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A la Une: la stratégie de la terreur
AFP
Nombre de quotidiens sont revenus le 20 novembre 2014 sur le virus jihadiste qui s’est répandu en France et dans d’autres pays occidentaux. Comment comprendre que des jeunes gens se laissent embrigader, endoctriner, jusqu’à devenir des bourreaux coupeurs de tête ? Après Maxime Hauchard, c’est un autre Français qui a donc été reconnu sur la terrible vidéo diffusée par l’État islamique.

« Mickaël Dos Santos, l’autre bourreau de l’EI », s’exclame Le Parisien. « Mickaël Dos Santos, 22 ans, originaire de Champigny-sur-Marne, a été élevé dans la foi catholique, précise le journal. Il appartient à cette troisième génération de la communauté portugaise installée de longue date dans l’est du Val-de-Marne, mais il s’est converti à l’islam le plus radical dès le lycée, avant de partir en août 2013 en Syrie pour participer au jihad. »
 
« Sévissant en Syrie sous le nom de guerre d’Abou Uthman, complète Le Figaro, il a posté sur son compte Twitter quelque 170 messages où l’on trouve de la littérature salafiste, des sourates du Coran ainsi que des photos de soldats décapités, dont une avec ce commentaire : “Si tu veux réussir comme lui, combat l’État islamique.” Le fanatique voit dans l’extrait de La Marseillaise, “qu’un sang impur abreuve nos sillons”, un appel direct au jihad. »
 
Qui plus est, hier soir, rapporte encore Le Figaro, « une nouvelle vidéo a été mise en ligne par l’EI. On peut y voir trois hommes, trois Français, se faisant appeler Abu Osama al-Faranci, Abu Maryam al-Faranci, et Abu Salman al-Faranci, brûler leur passeport devant la caméra, puis appeler en français les musulmans de France à rejoindre les rangs des jihadistes en Syrie, ou à défaut à commettre des attentats en France. »
 
Comme des araignées sur la toile…
 
Internet : c’est bien la caisse de résonance qui permet l’embrigadement de ces jeunes et la diffusion de la propagande jihadiste. En effet, constate Le Midi Libre, « pour toucher leur cible potentielle, les jihadistes s’infiltrent dans les foyers via internet. Comme des araignées, ils se servent de la toile pour attraper leur proie. Pour inoculer un venin mortel. À l’autre bout du web, les coupeurs de tête étrangers sont mis en avant, à visages découverts, pour bien montrer à l’Occident que la violence est totale. Que ces loups peuvent aussi être le fils du voisin. Des images parfaitement réfléchies, maîtrisées, mises en scène. L’objectif est de choquer, relève encore Le Midi Libre. De semer la terreur. De gagner la guerre psychologique et autant que possible de déstabiliser des sociétés modernes atterrées par toutes ces horreurs. Impuissantes à stopper cette conversion à la haine de leurs enfants. »
 
« Ce qu’il y a de commun entre les itinéraires variés de ces jeunes, analyse également Sud Ouest, ce sont des mécanismes de dérive sectaire rendus plus redoutables par la caisse de résonance d’Internet et des réseaux sociaux : entre un jeune en quête de sens ou mal dans sa peau et des gourous coraniques passés maîtres dans la manipulation sur la Toile, le contact n’a jamais été si facile ; et il peut mener par étapes à des ruptures qui laissent des familles désemparées. Le mal de vivre, l’ennui, l’envie d’être un héros, de rejoindre une fraternité d’élus, de connaître la guerre autrement que par le jeu vidéo : autant de motivations, avouées ou pas, que des gens sans scrupule savent convertir en aveugle dévouement. »
 
Plus globalement, « la terreur est une stratégie calculée de l’État islamique », nous explique Le Figaro. « Le premier objectif de cette provocation réussie est le regroupement des forces jihadistes derrière le drapeau noir de l’État islamique. Le deuxième objectif est d’attirer les volontaires. Enfin, relève encore Le Figaro, l’escalade de l’horreur ajoute encore au chaos dans lequel est plongée la région, condition nécessaire à la poursuite du projet de l’État islamique de redessiner la carte du Moyen-Orient, plan uniquement réalisable après une conflagration globale. Comme les bolcheviques ou les nazis au XXe siècle, conclut Le Figaro, l’EI a recours de façon calculée et cynique à la terreur, arme traditionnelle des organisations révolutionnaires et totalitaires. »
 

Опубликовано 06/04/2016 - Изменено 12/07/2019 - По Frédéric Couteau

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