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Lucy

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Voici Lucy orpheline. Puisqu’on a appris la mort d’Yves Coppens, paléontologue célèbre, sympathique et médiatique, fort connu du grand public pour ses livres et son travail de vulgarisation, de popularisation de ses recherches. Un mot sur sa spécialité d’abord : la paléontologie, c’est-à-dire l’étude des êtres qui vivaient il y a bien longtemps, pendant ce qu’on appelle de manière un peu vague la préhistoire. Étude donc des humains et de ceux qui les ont précédés, de toute cette chaîne d’individus qui nous amènent tout doucement à l’Homo sapiens, dont nous sommes aujourd’hui les dignes représentants. 

On se souvient bien sûr que, pendant toute sa carrière, Yves Coppens a participé à une découverte qui a beaucoup contribué à son succès : il faisait partie de l’équipe qui découvrit en Éthiopie, en 1974, Lucy. Lucy ? 52 fragments osseux représentant donc une belle proportion d’un squelette complet : un individu, dit australopithèque, et qui vivait il y a plus de 3 millions d’années. Les découvreurs sont persuadés qu’il s’agissait d’un être vivant de sexe féminin (même si d’autres, plus tard, n’en étaient plus si sûrs). 

Pourquoi l’appeler Lucy ? Il parait qu’au soir de cette découverte, lorsque les chercheurs classaient et nommaient leurs trouvailles, ils écoutaient en même temps une cassette des Beatles qui diffusaient la chanson célèbre Lucy In The Sky With Diamonds. Et voilà Lucy baptisée. 

Mais une interrogation peut amener à une autre : pourquoi cette chanson était-elle dédiée à une Lucy ?  On a pensé que les artistes avaient cherché un prénom commençant par un L pour que leur titre porte le titre LSD, drogue psychotrope populaire à l’époque et dont les Beatles ont avoué qu’ils l’avaient goûtée plus d’une fois ! Mais ils ont tous démenti cette version, même si l’ensemble des paroles évoquent un univers coloré, un peu délirant, conforme à la représentation un peu clichée des effets de cette drogue. Mais l’origine serait ailleurs : John Lennon, l’auteur de la chanson, aurait admiré un dessin de son jeune fils Julian, représentant une camarade de classe pour laquelle il nourrissait un doux sentiment. Il l’avait représentée dans le ciel, entourée de diamants. Et elle s’appelait  
Lucy. 

C’est en tout cas ce qui explique que ce prénom présente cette graphie anglo-saxonne, alors qu’il est courant dans toute l’Europe occidentale. 

Il est construit à partir d’une origine latine, comme tous ceux de la même famille : Luc, Lucien, Lucienne. Il vient donc de Lux, la lumière. Et la sainte Lucie du calendrier catholique se fête le 13 décembre. Un période toute proche du solstice. Ce sont les nuits les plus longues de l’année, mais on s’approche du moment où les jours vont rallonger et les nuits raccourcir. Et on se félicite qu’au cœur de l’hiver, la lumière soit encore là. 

Cette origine lumineuse, on la trouve également dans le nom Lucifer qui dans les livres sacrés anciens se retrouve dans plusieurs histoires : Lucifer, c’est le porteur de lumière, parfois l’étoile du matin. Mais parfois aussi le nom du plus bel ange, qui justement porte la lumière, mais qui se rebelle contre Dieu et est donc puni : un ange déchu, un ange tombé, qu’on assimile souvent au diable, à Satan. 

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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