La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton (D) et le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Makhdoom Shah Mehmood Qureshi, à Washington, le 24 mars 2010.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton (D) et le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Makhdoom Shah Mehmood Qureshi, à Washington, le 24 mars 2010.
Jewel Samad / AFP
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Dialogue «stratégique» entre les États-Unis et le Pakistan

Les États-Unis et le Pakistan ont entamé le mercredi 24 mars 2010 à Washington deux jours de dialogue dans le cadre de leur partenariat stratégique. Pour la première fois depuis l'adoption de ce partenariat en 2006, les discussions ont lieu au niveau des ministres des Affaires étrangères.
По RFI -

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a ouvert les discussions à Washington, en saluant l'effort des autorités pakistanaises pour combattre les extrémistes islamistes et leur a promis le soutien des États-Unis. « Votre lutte est la nôtre » , a souligné Hillary Clinton. 

« Le Pakistan est déterminé à faire sa part pour aider l'effort de la communauté internationale en vue d'obtenir la paix et la stabilité en Afghanistan » , a déclaré de son côté le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Shah Mehmood Qureshi, tout en ajoutant : « Nous espérons que la communauté internationale répondra de la même façon à nos préoccupations légitimes ». Il a aussi dit espérer qu'un accès « non-discriminant aux ressources énergétiques vitales nous sera accordé pour que nous puissions poursuivre notre développement ». Le Pakistan souhaite en effet obtenir un accord nucléaire civil avec les États-Unis, similaire à celui signé entre les États-Unis et l'Inde. 

L'évolution de la situation régionale a rendu la rencontre indispensable

Le niveau de représentation de la délégation pakistanaise donne la mesure de l'importance de la rencontre : le chef d'état-major de l'armée et le patron des redoutables services secrets pakistanais accompagnent le chef de la diplomatie. La rencontre a lieu au moment où une nouvelle stratégie se dessine pour mettre fin au conflit afghan.

L'évolution de la situation régionale a rendu la rencontre indispensable. D'abord, sans le soutien des Pakistanais, Washington n'avancera pas dans la résolution du conflit afghan, et notamment dans ses projets de retrait militaire.
 
Les services secrets d'Islamabad ont une capacité d'influence considérable sur ce qui se passe de l'autre côté de la frontière et les Pakistanais ne veulent pas d'une paix à laquelle ils n'auraient pas été associés. Le Pakistan est littéralement paniqué à l'idée de se voir privé de sa profondeur stratégique afghane, avec un gouvernement qui ne lui conviendrait pas et qui le rendrait vulnérable sur deux fronts : le « front est », traditionnel, avec l'Inde; le « front ouest », avec un Afghanistan hostile.
 
Pour Washington, la marge de manoeuvre est étroite 
 
Au cours des derniers mois, malgré l'exaspération de son opinion publique, Islamabad a beaucoup donné à Washington pour l'accompagner dans sa « guerre contre le terrorisme » et la direction pakistanaise vient aujourd'hui lui présenter l'addition. Et, là encore, elle entend ne pas être plus mal traitée que New Delhi, qui compte parmi les nouveaux amis de l'Amérique, en particulier dans le domaine nucléaire civil. « Ce qui est bon pour l'Inde devrait être bon pour le Pakistan », déclarait le chef de la délégation pakistanaise à l'ouverture des travaux.

Pour Washington, la marge de manoeuvre est donc étroite : il lui faut à la fois rassurer son «partenaire» sans compromettre un équilibre régional instable, pour ne pas dire explosif.

Опубликовано 09/05/2017 - Изменено 11/05/2017

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