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Journal en français facile 13/05/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d'écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L'heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- cette visite de Mike Pompeo en Israël. Le chef de la diplomatie américaine a rencontré les deux hommes qui se partageront le pouvoir dès demain Benyamin Netanyahu et Benny Gantz. Il y a eu des signes d'amitié entre les deux pays mais les points de divergence demeurent notamment sur la Chine. Vous l’entendrez.
- les États-Unis qui accusent par ailleurs des pirates informatiques liés aux autorités chinoises de menacer la recherche pour le vaccin contre le Covid-19.
- la Chine pointée du doigt par l'Indonésie pour des conditions de travail inhumaines à bord de bateaux de pêche.
- et puis à la fin de ce journal nous irons en Russie où des respirateurs, outils indispensables pour soigner les malades du Covid-19, ont fait six morts en provoquant des incendies dans des hôpitaux.

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JCR : La crise du coronavirus l'aura forcé à rester à Washington pendant près de deux mois. C'est plutôt inhabituel pour un chef de la diplomatie, mais Mike Pompeo a repris l'avion aujourd'hui pour une visite rapide à l'étranger. Le secrétaire d'État américain était en Israël pour discuter entre autre de l'application du plan de paix de Donald Trump qui prévoit notamment que l'État hébreux annexe des territoires palestiniens. Mike Pompeo a rencontré le chef du gouvernement Benyamin Netanyahu et celui qui devrait devenir demain premier ministre alternant, Benny Gantz. Une visite qui souligne les liens entre les deux pays mais qui a tout de même révélé de possibles divergences. RFI, Jérusalem, Guilhem Delteil.

À chaque visite, dirigeants américains et israéliens ne manquent pas de manifester des marques d’amitié. Les deux pays mettent en avant leur entente et leurs convergences de vue sur l’Iran ou le conflit israélo-palestinien. Benyamin Netanyahu l’a ainsi redit ce mercredi.« Nous sommes maintenant sur le point de former un gouvernement d’union nationale. Je pense que c’est une opportunité de promouvoir la paix et la sécurité sur la base de la compréhension commune que j’ai atteint avec le président Trump lors de ma dernière visite à Washington en janvier. » Prenant la parole à son tour, Mike Pompeo n’a pas manqué non plus de souligner la force des liens entre les deux pays, tout en lançant une pique à la Chine. « Vous êtes un partenaire formidable, vous partagez les informations. Contrairement à d’autres pays qui cherchent à obscurcir et cacher ces informations. Et nous allons parler de ce pays aussi. » Au pupitre, Benyamin Netanyahu a pris le compliment et rigolé de la remarque de Mike Pompeo. Mais les relations avec la Chine sont un sujet de dissension entre les deux pays. Les États-Unis pressent Israël de réduire ses contrats avec des entreprises chinoises. Quant à l’application du plan Trump, Mike Pompeo a simplement souligné qu’il reste du travail. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

JCR : Et c'est aussi à Jérusalem que Mike Pompeo s'en est pris une nouvelle fois à la bête noire des États-Unis et d'Israël : l'Iran que le chef de la diplomatie américaine a accusé aujourd'hui de continuer à fomenter la terreur c'est à dire causer la terreur malgré le Covid-19 qui frappe lourdement la République islamique.

Benyamin Netanyahu assure de son côté que l'Iran n'a pas arrêté une minute ses actions violentes contre les Américains, les Israéliens et tous les autres dans la région. Le premier Ministre israélien veut continuer à combattre les agressions de l'Iran en Syrie et ailleurs, fin de citation.

Du côté de Washington, c'est la police fédérale américaine qui a mis en garde les chercheurs américains qui cherchent un vaccin ou des traitements contre le Covid-19. Le FBI et l'agence américaine pour la cybersécurité, c'est à dire la sécurité en ligne parlent de tentatives de piratage venant de Chine. Elles représentent une menace grave pour la réponse américaine au virus dit leur communiqué. Lundi, la Chine avait balayé la question en avance assurant qu'elle combattrait toute attaque de ce genre.

Autre pays en tension avec la Chine, l'Indonésie demande des comptes à Pékin après avoir découvert des cas de maltraitance proches de l'esclavage à bord de navire de pêche chinois. La mort de quatre jeunes indonésiens après plusieurs mois passés dans des conditions inhumaines fait les gros titres des journaux du pays. Un pays qui s'inquiète de l'ampleur de ce phénomène. Explications de notre correspondante dans la région Gabrielle Maréchaux.

L’affaire est arrivée avec une vidéo. On y voit sur un bateau un corps humain entouré d’un drap orange être jeté par-dessus bord. Il s’agissait d’Ari, 25 ans, un jeune marin indonésien. Et avant Ari, découvre l’Indonésie, ce même navire de pêche a réservé un sort similaire à deux autres jeunes pêcheurs âgés de 19 et 24 ans. Cette découverte macabre est arrivée lorsque le bateau a accosté au port coréen de Busan. À la télé coréenne, un indonésien à bord de l’équipage témoigne d’un calvaire qui ressemble à de l’esclavage moderne avec des journées de travail de 18h, une eau potable réservée aux superviseurs chinois qui ne laissent aux Indonésiens subalterne que la seule possibilité de boire de l’eau de mer, des salaires retenus en grande partie, des passeports confisqués… Si ce bateau assurait pêcher seulement du thon, des photos tendent à prouver qu’il pratiquait également le commerce d’ailerons de requins, pratique illégale et surveillée qui pourrait expliquer pourquoi il n’a pas accosté lorsque des membres d’équipages étaient malades. Craignant que ces histoires ne soient pas isolées l’Indonésie a demandé au Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’être vigilant sur les dérives de l’industrie de la pêche. Gabrielle Maréchaux, RFI.

JCR : Et du côté de la Chine justement, c'est l'inquiétude d'une deuxième vague de coronavirus qui inquiète dans la province du Hubei et en particulier dans la ville de Wuhan où le virus est apparu, la ville qui est restée confinée deux mois et demi en début d'année. Six nouveaux malades y ont été détectés ce week-end et Wuhan veut désormais tester tous ses habitants, ils sont plus de 10 millions. Au nord-est du pays, la ville de Jilin et ses quatre millions d'habitants sont eux entrés en confinement partiel après l'apparition de nouveaux cas.

Eux sont non seulement confinés mais aussi bloqués en mer depuis l’apparition du coronavirus. Des membres d’équipage de différents paquebots commencent à perdre patience. Ils sont près de 10 000 encore à bord parfois confinés dans leur cabine, en attendant d’être rapatriés. Dimanche, une Ukrainienne de 39 ans s'est jetée par-dessus bord du Regal Princess, au large de Rotterdam. D’autres, à bord du Navigator of the Seas bloqués au port de Miami ont entamé une grève de la faim afin de pouvoir rentrer chez eux. Écoutez le témoignage de cette jeune passagère, elle est hongroise et a voulu garder l’anonymat. Débarquée en début de semaine d’un navire allemand, elle raconte une situation extrêmement tendue à bord pour ceux qui sont restés bloqués. 

La compagnie a entassé 2 200 membres d’équipage sur le même bateau. Nous partagions les cabines. Les gens ont commencé à perdre patience, la frustration régnait. Certains se sont mis à casser des meubles à l’intérieur, d’autres se battaient. Personne ne savait ce qui allait se passer pour eux. Nous n’avions quasiment pas d’information venant de l’extérieur. Mais on a appris que sur d’autres bateaux, en quatre jours, quatre personnes avaient sauté par dessus-bord ou s’étaient suicidées à cause de la situation. C’est extrêmement triste ! Ces compagnies de croisière préfèrent économiser de l’argent en expliquant que réserver des billets d’avion pour rapatrier le personnel est beaucoup trop cher.  Mais en prenant la décision de les maintenir à bord, elles risquent leur santé mentale. Ça montre parfaitement combien vaut une vie humaine. Le business prime. C’est sûr, ça restera un mauvais souvenir, et pour longtemps.

JCR : Propos recueillis par Eliott Brachet. 

Et puis alors que les chiffres officiels font état à travers le monde de plus de 4 millions 200 mille cas du coronavirus. La Russie est devenue le deuxième pays le plus touché avec plus de 232 000 malades recensés sur son sol. C'est dans ce contexte déjà difficile que le pays a dû suspendre l’exploitation d’un respirateur artificiel utilisé dans les hôpitaux qui font face à l’épidémie. Le modèle serait à l’origine de deux incendies dans des hôpitaux russes. Deux incendies qui ont provoqué la mort de 6 patients. À Moscou, les détails avec Daniel Vallot.

L’enquête est toujours en cours, mais tout laisse à penser que ce sont bien ces appareils d’assistance respiratoire qui sont à l’origine des deux incendies. Samedi à Moscou, puis ce mardi à Saint-Pétersbourg, c’est le même scénario qui s’est joué : un court-circuit dans l’appareil provoque un incendie, et l’évacuation de l’hôpital. À Moscou, on déplore une victime, à Saint-Pétersbourg, ce sont 5 patients qui décèdent des suites de l’incendie. Ces appareils respiratoires sont produits dans la même usine, situé dans l’Oural, et sont de fabrication récente. À la suite de ces deux incendies, les autorités russes ont donc décidé d’en suspendre l’exploitation dans tout le pays. L’entreprise qui fabrique les appareils avait récemment été encouragée par le ministère de l’industrie à accélérer les cadences, pour équiper les hôpitaux russes. Ces derniers vont devoir se fournir ailleurs, alors que l’épidémie ne cesse de progresser dans le pays. Des dizaines d’appareils, du même modèle, avaient été également livrées aux États-Unis le mois dernier. Les respirateurs faisaient partie de la cargaison humanitaire envoyée par Moscou, avec l’accord de Donald Trump. Selon la presse américaine, aucun des respirateurs n’avait pu être utilisé, en raison d’un problème de voltage. Les appareils seront probablement renvoyés à la Russie.  Daniel Vallot Moscou RFI.

JCR : Et c'est ainsi que se termine ce Journal en français facile, merci à vous de l’avoir suivi. Vous pouvez le réécouter et le lire sur le site de RFI Savoirs, on s'y retrouve quand vous voulez et dans cinquante minutes sur cette antenne pour un nouveau journal. On reste ensemble sur la Radio du Monde.

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