#Французский язык в новостях

Journal en français facile 19/10/2019 20h00 GMT

19 октября 2019
Studio RFI
Transcription

Hugo Lanoë : 22h à Paris à l'écoute de RFI, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans votre Journal en français facile. Pour le présenter avec moi ce soir Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Hugo.

HL : Au sommaire de cette édition, le Premier ministre britannique est obligé de demander un nouveau report du Brexit à l'Union européenne. Les députés reportent à plus tard le vote sur le nouvel accord de divorce, ce qui ravit les anti-Brexit mobilisés aujourd'hui dans les rues londoniennes, vous l'entendrez.

SB : Que vont devenir les jihadistes étrangers détenus en Syrie par les Kurdes ? Des voix s'élèvent en France pour les rapatrier. Et pour cause, certains d'entre eux sont Français.

HL : Et puis avant de retrouver le mot de l'actualité d'Yvan Amar, nous irons au Chili. L'état d'urgence a été décrété dans le pays en raison de manifestations violentes. Les Chiliens sont en colère contre le coût de la vie.

Voilà pour le programme, soyez les bienvenus !

-----

SB : On commence ce journal avec un nouveau rebondissement dans le dossier du Brexit.

HL : L'incertitude est une nouvelle fois de mise à maintenant douze jours de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les députés britanniques ont ajourné, c'est-à-dire remis à plus tard, le vote sur le nouvel accord de divorce entre Londres et Bruxelles. Pourtant, ce vote devait avoir lieu aujourd'hui. C'était sans compter sur un amendement décidé par la majorité des élus du Parlement. Des élus qui veulent prendre le temps de débattre point par point ce nouvel accord. Problème : cet amendement oblige le Premier ministre britannique a demandé un nouveau report du Brexit de trois mois à l'Union européenne. Ce que Boris Johnson refuse de faire :

« Je ne négocierai pas un nouveau report avec l'UE. Et la loi ne m'y oblige pas non plus. Je vais dire à mes amis et mes collègues de l'UE exactement ce que j'ai dit à tout le monde au cours des 88 derniers jours, depuis que je sers en tant que Premier ministre, que tout report serait mauvais pour ce pays. »

HL : Le Premier ministre britannique Boris Johnson met de l'eau dans son vin, c'est-à-dire qu'il nuance ses propos, puisqu'il vient de faire savoir qu'il enverrait avant minuit ce soir une lettre à l'Union européenne pour demander un nouveau report du divorce.

SB : Une chose est sûre Hugo, les anti-Brexit sont contents.

HL : Oui, pendant que le Parlement débattait, les Britanniques opposés au divorce entre Londres et Bruxelles ont laissé éclater leur joie à l'annonce de la nouvelle. Ils étaient des milliers réunis devant le palais de Westminster. Béatrice Leveillé les a rencontrés.

Une seule solution, un second référendum, le slogan de la manifestation repris par une foule hétéroclite au milieu des drapeaux irlandais, gallois ou écossais et de pancartes qui réclamaient entre autres plus d’immigration, explications avec un jeune manifestant : « Parce que je pense que l’immigration contribue à l’économie. Il y a des gens qui viennent dépenser de l’argent ici. Mais aussi pour des raisons morales : nous avons des millions de Français, d’Allemands et d’autres nationalités qui vivent et travaillent ici. C’est un grand pays multiculturel, il n’y a pas de raison de nous isoler nous-mêmes. » Une sourde colère animait le cortège : « Je suis de Bristol, je suis médecin. Je me sens Européen dans mon cœur. Le Brexit diminue notre valeur dans Europe et les opportunités pour nos enfants, pour vivre et pour travailler partout en Europe. » Paul est Français, il vit dans la campagne anglaise, il a fait lui aussi le déplacement à Londres parce qu’il espère encore un rebondissement : « S’il y a encore un moyen ou pour l’arrêter ou le modifier au point de pouvoir diminuer les dégâts, ce serait la meilleure chose. En ce moment, tout est tellement inattendu, les choses se passent tellement rapidement que tout peut changer. » Le coup de théâtre, ce samedi, a été l’adoption d’un nouvel amendement salué par les manifestants parce qu’il a permis report du vote sur l’accord négocié par Boris Johnson, le Brexit une affaire suivre. Béatrice Leveillé, Londres, RFI.

SB : Dialogue de sourds en Syrie entre l'armée turque et les combattants kurdes.

HL : Les deux parties s'accusent mutuellement de ne pas respecter le cessez-le-feu temporaire annoncé jeudi à Ankara par de hauts responsables américains. En attendant, cette offensive turque lancée il y a dix jours, relance le débat sur la situation des jihadistes étrangers, de leurs femmes et de leurs enfants, détenus dans prisons gardées par les Kurdes. En France, Nicolas Falez, des voix s'élèvent pour demander le rapatriement de ces personnes.

C'est un magistrat de haut-rang qui l'affirme : il y a des risques à ne pas rapatrier les ressortissants français détenus par les Kurdes en Syrie. David De Pas, coordinateur du pôle anti-terroriste du tribunal de Paris redoute le retour incontrôlé de jihadistes pouvant commettre des attentats en Europe. Autre scénario dangereux selon lui : « La reconstitution de groupes terroristes particulièrement aguerris et déterminés » en Syrie et dans la région. « Il faut une volonté politique de rapatriement », assène le magistrat antiterroriste. Simultanément, deux comités de l'ONU (celui des droits de l'enfant et celui contre la torture) saisis par des familles demandent aux autorités françaises de « prendre des mesures » pour « protéger les droits » des ressortissants français détenus par les Kurdes syriens. Les familles et leurs avocats ont également écrit au président français Emmanuel Macron pour lui demander l'organisation du retour en France de ces personnes - majoritairement des femmes et des enfants. Des familles qui demandent aux autorités de ne pas transférer ces ressortissants français en Irak.

HL : J'ajoute qu'environ 300 femmes et enfants français sont détenus par les forces kurdes. En tout, ces derniers détiennent 12 000 jihadistes étrangers parmi eux, on compte 60 Français.

SB : L'état d'urgence décrété pour quinze jours au Chili. La sécurité du pays a été confiée à un militaire et l'armée patrouille dans les rues depuis hier soir.

HL : C'est la réponse du président chilien, Sébastien Pinera, aux violentes manifestations qui ont secoué, hier, la capitale Santiago. De nouveaux heurts ont éclaté ces dernières heures entre policiers et manifestants. Au cœur de la colère des Chiliens, l'augmentation du prix du ticket de métro. La deuxième depuis le début de l'année, mais pour Antonia, universitaire de 27 ans à Santiago du Chili, il existe d'autres raisons qui expliquent la colère des Chiliens :

« La goutte qui a fait déborder le vase, c’est le prix du ticket du métro. Cette hausse des prix a été très mal prise par les gens. Ils ne sont pas contents parce qu’ils ont déjà d’autres problèmes comme ceux du prix de la santé, de l’électricité ou de l’eau. Par exemple, il n’y a pas longtemps, la compagnie qui fournit l’électricité a décidé de changer les compteurs et en a profité pour augmenter le prix. Il y a également un problème d’accès à l’eau. De nombreux quartiers manquent d’eau, il n’y a pas d’eau pour tous les habitants. Donc, c’est une accumulation de choses et les gens sont fatigués. Ils sont de plus en plus nombreux à aller manifester pour demander au gouvernement de prendre conscience de ce qui se passe et d’agir. »

HL : Propos recueillis par Stefanie Schüler. Vous écoutez le Journal en français facile, et, comme tous les samedis, on retrouve le mot de la semaine avec Yvan Amar.

SB : Et on termine ce journal comme on l'a commencé, en parlant du Brexit.

HL : Oui Sylvie, puisque Yvan Amar nous parle du mot report.

La grande nouvelle du jour, c’est la demande d’un report du Brexit, faite au Premier ministre par les députés britanniques : Boris Johnson devra donc demander à Bruxelles, c’est-à-dire à la direction de l’Union européenne, de reporter cette date. Le sens est simple : on change la date : ce qui devait être fait très prochainement le sera, mais plus tard. La construction est claire, comme si on prenait l’événement pour le porter à un moment plus tardif. Et souvent d’ailleurs, on précise : reporté au mois suivant, à la semaine suivante, au lendemain. Mais parfois, on est bien moins précis : reporté à une date ultérieure. Ou même on est franchement vague : reporté sine die. La fin de la phrase est une citation latine qui signifie « sans jour », c’est-à-dire sans jour fixé. Et quand on reporte quelque chose sine die, cela veut souvent dire que l’événement ne verra jamais le jour. On la reporte à perpète comme on dit familièrement. Mais il y a d’autres verbes qui ont sensiblement le même sens : remettre. L’image n’est pas très lointaine, on met comme on porte un projet un peu plus loin sur la ligne du temps. Différer à la même signification, mais c’est simplement un mot bien moins fréquent, plus sophistiqué, qui correspond souvent à un genre de politesse administrative. D’autres mots qui donnent cette même image d’un événement qu’on repousse : retarder, comme si on faisait glisser l’événement en question un peu plus tard. Ce n’est donc qu’une question de degrés. La chose se fera juste, mais pas au moment prévu : elle n’est pas tout à fait à l’heure. On voit donc la nuance : si on reporte un dîner, c’est qu’on fera un autre dîner. Trois jours ou trois semaines plus tard. Autre menu… Autres convives peut-être… Si on retarde le dîner, c’est simplement qu’on se mettra à l’heure à neuf heures du soir et pas à huit.

HL : C’était Yvan Amar que vous pouvez retrouver sur rfi.fr tout comme ce journal en français facile. Merci Sylvie Berruet.

SB : Merci à vous Hugo Lanoë.

HL : Et merci à vous qui nous écoutez pour votre fidélité. Il est 22h10 à Paris, deux heures de moins en temps universel.

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias