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Rouvrir et réouvrir

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Avec le début du déconfinement dans un certain nombre de pays, dont la France, on guette bien sûr ce qu’on peut faire cette semaine, qu’on ne pouvait se permettre la semaine dernière. Et on regarde ce qui nous est proposé, on scrute la réouverture des commerces ou des institutions, lesquels ont rouvert, lesquels n’ont pas rouvert. On se rend donc bien compte qu’on utilise deux mots dont la composition n’est pas symétrique : le verbe c’est rouvrir, et le nom c’est réouverture. Alors on sait bien que cette absence de logique est contrebalancée par l’usage courant : on entend couramment dire que tel musée a réouvert ou que tel magasin ne réouvrira que dans quinze jours. Ce verbe réouvrir, qui pour les puristes n’existe pas est très employé, même dans un langage qui se veut surveillé. Jusqu’au Président de la République qui l’a employé dans une allocution officielle. Ce n’est pas le Président de la République qui édicte les règles de correction du français, mais c’est bien l’indice que cette façon de dire s’est répandue couramment, même dans des situations où l’on s’efforce de parler de façon claire et correcte. Va-t-on dire que ce verbe réouvrir est devenu la norme ? En tout cas on l’entend infiniment plus que le verbe rouvrir. Faut-il dire à l’inverse qu’utiliser le verbe rouvrir est une cuistrerie ou une coquetterie ? Non plus. Mais il vrai qu’on l’entend peu. Alors pourquoi cette différence entre les deux termes, rouvrir et réouverture ? Cela fait partie de ces bizarreries qui parfois font le charme de la langue. Ca s’explique aussi, de façon chronologique : rouvrir est plus ancien, et d’ailleurs plus populaire. Réouverture est un mot plus récent et formé de façon plus savante.

Il faut dire aussi qu’il y a toute une tendance de la langue à utiliser le préfixe ré pour indiquer qu’une chose se fait une nouvelle fois lorsque le mot commence par une voyelle. Quand il commence par une consonne, c’est re- : on prend et on reprend, on part et on  repart. Quand il commence par une voyelle, c’est plus compliqué : la tendance de l’ancien français privilégiait la suppression du e ou du é : entrer, rentrer ; amener, ramener ; ouvrir, rouvrir. Pour des mots plus récents c’est le é qui prévaut : réutiliser, réessayer, réécouter réarmement. Parfois on trouve les deux formes : ranimer et réanimer. Et parfois les deux formes avec des sens clairement différents ; rassurer et réassurer sont des verbes tout à fait distincts. Ce qui montre bien que ces préfixes re-, ré- ou tout simplement r- ont plusieurs sens et plusieurs usages.

Quant au couple ouvrir-fermer il a des sens très variés également, mais on voit bien que là, il est lié au début ou à la cessation d’une activité très liée à un lieu : une boutique, un théâtre peuvent ouvrir ou fermer. On dit même souvent ouvrir ses portes ou fermer ses portes : l’image de l’espace est très présente à l’esprit. Mais si l’on crée une association par exemple, on ne dira pas vraiment qu’elle a ouvert.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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