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10 ans de l'indépendance du Kosovo: la communauté serbe s'inquiète

Lors des obsèques de l'opposant politique Oliver Ivanovic, le 18 janvier 2018 à Mitrovica.
Lors des obsèques de l'opposant politique Oliver Ivanovic, le 18 janvier 2018 à Mitrovica.
Djordje Kojadinovic / Reuters
Le Kosovo fête le 17 février 2018 les dix ans d'une indépendance toujours contestée par la Serbie voisine. Prise en otage entre Belgrade et Pristina, la communauté serbe est encore sous le choc après le meurtre du politicien d'opposition Oliver Ivanovic, le 16 janvier 2018. Quelques jours plus tard, le président serbe, Aleksandar Vucic s'est rendu au Kosovo, pour « rassurer » les Serbes.

02'35" - Première diffusion le 26/01/2018

 

Au Kosovo, au nord de la ville divisée de Mitrovica et dans les enclaves au sud de la rivière Ibar, quelques dizaines de milliers de Serbes tentent de survivre, au gré des remous politiques entre Belgrade et Pristina.
 

Rada vit dans un centre collectif pour réfugiés, depuis la fin de la guerre en 1999. Ce soir, elle est venue écouter le président de Serbie, Aleksandar Vucic, en visite dans l'enclave de Lapje Selo, à quelques kilomètres de Pristina : « On vit comme on peut, on est chez nous, mais c'est dur. Nous attendons beaucoup du président, nous avons confiance en lui. Nous voulons qu'il nous aide, qu'il nous mette sur la bonne voie, pour que nous tenions bon, que nous restions courageux comme nous l'avons toujours été. »

 

Les Serbes du Kosovo sont toujours officiellement soutenus par Belgrade, qui verse des salaires aux fonctionnaires et des retraites aux personnes âgées. Ils sont pourtant théoriquement, depuis l'indépendance proclamée unilatéralement par Pristina en 2008, des citoyens de l'État du Kosovo. Depuis 2013, leur sort est en fait suspendu aux négociations sur la « normalisation des relations » entre les deux pays, menée par l'Union européenne à Bruxelles. En attendant une hypothétique reprise des discussions, le président serbe Aleksandar Vucic se contente de promesses cent fois répétées : « À chaque fois, nous avons essayé d'être avec notre peuple, pour vous montrer que vous n'êtes pas seuls. Ce soir, nous allons discuter avec vous. Vous voulez vivre mieux, vous voulez vivre en paix. Nous voulons que vous viviez en bon terme avec vos voisins albanais, que vous viviez avec plus d'argent et plus de sécurité et que vous soyez maîtres chez vous. »

 

Dans un pays que les jeunes de toutes les communautés tentent de fuir dans l'espoir de trouver du travail en Europe occidentale, les Serbes qui vivent isolés dans des enclaves sont les premiers à faire leurs valises, malgré les déclarations des politiciens de Belgrade. Negovan vit dans le village de Velika Hoca, au sud-ouest du Kosovo : « J'ai un fils de 22 ans qui est parti récemment en Allemagne. Qu'est-ce qu'il pourrait faire ici ? Je suis triste et pas seulement moi, mon fils aussi. »

 

Velika Hoca ne compte plus que 300 habitants, en majorité des personnes âgées qui n'ont pas la force de refaire leur vie ailleurs. Faute d'un accord entre Belgrade et Pristina, et faute d'une amélioration de la situation économique, il ne restera bientôt plus beaucoup de Serbes au Kosovo.
 

Опубликовано 13/02/2018 - Изменено 15/03/2018 - По Laurent Geslin

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