlord sur les côtes normandes, le président américain, Franklin Roosevelt, est convaincu de porter un coup décisif en déclenchant l’opération Anvil-Dragoon le 15 août 1944.

Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, en a déjà fixé les grandes lignes. Il faut à tout prix reconquérir les ports stratégiques de Toulon et Marseille et constituer dans la région varoise une ligne de front de 25 km de profondeur, « la Blue line ». Afin d’affaiblir les Allemands et poursuivre la libération des territoires occupés, les troupes doivent ensuite rejoindre les forces débarquées en Normandie.

Une stratégie minutieusement étudiée

Désolidarisée de l’opération Overlord, Anvil est rebaptisée Dragoon mi-juillet et sa stratégie minutieusement étudiée. Rien n’est laissé au hasard. Le choix de la zone de débarquement, la Provence, privilégiée pour ses ports en eaux profondes et le relief accidenté de l’arrière-pays qui isole les Allemands. L’entrainement des troupes qui répètent les assauts amphibies, en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie, notamment à Salerne au sud de Naples. L’appui de la Résistance, apportant une aide précieuse pendant la phase de préparation, mais aussi au cours de la progression des soldats américains à travers les Alpes.

Par ailleurs, des opérations de diversion et de leurre sont prévues, telle l'opération Span qui, pour tromper l'ennemi, a prévu d’envoyer, dans un premier temps, la flotte alliée vers Gênes en Italie, avant de la rediriger vers les côtes provençales.

L’opération Anvil-Dragoon implique au total près de 900 000 hommes

Composées d’Américains, de Britanniques, de Canadiens et de Français, les troupes sont réparties en « Forces », selon un secteur précis de débarquement.
L’assaut naval et aérien débute à l’aube du 15 août. Auparavant aux environs de minuit, la Force Sitka a détruit les batteries des îles de Port-Cros et du Levant et la Force Rosie a exécuté une mission de diversion entre Antibes et Nice. Au petit matin, la Force Rugby, renforcée par l'opération Dove, entre en action. 400 avions larguent au-dessus de la vallée de l'Argens plus de 5 000 parachutistes alliés, tandis que des renforts et du matériel arrivent par planeurs. À partir de 8 heures, la Force Kodak commence à déferler sur les plages entre Cavalaire et Saint-Raphaël, en se répartissant en 3 secteurs : Alpha, Camel et Delta.

Moins d’une heure plus tard, la Force Alpha a neutralisé les défenses côtières et dès l’après-midi les jonctions avec les autres secteurs de la Force Kodak sont réalisées. Cogolin, Grimaud, Ramatuelle et Saint-Tropez sont libérées dans la journée. Dans la soirée, la Force Delta a rejoint les parachutistes de la Force Rugby. Le soir du 15 août, la tête de pont est presque réalisée de part et d’autre de Fréjus. Le lendemain, les soldats de la Force Garbo débarquent en baie de Cavalaire et dans le golfe de Saint-Tropez.

Dès le 17 août au matin, la « Blue line » est atteinte en tout point et même dépassée. Une partie des troupes, essentiellement américaine, avance par la Haute-Provence vers l'Isère en direction de la Bourgogne pour y rejoindre les forces alliées. Après avoir libéré Toulon et Marseille, les soldats français s’engagent beaucoup plus tôt que prévu le long de la vallée du Rhône. Plus de 230 000 soldats de l'armée française, dont un grand nombre de combattants venus des colonies d’Afrique, ont joué un rôle de premier plan et ont largement contribué au succès de l’opération Anvil-Dragoon. Contre toute attente, la Provence est libérée en moins de deux semaines, l’état-major en avait estimé à deux mois la durée nécessaire. L'opération Anvil-Dragoon - qui a duré plus de trois mois et concerne le débarquement, la bataille de Provence, puis la remontée des troupes vers l’intérieur du pays - a impliqué au total 900 000 hommes. 

Le débarquement de Provence

 

Опубликовано 02/08/2019 - Изменено 06/09/2019

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