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Journal en français facile 11/04/2020 20h00 GMT

11 апреля 2020
Studio RFI
Transcription

Jérome Bastion : Bienvenue sur Radio France Internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile ! Nous faisons le point sur la pandémie - c'est-à-dire de l'épidémie mondiale - de Covid-19 qui continue de frapper durement l'Europe et les États-Unis, et prive les fidèles des trois religions de toute cérémonie de groupe :
- le président allemand s'est adressé à ses concitoyens lors d'une rare allocution télévisée ce samedi soir, il y a appelé les Allemands à faire preuve de solidarité, tout comme l'Europe a-t-il insisté. 
- en 3 mois, le Covid-19 s'est imposé comme un acteur de premier plan au niveau planétaire, mettant l'économie mondiale quasiment à l'arrêt et la moitié de la population en confinement. Retour sur ces 3 mois qui ont bouleversé le monde.
- l'Amérique latine et les Caraïbes ont dépassé le seuil des 50 000 cas de contamination et les 2000 morts, et c'est l'Équateur qui connait le taux de mortalité le plus élevé, à tel point que des prisonniers fabriquent les cercueils.
 
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JB : La pandémie actuelle et les mesures contraignantes imposées aux populations poussent les responsables politiques à s'adresser à leurs concitoyens, également de façon solennelle. Après Angela Merkel qui a prononcé récemment une allocution télévisée, une première hormis les traditionnels vœux du Nouvel An, c'est le président allemand qui en fait de même ce samedi soir. Frank-Walter Steinmeier a placé la solidarité au cœur de son discours. Il a rendu hommage aux efforts de ses concitoyens dans la crise actuelle et à l'engagement de nombreux acteurs au cœur de la lutte contre la pandémie. Le président allemand a aussi plaidé pour plus de solidarité en Europe et dans le monde.

[Transcription manquante]

JB : Propos recueillis par Pascal Thibaut.  Le président allemand a pris samedi le contre-pied du président français Emmanuel Macron, assurant que la pandémie de Covid-19 « n'est pas une guerre » mais constitue un « test de notre humanité ». « Non, cette pandémie n'est pas une guerre. Les nations ne s'opposent pas à d'autres nations, les soldats à d'autres soldats. C'est un test de notre humanité », a encore dit Frank-Walter Steinmeier.
 
Il y a trois mois jour pour jour le 11 janvier la Chine annonçait le premier décès lié au nouveau coronavirus, apparu en novembre-décembre sur son territoire. Depuis le Covid-19 qui s’est répandu à travers le monde comme une traînée de poudre a fait plus de 100 000 morts. La vie est figée sur les trois quarts de la planète, et l’OMS redoute une « résurgence mortelle » en cas de déconfinement trop rapide. Retour sur cette fulgurante pandémie. Juliette Gheerbrant.

Un mort et 41 cas avérés, c’est la première annonce officielle de la Chine, nous sommes le 11 janvier. Le SarsCov 2 vient tout juste d’être identifié. Mais le premier cas remonterait en fait au 17 novembre selon un document officiel publié par le south china morning post. En 15 jours, les premiers cas sont annoncés en Europe, d’abord en France puis en Allemagne. Viennent ensuite l’Amérique du nord et l’Océanie. Le Hubei, berceau chinois du Covid-19 est placé à l‘isolement. Sur le continent africain le premier cas est identifié le 14 février, en Égypte. Ce même jour à Paris survient le premier décès hors d’Asie. Fin févier, l’épidémie atteint un plateau en Chine mais elle flambe en Europe. En 17 jours elle fait 15 000 victimes en Italie. Le 11 mars, l’OMS déclare enfin l’état de pandémie. 110 pays et territoires sont touchés. Critiquée pour avoir déconseillé de réduire les échanges avec la Chine, et pour avoir dit qu’il ne fallait pas prendre de mesures disproportionnées, l’organisation alertait pourtant dès le 7 février d’un manque chronique d’équipements de protection au niveau mondial. Début avril, le million de cas avérés est dépassé et plus de la moitié de la population mondiale est en confinement. En trois mois, le Covid-19 a déjà fait plus de 100 000 morts.

JB : En France, les derniers chiffres montrent un bilan de 353 morts à l'hôpital au cours des dernières 24 h, ce qui porte le total des décès à 13 832 avec les morts en maison de retraite. Un élément encourageant malgré tout : c’est le solde – autrement dit la différence entre les entrants et les sortants – des cas en service de réanimation, qui est négatif pour la troisième journée consécutive, ce qui veut dire qu’il y a plus de patients qui sortent de réanimation que de patients qui y entrent. 
 
Direction L’Équateur, maintenant : la semaine dernière, la multiplication de cadavres a totalement débordé la capacité des pompes funèbres et services publics dans la ville équatorienne de Guayaquil, la principale du pays. Faute de mieux, l’industrie cartonnière a proposé des milliers de cercueils en carton mais la population ne les apprécie pas trop. Beaucoup indiquent avoir la sensation d’offrir un enterrement de troisième classe à leurs proches. Pour aider à limiter la pénurie de cercueils, les prisons ont été mises à contribution. Les explications de notre correspondant en Équateur, Éric Samson.

Ils étaient destinés à faciliter la réinsertion des personnes privées de liberté mais, dans six prisons équatoriennes, les cours de menuiserie ont trouvé une application plus solidaire en ces temps de pandémie. Plus de cent prisonniers ont commencé à élaborer des cercueils grâce au matériel dont ils disposaient dans les ateliers. C’est ensuite le ministère de l’Environnement qui leur a remis plus de 700 m3 de bois en bon état saisis lors de plusieurs opérations de contrôle contre les trafiquants de bois précieux. Cela devrait suffire pour fabriquer plus de 350 cercueils mais les besoins sont immenses. Le mois dernier, rien qu’à Guayaquil et la province du Guayas, 1 500 certificats de décès supplémentaires ont été délivrés par rapport au mois de février. Comme toujours en époque de pénurie, les abus ne manquent pas. Certaines pompes funèbres proposent des cercueils à 1 000, voire 1 500 dollars, un tarif inabordable pour les plus pauvres. C’est à eux que seront donnés en priorité les cercueils fabriqués dans les prisons. Les premiers cercueils seront prêts la semaine prochaine. Éric Samson, Quito, RFI.

JB : Les écoles publiques de New York, épicentre de la pandémie de coronavirus aux États-Unis qui a dépassé les 20 000 victimes désormais, resteront fermées jusqu'à la fin de l'année scolaire, a annoncé samedi le maire Bill de Blasio, mais le gouverneur de l'État Andrew Cuomo a rapidement répliqué qu'il était seul décisionnaire sur cette question pour l'ensemble de l'État et qu'il fallait prendre cette décision en pleine coordination avec les autres villes de l'État. La lutte contre le coronavirus ne passe pas que par le confinement et l'après-confinement posera un nouveau défi. Pour éviter une nouvelle flambée épidémique, l'idée de traçage numérique fait son chemin. Désormais, les concurrents Apple et Google s'allient pour permettre un suivi des données. Les précisions de Pauline Gleize.

Objectif annoncé par les deux géants américains des nouvelles technologies : « aider à réduire la propagation du virus, tout en intégrant la confidentialité et la sécurité des utilisateurs au cœur de la conception ». Concrètement, votre téléphone portable transmettrait des informations par Bluetooth avec les smartphones des personnes que vous rencontrez. Si vous tombez malade, ceux que vous avez côtoyés seront avertis et inversement. Or, les systèmes d'exploitation IOS d'Apple et Android de Google sont les plus utilisés dans le monde. Et à partir de mai, leurs utilisateurs pourront donc partager des contenus issus d'applications officielles des autorités de santé publique. Des applications téléchargeables depuis les boutiques en ligne des deux groupes. Ça c'est pour parer au plus vite ; dans un second temps, Apple et Google prévoient de développer une plateforme de suivi des contacts plus large. Elle permettrait à davantage de personnes de prendre part au dispositif, toujours sur la base du volontariat. Malgré les promesses des deux marques, les experts ne s'entendent pas sur l'impact sur le respect de la vie privée. L'ACLU, l'organisation de défense des droits civiques aux États-Unis craint, elle, les inégalités sociales et que les plus vulnérables soient de fait exclus du dispositif.

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