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Journal en français facile 11/05/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Jérome Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile ! Nous y ferons le point sur la pandémie de Covid-19 et ses près de 284 000 morts dans le monde, mais de plus en plus à l'heure du déconfinement en Europe :
- et nous irons tout d'abord en Belgique, qui a décidé de rouvrir ses commerces sauf cafés, bars et restaurants, et ce malgré le plus fort taux de mortalité par rapport au nombre d'habitants.
- la France, après quasiment 2 mois de paralysie quasi-complète de son économie a levé les mesures de confinement et rouvert les transports publics pour permettre le retour au travail des salariés, sans problème majeur.
- en Roumanie, l'heure n'est pas encore au déconfinement, c'est pour ce vendredi, mais à la dépénalisation des infractions aux restrictions imposées par l'état d'urgence, jugées prohibitives et annulées par la Cour Constitutionnelle.

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JB : L'OMS s'est félicitée lundi du reflux de la pandémie de nouveau coronavirus dans un certain nombre de pays mais a appelé à exercer « une extrême vigilance » en période de déconfinement. Une partie de l'Europe, dont la France et l'Espagne, a commencé lundi à assouplir les mesures de restriction à la circulation des personnes mises en place pour limiter la propagation du virus et éviter une submersion de leurs systèmes de santé. En Europe, la plupart des pays accélèrent leur déconfinement. Ainsi la Belgique qui a amorcé une nouvelle étape avec la réouverture de la plupart des commerces, sans limitation de surface, mais à l'exception des lieux dits « festifs » (cafés, restaurants, bars ) qui restent strictement fermés. En traversant la frontière en venant de France, Anissa el Jabri a pris la température de cette nouvelle phase inaugurée par la Belgique ce lundi.

Ils sont une trentaine à être venus dès 9h30 du matin braver les rafales de vent et une température de quelques degrés au-dessus de 0 pour faire leur courses. La police est là et vérifie les distances de sécurité dans la file d’attente. « Vous attendez avec impatience l’ouverture ? Eh bien oui, parce qu’il faut quand même acheter le nécessaire pour la naissance de mon bébé. Je sais où aller vite fait, bien fait, je ne flâne pas dans le magasin ». Cette étudiante en droit vient elle aussi de plusieurs kilomètres, avec un but bien précis. « Il faut que je rende les vêtements que j’avais achetés avant le confinement. Et puis je me suis dit que peut-être il n’y aura pas autant de monde que ça parce que justement tout le monde va dire ‘ben non, je ne vais pas sortir aujourd’hui’, Mais ça va, j’aurais cru plus pire. » 20 minutes d’attente dès l’ouverture, en un quart d’heure le temps d’attente double, et c’est déjà trop pour ce chauffeur routier qui se rend souvent en France. « Leur confinement est bien mieux encadré qu’ici : ils ne peuvent pas se déplacer pour tout et pour rien bon, nous non plus, mais bon, les gens le font quand même, ça évite la propagation du virus, la preuve en est qu’ils ont beaucoup moins de morts que chez nous, quoi. » Avec près de 70 décès pour 100 000 habitants, la Belgique est le pays qui affiche le plus grand nombre de morts par rapport à sa population, au monde, devant l'Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.

JB : Et même, selon un tout dernier bilan, 75 morts par 100 000 habitants.
En France, le déconfinement signifie le retour de l’offre de transports, des TGV les Trains à Grande Vitesse notamment alors que seul 1% d’entre eux circulaient depuis le 13 mars, c'est près de la moitié qui retrouvent les rails. Pour cette rentrée ferroviaire de nombreuses consignes sanitaires sont censées garantir la sécurité des voyageurs. Un défi qui devait être rendu compliqué par le grand retour des Parisiens, partis se confiner en régions. Alors était-ce un retour massif des habitants de la capitale après plus d’un mois et demi d’exode ? Écoutez ce reportage de Nicolas Rocca entre Angers et Paris.

Si les annonces sonores ne semblent pas avoir été bouleversées par la crise sanitaire, ce n’est pas le cas des gares et des trains : distribution de gel hydro-alcoolique, désinfection des gares, vente d’une place sur 2, le plan prévu par la SNCF semble se dérouler sans accroc. Mais surtout les voyageurs équipés de ce qui était une denrée rare en début de confinement. « Tout le monde a son masque, les distances sont respectées – Vous n’étiez pas particulièrement inquiet ? – Non, pas du tout. » Des voyageurs qui semblent plutôt sereins donc, et satisfaits des mesures prises par la SNCF, à l’image de Maxence. C’est la troisième fois qu’il prend le train depuis le 13 mars, systématiquement pour raisons professionnelles. « Je n’ai pas rencontré de difficulté majeure pour voyager, c’est assez fluide, on est bien dirigés, je ne vois pas de contrainte… - Et là, le train est relativement vide, par rapport à d’habitude. – Ça, c’est sûr ! – Vous, vous avez déjà voyagé plusieurs fois ? – Oui, et là, c’est la première fois que je vois le train aussi vide. » Une poignée de voyageurs par rames et énormément de sièges vides, l’affluence supposée n’est pas au rendez-vous. Ceux qui le pouvaient ont sans doute préféré poursuivre le télétravail loin de la capitale.

JB : En France, le Conseil Constitutionnel a finalement validé la loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet, et qui encadre le déconfinement entamé ce lundi. Les sages ont malgré tout censuré certains éléments liés à l'isolement des malades et au suivi de leurs contacts. Le Conseil Constitutionnel avait été saisi par le président Macron, le président du Sénat Gérard Larcher et certains parlementaires.

L'Allemagne se demande si le déconfinement allait trop vite, après que le seuil critique de 50 nouvelles contaminations par 100 000 habitants a été franchi dans trois cantons, simultanément à l'entrée en vigueur des mesures d'assouplissement des restrictions, après deux mois de confinement strict. Près de 170 000 cas et de 7 500 décès ont été enregistré à ce jour en Allemagne.

En Roumanie, où le Covid-19 connait une évolution plutôt lente avec 15 500 cas et moins de 1 000 décès, les amendes infligées par la police roumaine dans le cadre de l'état d'urgence ont été déclarées inconstitutionnelles. Très élevées, celles-ci ont généré des tensions dans le pays. Benjamin Ribout.

« Trop vagues » et surtout « disproportionnées ». C'est ce qu'a déclaré la Cour Constitutionnelle roumaine pour motiver sa décision. Les juges statuaient sur la constitutionnalité des amendes fixées par le gouvernement en mars dernier au début de l'état d'urgence. Il faut dire que l'amende de base, de 2 000 lei, soit environ 415 euros, correspond ni plus ni moins au salaire minimum brut mensuel dans le pays. L'amende maximale, elle, s'élevait à 4 150 euros. Des personnes ont été sanctionnées à plusieurs reprises, parfois pour plusieurs milliers d'euros, comme ce fermier qui a écopé de 6 000 euros d'amendes car il transportait ses employés sans attestation. L'exécutif avait justifié de tels montants dans le but de décourager les déplacements et la propagation du virus. Ce qui avait énervé la population. Accusées de faire du zèle, les forces de l'ordre ont ainsi été prises à partie à plusieurs reprises lors de contrôles, dans des quartiers difficiles de Bucarest mais aussi en province. Au total 300 000 amendes ont été infligées en un mois et demi, ce qui représente 120 millions d'euros. Une partie d'entre elles ont déjà été réglées, les gens devront donc faire une demande de remboursement. En effet, la décision de la Cour Constitutionnelle ne les annulent pas automatiquement.

JB : En Russie, la maladie continue de se propager. Près de 12 000 cas supplémentaires enregistrés ce lundi, dont plus de la moitié à Moscou. La pandémie est donc loin d'être vaincue. Le président Poutine a pourtant annoncé l'entrée en vigueur dès demain d'un plan de déconfinement national.

Et puis en République Démocratique du Congo, la première audience de ce procès phare où est jugé le collaborateur du Président Vital Kamerhe : elle était retransmise en direct à la télévision d’État, en dehors de l’essentiel des caméras et micros des médias privés. Et dehors, la sécurité était maximale. à Kinshasa, Pascal Mulegwa.

Des pick-ups et fourgons de la police, des unités rangées et distancées : le dispositif est impressionnant. En ce premier jour de procès, des journalistes n’ont pas pu entrer dans le tribunal, alors que deux télévisions, qui avaient déjà leur autorisation, commençaient même à installer leur matériel pour la retransmission en direct. Après 4h d’attente, toutes les personnes massées le long des impressionnantes clôtures de la prison Makala ont été chassées par des policiers et des militaires, et parfois avec brutalité. Aucun attroupement n’a été toléré dans les environs de la maison carcérale. Déjà, dans la matinée, des dizaines de militants de l’UNC, le parti de Vital Kamerhe, qui étaient massés dans l’avenue qui abrite la prison, ont été dispersés par la police ; elle a ensuite fait des rondes pour dissuader toute tentative de manifestation, des fois même à des centaines de mètres de ce milieu carcéral – mais aucun militant n’a été arrêté, selon la police. Le procès a été suivi avec enthousiasme par les Kinois. On pouvait voir le long de certaines avenues des habitants ou des vendeurs à la sauvette massés par dizaine devant des postes de télévision ou des radios pour suivre la retransmission en direct de la première audience de ce procès. Beaucoup attendent d’en savoir plus sur la responsabilité de Vital Kamerhe dans cette affaire.

JB : En bref, des combats ont éclaté lundi dans le sud du Yémen entre séparatistes et forces alliées au gouvernement qui ont tenté de reprendre Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, faisant dix morts et de nombreux blessés des deux côtés, selon des sources séparatistes et médicales.

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