#Французский язык в новостях

Lâcher

mots-actu_l.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le gouvernement français lâche Carlos Ghosn. Voilà l’un des titres récents de RFI, qui interprète ainsi les déclarations du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire qui envisage son remplacement à la tête de l’entreprise Renault. Le gouvernement le lâche, c’est-à-dire qu’il cesse de le soutenir, alors qu’il est emprisonné au Japon et accusé de malversations, de pratiques financières douteuses ou illégales, lui qui dirigeait l’alliance de ces deux gros constructeurs automobiles que sont Renault, français, et Nissan, japonais. Comme si le gouvernement français lui retirait sa confiance, son crédit, même si cela se faisait à distance. Il le lâche ! Voilà un emploi fréquent et figuré de ce verbe qui sous-entend que Carlos Ghosn n’a plus le soutien moral ou politique de la France : désormais, il devra se débrouiller tout seul, face aux accusations qui pèsent sur lui. Le mot est fréquent dans cet usage, lorsque quelqu’un est en difficulté qu’on cesse de l’aider, ou d’essayer de le tirer d’affaire. Souvent on dit qu’on est lâché par sa hiérarchie : le patron, le supérieur de la personne qui est en difficulté cessent de croire officiellement en son innocence ou son honnêteté. Mais on a pu entendre également l’expression lors de prise d’otages à l’étranger : si leur pays les lâche, c’est qu’on arrête de s’entremettre pour eux, d’utiliser son influence pour les faire libérer.

Et ce verbe lâcher est très en usage, souvent de manière un peu familière, dans des situations différentes, mais toujours avec dette idée d’abandon, même si son emploi est plaisant, souriant. Une bande d’amis doit passer une soirée ensemble. Il est question qu’on finisse par aller danser. Mais l’un d’eux est trop fatigué : il quitte le groupe pour rentrer chez lui. « Tu nous lâches donc ? Ah le lâcheur ! » Le reproche n’est pas bien méchant !

Bien sûr, le verbe s’oppose à l’idée de s’accrocher. Et là encore, on trouve des expressions fort à la mode, dans la langue familière : je n’ai pas lâché l’affaire ! C’est presque un tic de langage, en tout cas une formule qui est dans l’air du temps pour dire qu’on ne baisse pas les bras, qu’on s’obstine dans la direction qu’on a choisie, ou l’entreprise dans laquelle on s’est avancé.

Et on retrouve de mot dans des situations de négociations. On en revient à un langage politique : dans tel conflit, la direction de l’entreprise ne lâche rien, ou au contraire, lâche un peu : sur les salaires, les conditions de travail. On entend la même chose lorsqu’il s’agit d’un gouvernement aux prises avec des syndicats, ou une grogne populaire : il peut lâcher sur les retraites.

Dernier sens familier : on trouve ce mot en cas de panne, de défaillance technique : ça y est ! Ma voiture m’a lâché. Il va falloir que je m’en achète une autre !

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias