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Patient zéro

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Pour lutter contre l’épidémie, on essaie d’en retracer l’histoire, de voir comment elle a commencé, et donc de rechercher le fameux patient zéro.

Le terme de patient zéro désigne la première personne à avoir été contaminée par un agent pathogène, ici le Covid-19, menant à une épidémie nous apprend Rfi. Et en effet le patient zéro est donc la première personne à avoir porté le virus, même s’il n’a pas développé la maladie ? Ce serait donc la première personne à avoir porté le virus sans avoir été contaminé par un autre humain : il ou elle aurait intégré ce virus par d’autres voies, si l’on considère le patient zéro au niveau mondial. Mais rappelons-nous ce que nous indiquent les informations de Rfi : la patient zéro désigne la première personne. C’est donc d’une certaine manière la personne numéro Un. Or, on l’appelle le patient zéro. Etrange façon de s’exprimer, qui situe ce fameux patient à la lisière de l’épidémie, juste au seuil : il a contracté le virus alors que l’épidémie n’existe pas encore. 

Ce mot de zéro et utilisé de façon très particulière, comme un adjectif qualificatif. Ce qui donne un effet particulier puisque ce mot de zéro est d’abord un adjectif numéral. On fait donc un effet en l’utilisant de cette façon inversée. Et on peut bien sûr penser à la célèbre formule de Roland Barthes : le degré zéro de l’écriture. Un livre qui a eu beaucoup de succès, et qui réfléchit sur l’idée de style littéraire. Comme si le style littéraire était ce qu’on rajoute à la langue courante, commune à tous. Comme si le style était la variante, l’écart par rapport à une langue neutre.

Ce mot de zéro a souvent été utilisé de façon à faire un effet. Et de façons très diverses : l’astuce peut consister à mettre ce mot zéro sur le même plan que les autres chiffres. Or zéro n’est pas vraiment utilisé en français dans ce dernier emploi : on dit j’ai deux canards, trois francs, quatre chemises. Mais on ne dit pas « j’ai zéro voiture ». On dit, à la place : je n’ai pas de voiture. Utiliser zéro dans ce cas-là, c’est prendre une pose linguistique, qu’on trouve d’ailleurs dans certains slogans publicitaires à la syntaxe provocante : « Le coca-cola avec zéro sucre ». Et c’est une mode assez actuelle, dans un français un peu familier, d’utiliser ce mot zéro à la place d’une phrase négative : « Je te parle… tu ne me réponds pas ! Zéro réaction ! (Pour ne pas dire « tu ne réagis pas… »)

On a également l’expression zéro faute, qui fait un peu enfantin, et qu’on utilise à l’école, en particulier dans l’évaluation des dictées, (mais on peut dire également « sans faute » : ça a donné naissance à un mot fort à la mode, un sans faute) On a aussi l’expression zéro défaut, assez à la mode : « objectif zéro défaut. »

Mais on parle aussi bien souvent de risque zéro, de tolérance zéro, formules modernes, assez journalistiques, qui soulignent le fait qu’il n’y a pas de risque, ou pas de tolérance.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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