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Journal en français facile 19/10/2021 20h00 GMT

19 октября 2021
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RFI
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Clémentine Pawlotsky : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.

À la Une, le bras de fer entre l'Union européenne et la Pologne sur la question du droit. Le Premier ministre polonais s’est exprimé devant les eurodéputés. Il a réaffirmé l'idée selon laquelle le droit polonais primait sur le droit européen. Bruxelles brandit la menace de sanctions.

Dans l’actualité également, la démission de l’émissaire américain pour l’Afghanistan. Il quitte ses fonctions deux mois après la reprise du pouvoir par les talibans. Nous reviendrons sur son parcours.

En France, la justice continue d’entendre les survivants des attentats du 13 novembre 2015.

Et puis, on parlera musique avec le nouvel album de l'ensemble Romain Leleu Sextet. Un savant mélange de trompette et de quintette à cordes.

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CP : L'Union européenne hausse le ton face à la Pologne et menace le pays de sanctions. L'UE accuse Varsovie de porter atteinte à l'État de droit après la décision de la Pologne de faire primer le droit national sur le droit européen. Le Premier ministre polonais s’est exprimé aujourd’hui devant les eurodéputés, à Strasbourg, dans l’est de la France. Il dénonce un « chantage » de Bruxelles. Tout au long de son discours, Mateusz Morawiecki a campé sur ses positions. Le récit de Carlotta Morteo.

« La plus haute loi de la République de Pologne est sa Constitution. Elle est au-dessus de toute autre loi. » Le message du Premier ministre polonais est on ne peut plus clair : « Je rejette les menaces contre la Pologne. Nous respectons la loi européenne et nous ne nous laisserons pas intimider. Mais nous espérons un dialogue. » Un dialogue de sourds visiblement puisque l'Union européenne estime que la Pologne a mis au pas les juges, les avocats, les journalistes et n'est donc plus en phase avec le respect de l'État de droit, un pilier fondamental de l'UE. La présidente de la commission Ursula von der Leyen a promis d'agir : « La Commission européenne examine attentivement cette décision. Mais je peux déjà vous dire que je suis profondément inquiète. C’est la toute première fois qu’une cour de justice d’un État membre considère que les traités européens sont incompatibles avec sa constitution nationale. Et cela va avoir de fortes conséquences pour le peuple polonais. » Selon une majorité de député, le gouvernement polonais brandit la question de la primauté du droit européen pour détourner l'attention des entraves à la justice qui se multiplient dans le pays ces dernières années. Au risque, de ne pas toucher les 56 milliards d'euros de subventions européennes et d'alimenter un faux débat, qui fait déjà tâche d'huile à travers le continent.

CP : L’émissaire américain pour l’Afghanistan démissionne. Zalmay Khalilzad était devenu un symbole de l’échec des États-Unis dans le pays. Il sera remplacé par son adjoint, Thomas West. Retour sur son parcours, avec Vincent Souriau.

En 2018, Donald Trump l'appelle pour une mission impossible : réconcilier les talibans et le gouvernement afghan. Le président américain choisit Zalmay Khalilzad pour son réseau : d'ethnie pachtoune, il est né en Afghanistan avant d'être naturalisé américain. Et pour ses talents de diplomate. Il a fait toute sa carrière au département d'État, dans la galaxie républicaine, et suivi de très près la politique afghane dès le début des années 1980, jusqu'à devenir l'ambassadeur des États-Unis à Kaboul entre 2003 et 2005, sous la présidence de George Bush junior. Fin connaisseur du pays, c'est vrai, mais de sa feuille de route, il ne reste rien. À l'origine, les talibans devaient reconnaître la constitution afghane et renoncer à la violence. Ils ne l'ont jamais fait. Mais ça n'a pas empêché Khalilzad de négocier avec eux, afin de permettre sur ordre de Donald Trump le retrait des troupes américaines. Dans sa lettre de démission, il blâme les autorités afghanes qui n'ont, selon lui, pas su tirer profit des pourparlers avec les talibans. Les raisons de cet échec sont, écrit-il, trop complexes pour être abordées dès à présent.

CP : Explications signées Vincent Souriau.

Et toujours dans l’actualité américaine, le père fondateur des États-Unis, Thomas Jefferson, n'aura plus sa statue dans la mairie de New York. Une commission municipale a voté le retrait de l'œuvre car Thomas Jefferson a aussi été propriétaire d’esclaves. Ce retrait était demandé, depuis longtemps, par des élus noirs et latinos.

En France, la suite du procès des attentats du 13 novembre 2015. Les auditions des rescapés et proches de victimes du Bataclan se poursuivent. Ce mardi, la Cour a notamment entendu David, un franco-chilien, à l'époque âgé de 23 ans. Il fait partie des 11 personnes prises en otage pendant 2h30 par deux des trois terroristes du commando. Compte-rendu d’audience, signé Laura Martel.

David a toute de suite identifié les tirs. Il rampe, atteint une fenêtre, tente de gagner le toit. « C’est n’importe quoi, je fais 90 kg, c’est impossible ». Une vidéo glaçante le montre ainsi, désespérément agrippé à sa fenêtre, non loin d’une femme enceinte suspendue dans le vide qui crie à l’aide. L’un des terroristes le met en joue, lui intime de rentrer. David et une dizaine d’autres se retrouvent à regarder, impuissants, Foued Mohamed-Aggad qui « s’amuse à tuer des gens dans la fosse », en « rigolant », tandis qu’Ismaël Mostefaï leur délivre des « diatribes » sur l’État islamique, parle de « l’heure de la vengeance ». « Moi, j’ai 23 ans, je suis chilien, je comprends rien », dit David, qui n’a qu’une certitude : il va mourir. Quand Samy Amimour se fait exploser sur scène, les deux autres « jouissent d’abord de sa mort », mais « perdent un peu le contrôle », raconte-t-il. La prise d’otage se poursuit dans un couloir, les otages alignés devant portes et fenêtres, « une file d’attente devant la porte de l’enfer », pense David. Les négociations s’engagent avec un policier au fort accent du sud « qui lui rappelle une pub pour l’huile d’olive ». « C’est tragicomique », « surréaliste », raconte David. Aggad lui parait plus déterminé à en découdre. Mostefaï, plus calme, semble avoir l’ascendant. 2h30 d’angoisse, puis c’est l’assaut. Les tirs, grenades, l’explosion d’Aggad : David est projeté en l’air, n’entend et ne voit plus rien. Pour sortir, il faut passer les corps amoncelés. La culpabilité du survivant immédiatement l’étreint, il s’évanouit. « Depuis, j’essaie de vivre », conclut-il.

CP : Actualité judiciaire, française toujours. Le Tribunal correctionnel de Paris ordonne l’audition de l'ancien président Nicolas Sarkozy comme témoin, dans le cadre du procès dit des sondages de l'Élysée, le 2 novembre prochain. L’ancien dirigeant n’est pas poursuivi dans cette affaire car il est couvert par son immunité présidentielle, mais il a été cité comme témoin par l’association Anticor, partie civile dans ce procès.

Dans l’actualité en bref, les prévisions de l'ONU sur le climat. L'organisation estime que plus d'une centaine de millions de personnes extrêmement pauvres sont menacées par l’accélération du réchauffement de notre planète en Afrique. L’ONU affirme que les rares glaciers du continent auront disparu d’ici à 2040. L’ONU qui lance l’alerte à moins de deux semaines de l’ouverture de la COP26 à Glasgow, en Écosse.

ZK : De la musique, pour refermer ce journal, avec la rencontre entre une trompette et un quintette à cordes.

CP : Le Romain Leleu Sextet, formation unique dans le paysage musical, navigue à travers pays, styles et époques. Le tout, en jetant un pont entre musique savante et populaire. Pour célébrer les 12 ans de l'ensemble, il s'offre un album à son image où il fait dialoguer, Gershwin avec Gainsbourg ou encore Paganini avec Morricone. Carmen Lunsmann nous présente cet album intitulé Face(s) à Face(s).

C'est un face-à-face en multiples facettes imaginé par le trompettiste Romain Leleu et ses cinq complices - tous issus de grands orchestres français : « On a voulu mettre en équilibre musique savante et musique populaire, donc il n'y a pas d'opposition. » Ce voyage éclectique commence par un classique de la musique populaire, Gershwin, et se termine par une « mission » quasi divine pour trompette piccolo - en référence à Morricone, monument de la musique de film. Le Sextet passe ensuite du roi de la chanson, Gainsbourg, à l'homme à tout faire, Chaplin. Romain Leleu, primé pour son audace à la trompette notamment aux Victoires de la musique, se frotte même aux cordes d'un Paganini, avec seulement trois pistons : « Le plus virtuose, c'était de rester dans une espèce d'élégance et d'authenticité sans jamais aller copier une version originale. » Dans sa quête d'inspirations lointaines, le virtuose français nous emmène du Brésil jusqu'au Liban : « C’est un pays que j’adore. J’avais écouté à Beiteddine la chanteuse Fairuz et j’ai trouvé une comédie musicale pour enfants de Rahbani. On a mis justement en face-à-face Tunis-Nefta de Jacques Ibert et là on est vraiment transporté entre le Liban, Tunis et puis ce pont avec la musique française de Jacques Ibert. On est vraiment dans le face-à-face tel qu'on l'a conçu avec le Sextet. »

CP : Face(s) à Face(s) du Romain Leleu Sextet et il y aura une tournée internationale qui passera par Paris, la capitale française, en novembre.

Très belle soirée à vous sur RFI.

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