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Viande Rouge

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Opération « Viande rouge » ! C’est le nom de code, mais qui pourtant a été rendu public, des mesures prises pour sauver la position de Boris Johnson, chef de l’exécutif britannique, en mauvaise position en ce moment ; les fêtes organisées au 10 Downing Street, auxquelles Johnson a parait-il assisté, et en tout cas dont il connaissait l’existence, sont très mal vues par le public et le personnel politique du Royaume-Uni. Il faut donc réagir : une série de mesures sont prévues, peut-être pour détourner l’attention. Et avec un peu de cynisme et d’humour, elles sont dénommées « viande rouge ». De même d’autres signaux, destinés à sauvegarder le poste du Premier ministre, sont appelés « Sauvez le gros chien ! » 

Le style burlesque est donc clairement assumé. Mais pourquoi viande rouge ? L’image évoque quelque chose de saignant ! On est dans l’imaginaire de l’écorché, du tranché à vif, même si c’est pour exorciser le danger, pour jouer sur de l’autodérision En même temps ce rouge évoque bien sûr l’écarlate du drapeau britannique : l’Union Jack est éclatant ! 

Et cet étalage du bœuf sanguinolent va bien avec la représentation du caractère anglais, jusque dans ses dénominations satiriques et moqueuses à l’étranger. Pour les Français par exemple, les Anglais sont souvent des biftecks : évocation d’une viande populaire, mais aussi d’un prétendu teint rougeaud. C’est railleur, mais pas méprisant, pas trop venimeux : ça fait pièce aux grenouilles, ou parfois mangeurs de grenouilles, sobriquets dont les Anglais aiment parfois affubler les Français. 

Mais comme on le dit sur RFI, on se demande comment sauver le soldat Johnson. Et là, il s’agit d’une citation de titre de film. Le cinéma, en effet, est très porteur de phrases qui sont réutilisées pour moduler toute sorte de contenus : La vie, (mais aussi l’amour, les vacances avec la belle-famille, la construction européenne…) n’est pas un long fleuve tranquille. Ou bien il faut sauver le soldat Ryan (ou Johnson ou Benalla pour reprendre des exemples récents). Ou même le soldat Bouygues Télécom ou Alstom. Le détournement du titre de ce film de guerre de Steven Spielberg est devenu si courant qu’il a pu s’appliquer à des gens, mais aussi à des réalités abstraites, comme des entreprises en difficulté ! En tout cas la phrase se rencontre lorsqu’il s’agit d’une opération hasardeuse, et qui fait courir des risques peut-être disproportionnés avec l’enjeu de départ. On met en jeu une bien grosse artillerie pour atteindre un but qui ne vaut peut-être pas qu’on sacrifie autant d’argent, d’énergie, de popularité ou de vies. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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