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Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert.
Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert.
John W Banagan / Getty
La croissance chinoise s'essouffle et avec elle les demandes de matières premières notamment de fer. En 2014, le minerai a perdu 47% de sa valeur. Rien ne vient enrayer cette descente aux enfers.

01'41" - Première diffusion le 31/03/2015

La dégringolade du fer s'est amorcée en janvier 2014. La tonne valait à l'époque plus de 130 dollars. Quelques semaines plus tard, les spécialistes se posaient déjà la question : « et si la tonne passait sous la barre des 100 dollars ? » C'était en mai 2014, il y a 10 mois.

Depuis, le minerai a perdu près de 50 % de sa valeur, la tonne vaut moins de 60 dollars, et la croissance chinoise continue à s'essouffler. Les immenses besoins en fer de la chine, premier consommateur au monde, sont remis en question. Pékin a décidé de ralentir ses investissements dans l'industrie et les infrastructures, des secteurs gourmands en acier et donc en minerai de fer. Une mauvaise nouvelle pour les gros producteurs miniers qui ont investi des sommes colossales pour développer leurs mines et leurs puits, et répondre à l'appétit chinois.

Résultat : les montagnes de minerai sont montées à toutes vitesses, les stocks s'accumulent, la production mondiale déborde, 150 millions de tonnes en trop en 2014. Les cours s'effondrent et les producteurs bataillent pour conserver leurs parts de marché.

Paradoxalement, les géants miniers australiens et brésiliens continuent de produire à tout va, et n'ont pas la moindre intention de ralentir la cadence, même s'ils produisent à perte. Leurs coûts sont bien plus faibles que ceux des petits producteurs, ils en tirent toujours des marges très confortables. Les majors regardent le surplus mondial sans sourciller, et ne sont pas mécontents de voir les rangs de leurs concurrents se clairsemer. Laissées sur le bord de la route, les mines déficitaires, elles, ferment les unes après les autres, notamment en Chine ; et les grands plus fragiles, comme l'australien Fortescue, numéro 4 mondial du secteur, endetté, aurait mis au défi ses concurrents lors d’un dîner d’affaires à Shanghaï de se comporter en « adultes responsables », de s'entendre pour plafonner la production et permettre ainsi aux cours de remonter. Les autorités australiennes de la concurrence ont eu vent de la proposition et ont ouvert une enquête.

Опубликовано 24/02/2016 - Изменено 03/11/2017 - По Clémence Denavit

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