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Mort

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Le projet de loi est mort ! » a déclaré Carrie Lam, chef de l’exécutif de Hong Kong à propos des textes législatifs si fortement contestés qui portent sur les problèmes d’extradition vers la Chine. Les opposants à ce projet de loi ne se réjouissent qu’à moitié, en soulignant que son retrait total n’a pas été envisagé. Et Carrie Lam réplique en disant qu’elle avait peur de n’être pas crue si elle parlait de retrait.

Il est vrai que le mot mort (même s’il est traduit… mais l’image est sensiblement la même dans toutes les langues !) est fort. On voit mal comment un projet mort pourrait revenir à la vie.

Et ce terme est très vif (si l’on peut dire…) en français, où il apparaît dans une expression un peu familière, en tout cas très orale, et dont la vogue est relativement récente : « C’est mort ! » qui est un peu l’équivalent de « c’est à l’eau ! C’est fichu. Tu peux oublier ça ! » autres expressions plus ou moins familières dont la mode est plus ancienne. Mais dans tous ces exemples, le sens de l’expression est négatif : elle exprime un regret, une constatation dépitée : constat d’échec.

Mais si la mort est à la mode, c’est aussi parce qu’elle sert d’intensif, de superlatif dans la langue parlée, familière, souvent liée à la jeunesse. Et on sait combien cette langue tient aux superlatifs, combien elle aime en rajouter et s’exclamer. Une soirée de la mort, un appartement de la mort, un boulot de la mort font envie, font rêver. Et même si c’est pour rire, on en rajoute parfois un peu : une casquette de la mort qui tue ! Et cette façon d’en rajouter est si fréquente que bien souvent on n’y prend plus garde : elle ne fait même plus rire, on ne l’entend plus !

Cette expression « de la mort » qui suit en général un no (un blouson de la mort, un gâteau de la mort) fait suite à une autre dont la construction est différente : à mort. Le plus souvent elle d’applique à une action, donc à un verbe : je travaille à mort, c’est à dire beaucoup, et même plus que ça. Et elle indique parfois une adhésion, un enthousiasme : je suis à mort pour !

On vient d’aborder quelques locutions courantes et encore assez neuves. Mais l’idée de la mort elle-même est bien vieille, et on peut concevoir que la langue s’en soit saisie depuis longtemps ! De nombreuses formules l’utilisent donc, et depuis fort longtemps, et certaines sont encore dans le langage d’aujourd’hui :

« Ce n’est pas la mort ! » ou même « Ce n’est pas la mort du petit cheval ! » Une formule presque toujours utilisée à la négative, pour dire, « Ce n’est pas si affreux que ça ! ». Et même souvent pour exprimer un avis financier : « Ce n’est pas si cher que ça ! On peut bien se le payer ! »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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