Tensions entre Inde et Pakistan après une attaque au Cachemire
Des militants proches du parti nationaliste hindou BJP brûlent des drapeaux pakistanais, durant une manifestation dans la ville de Chandigarh, le mardi 6 août 2013.
Ajay Verma/REUTERS
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Tensions entre Inde et Pakistan après une attaque au Cachemire

La tension s'est accrue le 6 août 2013 entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud, l'Inde et le Pakistan. Dans la nuit, cinq soldats indiens ont été tués dans la région frontalière et disputée du Cachemire, à la suite de ce que New Delhi qualifie de nouvelle incursion de militaires pakistanais sur son territoire.
По RFI -

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis.

À l'aune des évènements de la nuit passée, l'opposition politique en Inde demande maintenant de reconsidérer la reprise du dialogue de paix avec le Pakistan et son nouveau gouvernement mené par Nawaz Sharif.

Le ministre de la Défense s'est rendu devant les deux chambres du Parlement pour présenter son rapport de l'attaque. Selon l'armée indienne, vingt soldats habillés en uniforme pakistanais ont participé à l'embuscade d'une patrouille indienne, à 400 mètres à l'intérieur de son territoire. Puis ils se sont enfuis.

Le ministre évoque également la participation d'éléments terroristes, et indique que son gouvernement a adressé une protestation officielle à Islamabad.

Rencontre bilatérale

Ses mots n'ont pas calmé l'Assemblée, où l'opposition du parti hindouiste du BJP demande une réponse plus ferme, à la veille d'une rencontre bilatérale prévue entre les deux gouvernements à la fin du mois.

Selon Arun Jaitley, sénateur du BJP, « certains étaient enthousiastes à l'idée d'entendre le nouveau Premier ministre pakistanais appeler à la paix avec l'Inde. Mais est-ce que le gouvernement civil pakistanais contrôle vraiment le pays ? Le Pakistan vit dans le déni de ce problème. L'Inde doit le reconnaître et adapter sa diplomatie, car nous demandons à être débarrassés de ce terrorisme. »

Selon l'armée indienne, il y a eu deux fois plus d'infiltrations pakistanaises en Inde entre janvier et août en 2013 que sur la même période en 2012.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur les incidents se sont multipliés depuis un an sur la zone frontalière. Cette nouvelle attaque pourrait-elle faire basculer la situation ? Elle intervient alors que le nouveau Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a fait de l'amélioration des relations avec l'Inde l'une de ses priorités. Jean-Luc Racine directeur de recherches au CNRS analyse la situation.
 

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1'03 - Jean-Luc Racine, directeur au CNRS, le 06/08/2013 - par Juliette Gheerbrant

 « Nawaz Sharif, ne serait-ce que pour des raisons économiques, aimerait renouer le dialogue avec l'Inde, mais sans avoir les moyens de faire changer la ligne des militaires ou des services spéciaux. Je ne pense pas que le dialogue soit nécessairement compromis à ce niveau de victimes, mais enfin, 5 militaires tués, c'est beaucoup pour New Delhi, d'autant plus qu'on est quasiment en pré-campagne électorale. »

Опубликовано 16/02/2017 - Изменено 04/05/2017

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