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Saluer

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Emmanuel Macron a salué, dans la journée d’hier, la décision d’Abdelaziz Bouteflika de renoncer à se présenter à la prochaine élection présidentielle en Algérie. Il a salué cette décision ! Voilà un mot absolument typique de la communication politique, même s’il est employé dans d’autres circonstances : il est facile à comprendre, mais qui a des implications, des sous-entendus assez précis. Il révèle d’abord, évidemment que le Président français a pris connaissance de cette décision. Ensuite qu’il a voulu réagir, donner son opinion, et même plus : son sentiment. Et ce sentiment est positif. D’un président à l’autre, c’est une façon de féliciter Bouteflika, et en même temps d’exprimer une satisfaction par rapport à ce geste. Et au-delà, c’est une manière, respectueuse, de dire bravo. C’est-à-dire de reconnaître que cette décision n’était pas donnée d’avance, mais que Bouteflika a fini par sauter le pas. S’agit-il vraiment de reconnaître un acte de courage ? N’exagérons pas. Mais enfin on en prend acte et on signifie que cette annonce n’était peut-être pas facile à faire, que la tentation était grande de ne pas la faire. Soulagement, contentement, congratulation… même si l’attitude de Bouteflika est dictée par des arrière-pensées manœuvrières.

Le verbe saluer a deux sens principaux : il sert à dire bonjour ou au revoir, à exprimer cette formule de politesse qu’on délivre quand on rencontre ou qu’on quitte quelqu’un : un code de civilité, une manifestation de politesse. « Après son cours, j’ai été le saluer ! », je suis allé saluer ce professeur, le rencontrer, lui montrer que j’étais présent, me faire reconnaître de lui. I y a là quelque chose d’amical. En même temps l’usage de ce mot implique l’idée d’un hommage rendu : on montre son respect ou son admiration. Et souvent ce comportement prend la forme d’un mouvement : on incline la tête ou on se découvre, on ôte son chapeau. Mais saluer implique aussi souvent une idée d’obéissance : le verbe saluer a un usage militaire traditionnel ancien : on est tenu dans l’armée, de saluer les supérieurs si on les croise : un geste, une attitude très réglementée, agrémentée éventuellement du garde-à-vous – une image réitérée chaque fois que deux militaires se croisent de la hiérarchie de l’armée qui réétablit en permanence le lien entre celui qui commande et celui qui obéit.

Et salut est aussi une exclamation très courante, légèrement familière, pour se dire bonjour ou se quitter, mais là, entre égaux. Un mot qui dans les années 70 appartenait à la langue des jeunes de l’époque, et qui maintenant s’est assez largement répandu, depuis que ces anciens jeunes sont devenus des nouveaux vieux.

On comprend bien qu’au départ, le mot porte l’expression d’un souhait : porte-toi bien. Le salut est-il donc la santé ? Pas exactement, mais on n’en est pas loin : le salut est au départ la vie, ou en tout cas le fait d’échapper à la mort, et par extension à un danger : il n’a dû son salut qu’à la fuite… c’est-à-dire il s’est sauvé en s’enfuyant. Et bien entendu le mot a un sens religieux et spirituel : le salut de l’âme est le contraire de la damnation : le fait que l’âme ne meurt pas avec le corps.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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