Entre mai et octobre 1997, de violents affrontements entre l'armée du président Pascal Lissouba et la milice de Sassou N'Guesso ont dévasté Brazzaville, la vidant de ses habitants.
Entre mai et octobre 1997, de violents affrontements entre l'armée du président Pascal Lissouba et la milice de Sassou N'Guesso ont dévasté Brazzaville, la vidant de ses habitants.
Jean-Philippe Ksiazek / AFP
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Cinquante ans d'indépendance du Congo-Brazzaville : la malédiction de l'or noir

Pays pétrolier, la République du Congo, ou Congo-Brazzaville, est une illustration du « paradoxe de l’abondance » : les revenus de l’or noir, qui ont financé voire provoqué plusieurs guerres civiles, ont contribué à aggraver la pauvreté de la population au lieu de l’éradiquer.
По RFI -

Le territoire de la République du Congo, État d’Afrique centrale qui doit son nom au fleuve Congo et à l’explorateur Savorgnan de Brazza, est délimité à l’ouest par le Gabon avec une étroite façade sur l’océan Atlantique où se trouve la capitale économique, Pointe-Noire, et les plate-formes pétrolières off-shore, au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, à l’est et au sud par la République démocratique du Congo, ex-Zaïre, dont le séparent les fleuves Congo et Oubangui. Plus de la moitié de la superficie du pays - 342 000 km2 - est recouverte de forêts.

Le Congo ancien était constitué de plusieurs royaumes, dont l’« empire » du Kongo jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant le début de la colonisation française. En 1910, la région alors appelée « Moyen-Congo » devient une colonie de l'Afrique équatoriale française (AEF). C’est alors qu’est entreprise la construction du fameux chemin de fer Congo-océan, au prix de milliers de vies humaines. L’indépendance est acquise en 1960, dans un climat d’affrontements entre mouvements politiques à base ethnique, avec l’abbé Fulbert Youlou à la tête de l’État.

Depuis son indépendance en 1960, le pays a connu une histoire mouvementée, caractérisée par une instabilité politique presque chronique. Coups d'État militaires, assassinats des présidents et régime autocratique de parti unique ont jalonné le chemin difficile vers la voie du multipartisme, de la démocratie.

Dès l'indépendance, les partisans du Mouvement social africain (MSA) de Jacques Opangault et de l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDA) de l'abbé Fulbert Youlou s'affrontent à l'issue d'un scrutin remporté par ce dernier.

L'abbé Fulbert Youlou, le 31 décembre 1959 :

 

Le 16 août 1963, Alphonse Massamba-Débat renverse Fulbert Youlou et s'installe à la tête d'une révolution qui donne naissance au Mouvement national de la révolution (MNR) comme seule force politique à l'intérieur d'un système de parti unique. Des tensions apparaissent au sein du MNR en 1968. Pour se maintenir au pouvoir, Alphonse Massamba-Débat est obligé de composer avec ses opposants. Supplanté par le Conseil national de la Révolution, le président décide de se retirer. Le chef de l'armée, Marien Ngouabi, membre du comité central du MNR, le rappelle à ses fonctions. Il accepte de reprendre sa place. Marien Ngouabi prend la tête du CNR. Plusieurs officiers de l'armée font partie du nouveau gouvernement. Le 4 septembre 1968, le CNR met le président à la porte. Il s'agit bien d'un putsh militaire. Marien Ngouabi devient président. Il crée le parti congolais du Travail (PCT). Le régime se radicalise. Le pays change de drapeau et d'hymne national.  Marien Ngouabi, âgé de 39 ans, est assassiné le 18 mars 1977. Alphonse Massamba-Débat est accusé d'avoir organisé son assassinat. Condamné à mort par une cour martiale, il est exécuté le 25 mars 1977.

Jacques Joachim Yombi Opango, membre du bureau politique du PCT prend le pouvoir pour deux ans, et est renversé en 1979 par Denis Sassou Nguesso, lui aussi membre du bureau politique du PCT. Il est élu en 1984.

En 1990, la dégradation économique du pays, accentuée par la baisse du prix du pétrole, débouche sur l’organisation d’une conférence nationale et l’adoption d’une nouvelle Constitution.

La première élection présidentielle démocratique de 1993 amène le professeur Pascal Lissouba, président de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) au pouvoir. Mais en 1993, des troubles éclatent. Ils opposent le pouvoir et l’opposition jusqu’en 1995.  Deux ans plus tard, la guerre civile reprend, avec des combats entre l’armée et la milice de l’ancien président Denis Sassou-Nguesso.

En octobre 1997, victorieux, Sassou-Nguesso se proclame président. Fin 1998, de violents accrochages opposent de nouveau l'armée congolaise aux «Ninjas», les miliciens de Bernard Kolélas, ancien Premier ministre de Lissouba et maire de Brazzaville. L'armée angolaise aide finalement Sassou-Nguesso à conserver le pouvoir.
En décembre 1999, un accord de paix est conclu entre toutes les factions armées. En 2002, Denis Sassou Nguesso est élu président de la République pour un mandat de sept ans. Il se maintient encore au pouvoir à l'issue du scrutin de juillet 2009.

Denis Sassou Nguessou, le 21 mai 2004 :

 

La normalisation des relations avec le pasteur Ntumi, chef d’une milice dans le Pool (une région encore peu représentée au Parlement), de même que la réconciliation avec l’opposition en exil restent parmi les défis à relever pour un régime qui a laissé entrevoir une volonté de libéralisation, une fois la stabilité assurée.

Enjeu des guerres civiles qui ont déchiré le Congo, le pétrole, exploité depuis 1972, représente 60% de son PIB et plus de 85% de ses recettes d'exportation. En perte de vitesse à la fin des années 90, sa production a été relancée en 2004 avec la découverte de nouveaux champs pétrolifères. Avec plus de 100 millions de barils/an en 2009, le pays se place au 39e rang des producteurs mondiaux, 6e rang des pays producteurs d'Afrique centrale, derrière le Nigeria, l'Angola, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République démocratique du Congo. En 2008, le PIB du Congo était de 10,7 milliards de dollars. 
Régulièrement dénoncées pour leur gestion opaque des recettes pétrolières, les autorités congolaises ont annoncé leur adhésion, en 2004, à l'Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI). Le bois consitue la deuxième ressource naturelle du pays*. La population ne profite pas cependant des revenus générés par les secteurs pétroliers et forestiers : les deux tiers des 4 millions de Congolais vivent toujours en-dessous du seuil de pauvreté. 
La dette extérieure du Congo (1,9 milliard de dollars) a été effacée en janvier 2010, après six années de dures négociations dans le cadre de l'initiative PPTE (pays pauvre très endetté).

Source : Les 100 clés de l'Afrique. Philippe Leymarie et Thierry Perret. Co-édition Hachette Littératures/RFI. 2006. Actualisation, août 2010.

 

Опубликовано 11/08/2020 - Изменено 25/09/2020

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