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Le vélo est désormais privilégié aux transports en commun et de nouvelles voies ont été spécifiquement créées.
Le vélo est désormais privilégié aux transports en commun et de nouvelles voies ont été spécifiquement créées.
RFI/Pierre René-Worms
Le vélo apparaît comme l’un des grands gagnants de la pandémie : en France comme dans le reste du monde, la demande explose et les fabricants n’arrivent pas à suivre.

03'27" - Première diffusion le 29/12/2020

Le Covid-19 a fait beaucoup de perdants dans l’industrie du transport : l’automobile a subi un gros coup de frein et l’aéronautique a piqué du nez. En revanche, la bicyclette n'a pas dévié de sa route. Elle est toujours en pleine ascension. En France, le trafic à vélo a augmenté de 66% par rapport à l'an dernier, toutes déclinaisons confondues. On a fait du vélo d’intérieur parce qu’on était confiné, du vélo de randonnée pour s’aérer, se distraire, et on a fait du vélo pour aller au boulot.

►À écouter : Le vélotaf ? Je m’y mets cette année

Écologique, économique, la petite reine a gagné une nouvelle vertu : prophylactique, elle permet d’éviter la contamination redoutée dans les transports en commun. En ville, c'est devenu une nécessité, comme a pu l'être la voiture dans les années 1970. Si les ventes ont d’abord souffert de la fermeture des magasins pendant le premier confinement, elles ont ensuite explosé : en France les ventes ont doublé pendant les trois premières semaines du mois de mai.

Le vélo électrique fait la course en tête

L’an dernier, c’était seulement 15% du nombre de deux-roues vendus en France, mais c’est le modèle qui gagne le plus de nouveaux adeptes. Propulsées par les grèves de 2019, ses ventes ont bondi de 25% l’an dernier, et ce sera presqu’autant cette année, d’après une récente étude du cabinet Xerfi. En valeur, c’est beaucoup plus impressionnant. Le vélo électrique capte 45% du chiffre d’affaires.

►À écouter : [Reportage] Le boom du vélo électrique

Sa progression est telle qu’il devrait rapidement doubler le vélo conventionnel. Grâce au coup de pouce de l'État, une aide à l'achat, et un crédit fiscal pour les entreprises qui proposent maintenant des vélos de fonction. Au niveau européen, il s'est vendu 3,7 millions de vélos électrique en 2019. Ce sera 17 millions en 2030 sur un total de 30 millions de cycles, estiment les représentants de cette industrie.

Une demande exponentielle encore largement couverte par les fabricants chinois

La Chine et Taïwan sont toujours les deux grands producteurs mondiaux. Et c’est d’ailleurs parce qu’ils ont été les premiers à fermer leurs usines que les vélos ont rapidement manqué en Europe comme aux États-Unis. Mais vu l’explosion du marché, il y a des perspectives pour les Européens. Des nouveaux venus comme les plus anciens, tous se positionnent sur le vélo électrique, monté en Europe avec des pièces la plupart du temps importées d'Asie.

Décathlon veut casser les prix tandis que des entreprises de taille intermédiaire se spécialisent sur le haut de gamme. Le français Moustache par exemple a ouvert une troisième ligne de production dans les Vosges.

L'éclosion de toute une série d’entreprises connexes

L'essor de ce marché voit de nouveaux acteurs rentrer dans la course, pour l’entretien ou la location de ces nouvelles montures notamment. La plus belle performance financière de l’année en matière de vélo, c’est celle de la société américaine spécialisée dans les deux-roues qui ne mène nulle part, le vélo d’appartement connecté de l’américain Peloton, un phénomène aux États-Unis.

L’entreprise fait coup double en 2020. Elle engrange ses premiers bénéfices et affiche une trajectoire record à la bourse. Son cours a quintuplé en un an. À ce rythme soutenu, Peloton pourrait éclipser Tesla, le champion de la voiture électrique.

Опубликовано 05/01/2021 - Изменено 22/01/2021 - По Dominique Baillard

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