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Journal en français facile 29/02/2020 20h00 GMT

29 февраля 2020
Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin. 

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loïc, bonsoir à tous.  

LB : Réforme des retraites adoptée sans vote en France. Edouard Philippe l’annonce, face aux députés. Il utilise l’article 49.3 pour mettre fin au non-débat sur le dossier, se justifie-t-il.  

ZK : Le Premier Ministre qui engage la responsabilité du Gouvernement en pleine crise du coronavirus. De nouvelles mesures sont annoncées aujourd’hui en France notamment l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes.

LB : Dans ce journal, nous reviendrons également sur la situation dans le nord-ouest de la Syrie théâtre de combats entre soldats turcs et armée syrienne. Et puis nous irons à Charleston aux États-Unis pour la suite des primaires démocrates. 

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ZK : Plus de 85 000 malades, une soixantaine de pays touchés. L’épidémie de Coronavirus continue de s’étendre.

LB : L’Organisation mondiale de la Santé a relevé à son degré maximum le niveau de la menace. Elle appelle tous les pays encore épargnés à se préparer à l’arrivée du Covid-19. Chaque jour, le nombre de nouveaux pays ou nouvelles régions affectées augmente. Anastasia Becchio. 

La liste s’allonge en Amérique latine : l’Équateur annonce son premier cas, après le Mexique et le Brésil. Aux États-Unis, des investigations sont en cours pour tenter de déterminer comment 4 personnes ont été contaminées en Californie, dans l’Oregon et dans l’État de Washington. Elles n’ont pas voyagé dans une zone à risques et n’ont pas été en contact étroit avec une personne infectée. Alors que Donald Trump s’emploie à minimiser l’ampleur de l’épidémie, la fiabilité des tests pratiqués est mise en cause : la ville de New York affirme que leur taux de précision ne dépasse pas les 35 %. Le Nigeria est le premier pays d’Afrique subsaharienne officiellement atteint, avec un premier cas, un Italien revenu de Milan. En Asie, la Corée du Sud est le pays le plus affecté après la Chine. 3 150 cas détectés… depuis ce matin, 813 malades supplémentaires ont été diagnostiqués, c’est la plus forte progression quotidienne depuis le début de l’épidémie. Autre source d’inquiétude : des cas de réinfection ont été signalés en Corée du Sud, mais aussi au Japon ou en Israël. Un premier cas signalé au Qatar. En Iran, la radio BBC en Persan fait état d’un bilan d’au moins 210 morts, soit beaucoup plus que les statistiques officielles qui annoncent neuf nouveaux décès, portant le bilan officiel à 43 morts. En Europe, c’est l’Italie qui reste de loin, le pays le plus touché : Italie, avec près de 900 personnes contaminées et 21 morts. L’Italie qui annonce le report de 4 matches qui devaient se jouer ce soir.

LB : Ce soir, l’Italie revoit ces chiffres. Le pays a désormais passé le cap des 1000 contaminations. Les États-Unis annoncent de leur côté un premier décès lié au coronavirus sur leur sol. Tandis qu’en France, 100 personnes au total ont été infectées -dont 86 sont actuellement hospitalisées. De nouvelles mesures ont par ailleurs été annoncées pour freiner l’avancée de l’épidémie. Notamment l’interdiction de tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu fermé. 

ZK : L’actualité en France, c’est aussi le dossier des retraites et la déclaration d’Édouard Philippe devant les députés.

LB : Alors que ces derniers poursuivaient les débats sur la réforme des retraites, le Premier ministre a annoncé le recours à l’article 49.3 qui consiste à faire adopter le texte sans vote. Il veut ainsi, a-t-il expliqué, « mettre fin à un épisode de non-débat » avec les oppositions, et « permettre à la suite du processus législatif de s’engager ». L’opposition dénonce un procédé « déloyal » et un « coup de force ».

ZK : À la une également, la situation dans le nord-ouest de la Syrie en particulier dans la région d’Idleb.

LB : Région dans laquelle 34 soldats turcs ont été tués par le régime de Damas, ces dernières 48 heures, annonce le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’exprimait pour la première fois depuis l’attaque de jeudi attribuée à l’aviation syrienne. Dans ce discours, le chef de l’État turc s’est montré intransigeant à l’égard du régime syrien et de son allié russe, mais aussi à l’égard de l’Europe sur la question des réfugiés. À Istanbul, Anne Andlauer.

C’est la première fois que la Turquie reconnaît publiquement ne plus appliquer l’accord migratoire signé en 2016 avec l’Union européenne. Autrement dit, que ses garde-frontières ferment les yeux sur les passages de migrants. Et c’est Recep Tayyip Erdogan lui-même qui a fait cette annonce en forme de défi à l’Europe : « Nous avons ouvert les portes. Et depuis, environ 18 000 personnes ont forcé les portes et sont passées. Mais ce chiffre devrait monter à 25 ou 30 000. À l’avenir, nous ne fermerons pas ces portes, et cela va continuer ainsi. Pourquoi ? L’Union européenne doit tenir ses promesses. » La Turquie exige de l’Europe qu’elle l’aide à accueillir plus de trois millions et demi de Syriens, mais aussi à établir dans le nord de la Syrie une « zone de sécurité » pour renvoyer ces réfugiés et abriter les centaines de milliers de déplacés d’Idleb. Dans son discours, Recep Tayyip Erdogan s’est également montré intransigeant à l’égard du régime syrien et du président russe, Vladimir Poutine, avec lequel il s’est entretenu par téléphone vendredi : « J’ai dit à Monsieur Poutine : que faites-vous là-bas ? Si vous voulez établir une base militaire, allez-y. Mais ôtez-vous de notre chemin, et laissez-nous face à face avec le régime syrien. Et nous ferons le nécessaire avec le régime. » Derrière la défiance, Recep Tayyip Erdogan souhaite encore trouver un accord avec le président russe. Mais les deux hommes n’ont pas prévu de se rencontrer avant le 5 ou le 6 mars. Anne Andlauer, Istanbul, RFI. 

ZK : À Charleston, direction les États-Unis pour les primaires démocrates. Elles doivent désigner celui qui affrontera Donald Trump pour les présidentielles de novembre. 

LB : On se rend en Caroline du Sud, quatrième état américain à se prononcer dans le cadre des primaires du parti démocrate. La Caroline du Sud qui vote donc ce samedi avec un enjeu de taille pour Joe Biden. L’ex-vice-président a obtenu de mauvais résultats dans l’Iowa, le New Hampshire et le Nevada. Il doit absolument finir en tête dans cet État du sud s’il veut poursuivre la course et pour cela il compte sur le soutien des Afro-Américains. Anne Corpet. 

L’ex-vice-président l’a toujours affirmé : c’est ici dans cet État du sud où les noirs composent 60 % de l’électorat démocrate, que la course commence véritablement pour lui. Joe Biden bénéficie d’une très bonne image auprès des Afro-Américains du fait de sa proximité avec Barack Obama, et espère grâce à leurs voix remonter la pente. Il est en tête des sondages ici, mais sa cote a baissé au cours des deux derniers mois. Il faut dire que l’électorat noir a été très courtisé par tous les candidats démocrates. Le milliardaire Tom Steyer risque notamment de troubler le jeu : il a dépensé ici quatre fois plus que l’ensemble de ses rivaux en publicité. Bernie Sanders lui bénéficie de la dynamique enclenchée par ses bons résultats lors des trois premières primaires et par les sondages qui le donnent gagnant par exemple en Californie où l’on votera mardi. Bernie Sanders pourrait aussi bénéficier d’un soutien inattendu : celui des républicains. Ici en Caroline du Sud il n’est pas nécessaire d’être enregistré auprès d’un parti pour voter et certains démocrates s’inquiètent de voir le camp opposé participer à leur élection. Donald Trump qui était hier soir ici à Charleston a estimé que le sénateur du Vermont serait pour lui le candidat le plus facile à battre, et il a invité ses admirateurs à aller voter pour lui, afin de favoriser sa nomination. Le scrutin de ce jour ne permettra de toute façon pas de connaître le nominé démocrate… il sortira peut-être des urnes mardi où 16 Etats se prononceront. Mais c’est bien le sort de Joe Biden qui se joue ici en Caroline du Sud. Une défaite ou une faible victoire serait désastreuse pour l’ancien vice-président.

LB : Fin de ce journal, tout de suite on retrouve Yvan Amar pour le mot de la semaine. 

Combien de gens touchés par le Coronavirus en Iran ? En fait on n’en sait rien, mais les chiffres se contredisent. La BBC la chaîne britannique qui émet en persan, la langue du pays donne un chiffre élevé. Il est démenti par les autorités iraniennes qui prétendent qu’il y en a beaucoup moins. Mais un membre du Conseil municipal de Téhéran est bien plus alarmiste, et donne des informations plus graves. Tout ça est si contradictoire qu’on ne sait pas où est la vérité. Rfi rapporte cette situation et parle d’un imbroglio. Mais que veut dire ce terme ? Il s’agit d’une situation confuse. Au départ cela désignait une pièce de théâtre dont le sujet était si compliqué qu’on avait du mal à s’y retrouver : trop de personnages, trop de complications, on s’y perd ! Le mot est d’origine italienne bien sûr : cela s’entend ; c’est presque encore un mot italien qu’on n’a pas francisé, rendu plus français. Pourtant on le prononce à la française, en faisant entendre le « g ». Alors que parfois, mais c’est de plus rare, et c’est un peu une coquetterie, un snobisme, on peut le passer sous silence, ce « g », et parler d’un « imbrolio » ! Mais cette dernière façon de prononcer fait ressortir de manière très nette que cet imbroglio est de la même famille notre embrouille : là c’est un mot bien français ! Et parfois, pour en rajouter encore sur l’incompréhension, on parle d’embrouillamini ! C’est un peu familier, mais expressif. Et ça donne bien l’impression qu’on est perdu et qu’on n’y comprend plus rien. Et on a d’autres synonymes. Par exemple on parle parfois de méli-mélo. L’expression ne vient pas de la langue italienne, malgré la terminaison en « o ». On sent bien qu’elle est construite à partir du verbe emmêler. Mais elle a un côté un peu plaisant, elle fait sourire. Et elle ne conviendrait probablement pas pour un sujet aussi sensible et grave que la progression de cette épidémie.

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