#Французский язык в новостях

Paternité

mots-actu_p.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un ministre japonais, très populaire et jeune père, a décidé de prendre quinze jours de congé de paternité, comme la loi l’y autorise. Émoi ! Scandale presque ! Dans un pays où le travail est une valeur quasiment sacrée, où l’absence professionnelle est considérée comme un acte déloyal à l’égard de son employeur, les congés paternité sont rarement demandés. Mais Shinjiro Koizumi, le ministre de l’Environnement a à cœur d’être en pointe dans les nouveaux comportements, et à donner l’exemple en matière d’égalité des sexes. Il s’est donc mis en congé, même si ce congé est partiel et s’il compte l’aménager en ne désertant pas totalement ses fonctions, pour s’occuper de son jeune enfant. C’est bien cela le congé paternité. Le mot est bien sûr moins fréquent que son symétrique, congé maternité, si usuel que souvent on l’abrège : congé mater. Et on voit en tout cas que ces deux expressions sont formées à l’aide d’une apposition : pas de préposition entre les deux mots : non pas congé de paternité, mais congé paternité, ce qui indique de façon elliptique le rapport de cause entre les deux mots : en congé, pour cause de paternité, en raison d’une paternité. L’expression est formée exactement sur le même mode que congé maladie. En revanche, quand l’expression est moins fréquente, on recourt à la préposition, qui précise le lien : congé pour convenance personnelle.

On vient d’évoquer la symétrie entre les deux mots maternité et paternité. Est-elle présente dans tous les usages de ces mots ? Non ! Dans son sens le plus général paternité est un mot abstrait qui signifie le fait d’être père d’un enfant (ou de plusieurs…). On peut dire de quelqu’un que la paternité l’a rendu plus tolérant à l’égard des enfants des autres…

Mais ce mot abstrait a plus souvent un sens juridique, ou officiel. Dans un couple marié par exemple, si la femme est enceinte, on parle de présomption de paternité à l’égard du mari… quelle que soit la réalité des choses. Mais on parle aussi d’action en recherche de paternité, et l’on sait que maintenant on dispose de moyens scientifiques pour établir ce dont on n’était jamais trop sûr auparavant.

Et puis, il faut bien dire que la paternité a un sens bien plus général et plus imagé : souvent, on parle de la paternité des œuvres, littéraires, scientifiques, musicales ou autres. Il s’agit alors de savoir qui en est l’auteur. Qui a découvert tel virus par exemple. Le cas s’est produit à propos du Sida, entre des équipes différentes, et hélas rivales. Et on a beaucoup dit que des chercheurs américains s’étaient attribué des découvertes réalisées par l’équipe du professeur Montagner. Ils lui en avaient dérobé la paternité. Maintenant, prenons un autre exemple. On sait que l’écrivain Colette a beaucoup travaillé avec son mari qui signait Sido. Qui est responsable des œuvres co-signées par le couple ? À qui en attribué la paternité ? À lui ou à elle ? On voit que là, le mot est utilisé de façon tout à fait neutre, et qu’il ne saurait, sauf par jeu de mots, parler de la maternité de Colette par rapport à ses romans.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias