#Французский язык в новостях

Missile

mots-actu_m.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Entre les trois nouveaux missiles de précision que l’Iran vient de présenter, les missiles tirés par la Corée du Nord, en réponse aux exercices militaires américano-sud-coréens, le souhait récemment exprimé par le Pentagone, c’est-à-dire l’état-major de l’armée américaine de déployer de nouveaux missiles en Asie, on voit bien que ce mot revient constamment dans les informations de géopolitique internationale. Pratiquement pas un jour sans qu’il soit présent par exemple dans les informations proposées par Rfi ! La question se pose donc : « Qu’est-ce qu’un missile ? »

Le mot évoque évidemment une arme moderne, à longue portée, et porteur d’une charge explosive importante de type classique ou nucléaire. Et l’on voit du même coup que ce qu’on appelle « classique » en matière d’armement aujourd’hui signifie tout simplement non nucléaire. Car pour les missiles dotés de l’arme atomique, on le précise en général ! Ce terme de missile, qui dans son usage stratégique contemporain date du milieu de 20ème siècle, désigne un engin qui semble tracer sa route tout seul… enfin pas vraiment : on peut l’aider. Mais l’important est de se rendre compte que sa trajectoire n’est pas définie une fois pour toutes. Ce n’est pas l’unique force de sa propulsion qui en décide, et on est là en face d’une balistique améliorée. Grâce aux données embarquées, ou à un téléguidage commandé depuis le sol, on peut donc concevoir qu’un missile modifie sa trajectoire en fonction des obstacles, de la météo, ou même d’un objectif évolutif, qui se précise ou se modifie en cours de vol. Car il s’agit bien d’un vol : un missile est envoyé par les airs d’un point à un autre. Et on a parlé ainsi de missile intercontinental, stratégique, de croisière. On parle même, et l’ingéniosité de la langue n’a d’égale que celle des ingénieurs militaires, de missile antimissile. En raffinant, on pourrait bien sûr inventer les missiles anti-antimissiles !

Le mot semble donc moderne et récent. Surprise : il ne l’est pas. On le trouve déjà à la Renaissance dans le vocabulaire guerrier de l’époque. Il désigne une arme de trait, c’est-à-dire une arme qu’on lance, en général une flèche, lancée par un arc… ou, puisque les progrès se trouvent souvent d’abord dans les armées, par une arbalète, un dispositif mécanique donc qui vient seconder le muscle de l’archer. Un missile c’est donc une lance, en tout cas une arme qu’on lance. Ça se retrouve dans son étymologie, puisque le mot est de la famille de verbe latin mittere, envoyer, et donc de la même famille que mission ou missionnaire par conséquent : un missile est un peu un chargé de mission !

On parle de missile ou parfois de fusée qu’on utilise dans un emploi similaire. Mais pas vraiment de roquette, ou de rocket si on écrit le mot à l’anglaise. Le terme est pourtant fréquent dans l’arsenal contemporain, mais il a tendance à se cantonner à des appareils qui font moins de dégâts d’un seul coup, sont plus maniables, et nettement plus liés à un contexte de combat rapproché. On parle ainsi de roquette anti-char. Et le lance roquette a remplacé ce qu’on a appelé un temps le bazooka – mot qui reste parfois en usage en français, mais davantage de façon métaphorique : on va les attaquer au bazooka – c’est à dire on ne va pas faire dans la dentelle, on va y aller fort. Mot étrange lui aussi, emprunté à l’américain qui l’avait construit à partir du nom d’un instrument de musique étrange inventé dans les années 30. Mais ce n’est pas la première fois qu’un instrument de musique sert à désigner figurativement une arme : rappelons les orgues de Staline !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias