#Французский язык в новостях

Vigilance - Les mots de l'actualité du 26/07/2019

mots-actu_v.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Il fait bien chaud en France, et on parle de vigilance, et même parfois d’alerte. Avec des couleurs pour en distinguer les niveaux. Le vert indique une situation où rien, a priori, n’est inquiétant ; puis vient le jaune, qui déjà met en garde. La vigilance orange doit bien plus encore susciter notre prudence - des phénomènes qui peuvent être dangereux sont attendus - et quand la vigilance est rouge, c’est-à-dire une météo exceptionnellement menaçante qu’on a affaire.

Alors bien souvent, on nous somme de rester « vigilants », c’est-à-dire de garder notre attention en éveil, et d’exercer une surveillance active. C’est un appel à regarder autour de soi, à être conscient de ce qui nous entoure, à être en alerte comme lorsqu’on se trouve dans un environnement où quelque danger est, non pas probable, mais simplement possible.

Alors, on nous enjoint aussi parfois d’être attentifs ensemble, notamment quand on craint des risques de terrorisme et d’attentats : c’est la formule des messages diffusés dans le métro parisien. On sollicite des voyageurs une attention calme, sans hystérie et sans excès, mais qui ne se relâche jamais tout à fait. C’est le principe même de la veilleuse, petite lumière, peu intense, mais jamais totalement éteinte.

Et, le nom vigilance comme l’adjectif attentif ont été choisis avec soin. On oscille entre le désir d’alerter et celui de rassurer, deux idées presque contradictoires et qu’on manie donc avec prudence, car il ne faut pas déclencher de peur irraisonnée de tout et de tout le monde, qui serait pire que tout. En même temps, il faut rendre le public conscient qu’un danger peut survenir.

On doit donc conserver cet état de veille : on y retrouve la famille du mot vigilance, dont la racine se rencontre aussi par exemple dans le nom du plan Vigipirate.

Cette situation transforme chacun en un guetteur possible, un vigile. Au premier sens, c’est un garde de nuit, dont les yeux restent ouverts quand toute la ville dort. Le mot, sans son « e » final, existait déjà dans ce sens en latin, et le français ne l’a repris qu’au 19e siècle. On le retrouve, sous la forme vigie, pour désigner soit le garde-côte qui guette les bateaux, soit le marin perché en haut du mat, qui scrute l’horizon.

Aujourd’hui, le vigile, qui est bien au masculin, contrairement à la vigie, est chargé de la sécurité de lieux en général privés, mais ouverts au public : cinémas, magasins, stades, salles de concert. C’est un agent de surveillance qui n’appartient pas à la police officielle, mais qui s’en rapproche, par sa mission et son apparence. Il porte le plus souvent un uniforme qui signale sa fonction et lui confère un genre d’autorité symbolique. Mais, son service ne se limite pas à la nuit : pendant les heures d’ouverture, il assure un service de maintien de l’ordre et de lutte contre le vol. Mais auparavant, le vigile avait un sens bien différent : c’était un petit cierge qu’on plaçait à côté du cercueil durant les veillées funèbres, pour qu’il brûle toute la nuit. Encore une image de la veille, qui nous rappelle l’origine ancienne du mot : veiller, ne pas dormir, ne pas se laisser gagner par le sommeil, ou l’inconscience.

Et au féminin, la vigile désigne aussi, dans le vocabulaire catholique, l’office qu’on célèbre la veille d’une fête importante. La veille ? C’est-à-dire le soir qui précède, où l’on décide de ne pas dormir et de passer la nuit en prières.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias