Le Mexique casse le monopole d’Etat sur le pétrole
Plateforme pétrolière de la société Pemex dans le Golf du Mexique.
Alfredo Estrella/AFP
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Le Mexique casse le monopole d’État sur le pétrole

Le Mexique, le septième producteur mondial de pétrole ouvre enfin ses champs pétrolifères aux compagnies privées. Depuis sa nationalisation en 1938, la compagnie nationale, la Pemex, a le monopole de l'exploration et de la production. En attribuant jeudi 18 août 2011 des contrats à une société britannique et à une société mexicaine, la Pemex tourne une nouvelle page de son histoire.
По Dominique Baillard -

Pour l’instant c’est une mini ouverture que consent la Pemex. Les 3 contrats attribués pour deux d’entre eux à Petrofac, une société britannique cotée à la bourse de Londres, et pour le troisième à une compagnie mexicaine, ne concernent que quelques gouttes d’huile. De ces trois champs situés dans le sud du pays ne sortent que 15 000 barils de brut par jour.

Ils ont donné du pétrole en quantité dans les années 60 mais les réserves restantes estimées à 200 millions de barils sont plus difficiles à extraire. Il faudra les financements et les technologies dont la Pemex est dépourvue pour presser ses champs arrivés à maturité. L’objectif est de tripler leur production d’ici à 2015.

Une ouverture pour remédier à la crise

À plus grande échelle le Mexique s’est fixé l’objectif de remonter sa production déclinante à 3 millions de barils par jour en 2015 alors qu’elle n’est que de 2,6 millions de barils par jour pour le moment. Elle a baissé d'un quart depuis le pic de 2004. L’incapacité de la société publique à enrayer cette chute est connue de longue date mais pour des raisons de fierté nationale, il était quasiment exclu de toucher au monopole de cette entreprise symbole de la souveraineté du pays.

Les problèmes économiques du Mexique ont fini par avoir raison de ce tabou politique. Un vaste débat national a eu lieu et une réforme de l’énergie a été votée par le parlement en novembre 2008 malgré une opposition musclée. La dégradation de la note souveraine du Mexique en 2009 a accéléré le processus d’ouverture. Car c'est la société publique qui fournit à l'État 40% de son budget.

Une ouverture contrôlée

Une quarantaine de sociétés pétrolières ont manifesté leur intérêt pour l’appel d’offre. Dans un monde pétrolier dominé par des pays qui exercent un monopole d’État sur la production, l’accès aux champs pétrolifères du Mexique est apparu comme une aubaine. Mais au final même pas la moitié ont déposé un projet de candidature car les conditions imposées par la Pemex ne sont pas très intéressantes sur le plan financier.

La compagnie mexicaine qui estime avoir fait le plus gros du travail en ayant réalisé l’exploration ne propose qu’une faible marge et ce sont d’ailleurs les deux compagnies qui ont présenté les offres les plus basses qui l’ont emporté. Pour les deux sociétés, c’est surtout l’opportunité d'avoir un pied dans cette affaire.

Ultérieurement d'autres appels d'offre seront lancés, notamment pour le champ prometteur de Chicontepec que la Pemex ne parvient pas à exploiter correctement faute de technologies et de financement adéquats. Enfin la Pemex mise beaucoup sur les compagnies privées pour valoriser au mieux ses réserves ultra-marines.

En revanche, pas question de toucher à la poule aux œufs d’or. Le fabuleux gisement offshore de Cantarell restera l’exclusivité de la Pemex, même si elle a encore du mal à en tirer le meilleur parti.

Опубликовано 28/01/2016 - Изменено 29/01/2016

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