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Panthéon

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Joséphine Baker au Panthéon, c’est pour aujourd’hui : le grand jour, la cérémonie et l’entrée dans ce monument du cénotaphe de l’artiste. Cénotaphe ? C’est-à-dire un genre de tombeau fictif, qui ne contient pas les restes de la défunte. Elle est morte en 1975, enterrée à Monaco, où elle restera. Mais un tombeau symbolique et qui la représente va donc entrer au Panthéon, pour qu’elle y soit honorée. Sixième femme à y entrer, première femme noire, bisexuelle parfois, scandaleuse, résistante qui a adopté de nombreux enfants… à travers sa figure et son parcours, on peut reconnaitre les signes de minorités nombreuses, de nombreuses oppressions dont on peut ainsi tenter de réparer les torts.

Mais voici donc Joséphine panthéonisée, c’est-à-dire transférée au Panthéon. Panthéonisée, un mot bricolé de manière à la fois plaisante, admirative et respectueuse, pour traduire un genre dimmortalité laïque.

On pourrait penser que ce mot est récent, que ce genre dimpertinence et un signe de modernité… Pas du tout : le mot apparaît pour la première fois en 1797, alors que le Panthéon est encore tout neuf dans sa fonction de consécration républicaine.

Le Panthéon en effet n’a pas toujours été ce monument qui sert aux rituels de la République : son histoire est longue est diverse, et son nom est repris de l’architecture romaine antique où le Panthéon était un temple, dédié d’abord à Jupiter, puis à tous les dieux, de là son nom. Puisque Pan signifie tout et théos dieu en grec. Mais pourtant le temple était à Rome ! Pourquoi lui donner un nom grec ? C’est que les Romains cultivés parlaient le grec, et parfois aussi bien ou mieux que le latin. C’est en référence à ce temple qu’on en construit donc un à Paris, au XVIIIe siècle, mais avant la Révolution. On l’élève sur la montagne Sainte-Geneviève - on appelle ça « montagne », mais c’est à peine une petite colline. L’église est d’abord consacrée à Sainte-Geneviève, patronne de la capitale, puis son histoire suit celle des différents régimes politiques : à la Révolution, elle est destinée à honorer les « grands hommes ». À la restauration, elle retourne dans le giron de l’église, qu’elle quitte en 1830 pour devenir un temple de la Gloire, redevenir catholique sous le Second Empire, puis de nouveau laïque à partir de 1870, jusqu’à maintenant.

Un temple de la Patrie, pour célébrer la mémoire des « grands hommes ». Des « grands hommes » qui sont mixtes aujourdhui, mais encore dans une proportion infime : on a rappelé que Joséphine Baker était la sixième femme à y être admise. 

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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