Le leader du parti Brexit, Nigel Farage, agite un drapeau britannique après le vote au Parlement européen, le 29 janvier 2020.
Le leader du parti Brexit, Nigel Farage, agite un drapeau britannique après le vote au Parlement européen, le 29 janvier 2020.
Yves Herman REUTERS
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Entre joie et larmes, le Brexit ouvre une nouvelle ère au Parlement européen

Les eurodéputés ont entonné « Auld Lang Syne » (« Ce n'est qu'un au revoir »), une chanson écossaise après avoir approuvé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le Brexit sera définitivement acté ce vendredi 31 janvier 2020.
По RFI -

Au milieu de la joie des uns et des larmes des autres, le Parlement européen a comme prévu voté le texte de l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE par une écrasante majorité de 621 voix contre 49, rapporte Pierre Benazet, de notre bureau à Bruxelles.

C’était la dernière étape avant le Brexit vendredi soir, mis à part une approbation purement formelle que donnera ce jeudi le Conseil, l’institution qui rassemble les gouvernements.

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Le Brexit est donc désormais inéluctable pour ce vendredi soir à 23h TU, et les 73 députés britanniques quittent le Parlement. Mais ce qui est désormais dans toutes les têtes des députés qui restent, c’est l’avenir, la future relation euro-britannique.

Ce samedi 1er février ouvre une nouvelle ère où l’Union européenne ne comptera plus que 27 membres. Mais pendant onze mois, rien ne va changer, mis à part le fait qu’il n’y aura plus de représentant britannique à la Commission, au Parlement ou au Conseil de l’UE. Pour le reste, tous les règlements, lois et directives de l’Union resteront d’application au Royaume-Uni jusqu’au 31 décembre. Pendant cette période de transition de onze mois, l’Union européenne et le Royaume-Uni vont négocier leur nouvel accord.

Réactions au Parlement européen après le vote, le 29 janvier 2020.

Réactions au Parlement européen après le vote, le 29 janvier 2020. | Yves Herman / REUTERS / Pool

De nombreux désaccords à régler

La négociation de la future relation euro-britannique devra se faire d’arrache-pied, car Boris Johnson a promis à ses électeurs que la période de transition ne serait pas prolongée et les sujets de contentieux sont innombrables comme par exemple celui de la pêche. Les Européens veulent pêcher dans les eaux britanniques, le Royaume-Uni veut leur imposer des licences, mais ses propres pêcheurs ont besoin d’un débouché sur le continent pour leurs prises.

Ce n’est qu’un sujet parmi de nombreux autres comme les exportations automobiles venant d’Europe ou bien la perte pour la place financière londonienne de l’accès aux marchés financiers de l’UE.

Certains en Europe souhaitent accorder aux produits britanniques un accès au marché européen sans droits de douane ni quotas, mais il faudrait pour cela que le Royaume-Uni s’engage en contrepartie dans un « alignement dynamique » de ses propres règlementations, c’est-à-dire qu’il suive les évolutions des règles internes de l’UE.

Les Européens doivent donner le 25 février un mandat de négociation à la Commission européenne. Les députés britanniques demandent au Parlement de faire preuve de générosité, mais ici certains estiment que parvenir à un résultat pour fin décembre représente la quadrature du cercle.

« La réelle activité parlementaire va démarrer maintenant »

Avec le départ des Britanniques, la France récupère ainsi cinq nouveaux sièges d'eurodéputés qui étaient jusqu'à présent « gelés ». Dont celui de Sandro Gozi. L'ancien secrétaire d'État italien chargé des Affaires européennes a été élu sur la liste Renaissance d'Emmanuel Macron. Une étape qui marque le vrai début de la nouvelle mandature pour Sandro Gozi. Les nouveaux députés européens prendront leur poste le 10 février prochain. « Du point de vue de l’Union européenne ce n’est pas un moment de gloire, mais c’est sans doute un nouveau début pour le Parlement européen en général pour deux raisons, souligne-t-il : il y aura quand même des changements dans les relations entre les groupes, il y aura peut-être des mouvements entre les groupes et c’est un nouveau départ parce que la réelle activité parlementaire, législative, va démarrer maintenant. »

C'est globalement une droitisation du Parlement européen. Le grand gagnant est le groupe PPE. »

signe plus

Après le départ des députés britanniques, qu'est-ce qui change au Parlement européen ? Les explications de Nathalie Brack, politologue à l'Université libre de Bruxelles. (03'29'')

Опубликовано 30/01/2020 - Изменено 30/01/2020

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