Le Président Paul Biya à Paris en 2013.
Le Président Paul Biya à Paris en 2013.
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Cameroun : Paul Biya souffle ses 30 bougies

Avant de fêter en février 2012 ses 80 ans, Paul Biya commémorait ses 30 ans à la tête du Cameroun. Alors âgé de 49 ans, il a succédé le 6 novembre 1982 au président Amadou Ahidjo. Rappel des principales étapes.
По RFI / MFI -

Jusque-là Premier ministre, Paul Biya, un homme discret et méconnu de ses concitoyens est désigné le 6 novembre 1982 comme le successeur constitutionnel, le président Amadou Ahidjo, qui tenait le Cameroun d’une main de fer depuis l’Indépendance et dont il achève le mandat après la « démission surprise » de son prédécesseur. Son arrivée déclenche une vague d’espoir et d’ouverture sans précédent.

 

Biya, « l’homme du Renouveau »…

 

Le nouveau président se présente comme « l’homme du Renouveau » et décrète la « rigueur et la moralisation » pour mettre fin au clientélisme qui a entaché les dernières années du précédent régime. L’enthousiasme est général mais la période de grâce sera de courte durée. Le 6 avril 1984, Paul Biya essuie une tentative de coup d’Etat sanglante, qui sera imputée à des fidèles de son prédécesseur. Echaudé, le président se retranche dans un système sécuritaire dont il ne sortira plus.

Au début des années 1990, la présidence de Paul Biya vacille à nouveau. Il fait face à une violente vague de contestation. Ces « années de braise » sont marquées par le phénomène des « villes mortes » qui verront finalement l’émergence du multipartisme. L’espoir de changement des manifestants est cependant vite déçu : au terme d’élections contestées en 1992, la victoire de Paul Biya est prononcée contre John Fru Ndi, son rival de l’époque et leader anglophone du Social Democratic Front (SDF)- principale formation d’opposition. Le scrutin, entaché de fraudes, passe pour nombre d’observateurs comme une « victoire volée au chairman ». Fru Ndi se retire de la course après deux mois de vives tensions et de violences.

 

Stabilité ou immobilisme

 

Les réélections successives de Paul Biya jusqu’au récent scrutin de 2011 ont toutes été marquées par des accusations de fraudes. Les adversaires du président lui opposent son immobilisme et la confiscation du pouvoir par une gérontocratie. Ils  raillent les « Grandes réalisations » du président, qui font suite aux « Grandes ambitions » du précédent mandat alors que près de 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.

Ses thuriféraires le présentent au contraire comme l’Homme de la paix. Paul Biya se pose d’ailleurs inlassablement comme garant de l’unité nationale, tandis que la menace de chaos et d’ingérence extérieure est régulièrement brandie par ses fidèles. Le message semble aujourd’hui intégré. La plupart des Camerounais associe le président à la paix dont jouit le pays - une mosaïque de plus de 250 ethnies.

Paul Biya a promis de « Grandes réalisations » pour le septennat en cours et il multiplie les annonces de grands travaux à l’adresse d’une population qui dénonce des conditions de vie difficiles dans l’un des Etats les plus corrompus au monde. A longueur de discours, il a aussi promis de lutter contre la gabegie qui gangrène l’Etat. Mais l’opération anti-corruption, menée depuis 2006, peine à convaincre, régulièrement taxée d’instrument d’épuration politique.

 

Y a-t-il un après-Biya ?

 

Trente ans après le « Renouveau », les Camerounais paraissent désintéressés par la politique de leur pays, largement convaincus qu’aucune alternance politique n’est possible. L’opposition est affaiblie et divisée après l’épisode manqué de 1992. Sans projet politique apparent. Depuis 2008 et la réforme constitutionnelle supprimant la limitation du nombre des mandats présidentiels la question de la succession de Paul Biya fait régulièrement irruption dans l’actualité, dans un contexte social très tendu. Les « émeutes de la faim » ont fait 40 morts selon un bilan officiel, 139 selon des ONG.

Le président qui fêtera en février ses 80 ans est réputé depuis des lustres pour ses « courts » séjours privés à l’étranger. Il ne fait toujours pas plus d’une demi-douzaine d’apparitions publiques par an. De quoi alimenter les scénarii sur l’Après-Biya que les Camerounais évoquent fréquemment avec appréhension.

 

Cameroun : Les dates clés de la présidence de Paul Biya

 

13 février 1933 : Naissance à Mvomeka’a (Sud Cameroun).

6 novembre 1982 : Paul Biya prête serment après la démission du premier président du Cameroun Amadou Ahidjo.

14 janvier 1984 : Paul Biya élu Président de la République.

6 avril 1984 : Tentative de coup d’Etat.

24 avril 1988 : Réélection du président Paul Biya.

11 octobre 1992 : Victoire de Paul Biya lors des premières élections multipartistes devant John Fru Ndi (SDF). L’opposition conteste une « victoire volée ».

12 octobre 1997 : Paul Biya remporte la présidentielle boycottée par l’opposition.

11 octobre 2004 : Paul Biya réélu.

2006 : Opération anti-corruption. D’anciens ministres derrière les barreaux.

10 avril 2008 : L’assemblée nationale supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels.

9 octobre 2011 : Paul Biya remporte un 6è mandat présidentiel.

Опубликовано 23/11/2015 - Изменено 23/11/2015

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