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Journal en français facile 09/09/2020 20h00 GMT

09 сентября 2020
Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sébastien Duhamel, bonsoir Sébastien.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : un énorme incendie dans le plus grand camp de réfugiés de Grèce. Le camp de Moria est détruit. L'Union européenne appelle à la solidarité pour accueillir des milliers de migrants aujourd'hui sans abris.

SD : En Biélorussie deux opposants en prison. L'un d'entre eux est Maria Kolesnikova, devenu une héroïne parmi ses partisans car elle a déchiré son passeport pour éviter d'être contrainte à l'exil. Son portrait dans le Journal en français facile.

RA : Nous entendrons également l'appel du mari Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Irano-britannique actuellement détenue en Iran.

SD : Et puis en France le procès des attentats de janvier 2015. Le témoignage de Driss aujourd'hui devant la cour d'assises spéciale. Dessinateur de Charlie Hebdo il est l'un des survivants de l'attaque.

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SD : Plusieurs pays d'Europe affichent ce soir leur solidarité après l'incendie du plus grand camp de réfugiés de Grèce.

RA : Il s'agit du camp de Moria où vivent dans des conditions extrêmement difficiles des milliers de migrants. Le camp a été détruit par l'incendie qui a eu lieu au petit matin, il n'y a pas eu de victimes. Le Premier ministre grec a exprimés sa tristesse. Selon le gouvernement d'Athènes le feu aurait été provoqué par des demandeurs d'asile. Mais avant l'incendie les conditions étaient déjà très critiques, c'est ce que tient à rappeler Mario Lopez de l'organisation Médecins sans Frontières, il se trouve sur place.

Le feu a tout ravagé, les tentes les mobil-home, les centres de santé de certaines organisations. Nous avons vécus des scènes terribles de peur et de panique. Des familles qui ont fui la zone du danger. Honnêtement nous n'avons pas été surpris par ce qui s'est passé. Ca fait des semaines, même des mois, que nous tentons d'alerter sur la situation insoutenable dans ce camp de réfugié. Sur cette colline les conditions basiques d'hygiène et de sécurité n'étaient pas assurées. Ce camp accueillait à peu près 13 000 personnes alors qu'il était prévu pour l'hébergement de 3 000 personnes. En plus de ça la population est soumise à des restrictions de mouvement très sévères depuis le début de l'épidémie. Il y a à peu près une semaine de ça le premier cas de Covid a été diagnostiqué dans le camp ce qui a amené à une quarantaine massive de ces 13 000 personnes dans le camp de déplacés.

RA : Mario Lopez de l'organisation Médecins sans Frontières, au téléphone d'Oriane Verdier. Le camp de Moria se situe sur l'île de Lesbos qui constitue la principale entrée des migrants en Grèce, l'afflux est considérable. Et ce soir tous ces migrants se retrouvent sans abris. Cela pose la question de la politique migratoire en Europe, c'est un sujet qui divise. L'Allemagne a demandé aux pays de l'Union d'accueillir des migrants. La France s'est dite de son côté « prête à prendre sa part ».

SD : En Biélorussie deux opposants ont été incarcérés (c'est-à-dire qu'ils se trouvent en prison), officiellement pour « atteinte à la sécurité nationale. »

RA : Il s'agit de Maria Kolesnikova et de Maxime Znak. Ils sont tous deux membres du « conseil de coordination », un groupe formé par l'opposition en faveur d'une transition du pouvoir et d'un départ du Président Alexandre Loukachenko. On va s'intéresser à Maria Kolesnikova, c'est une figure de l'opposition en Biélorussie, elle a été enlevée lundi matin à Minsk la capitale. Pour éviter l'exil, elle a déchiré son passeport à la frontière avec l'Ukraine, elle n'a donc pas traversé la frontière et se trouve depuis aux mains des services de sécurité biélorusses. En tout cas son acte, le fait de refuser de quitter son pays, a forcé l'admiration de ses partisans. Voici son portrait avec Anastasia Becchio.

Cheveux coupés court, large sourire rehaussé de rouge à lèvres, faisant un cœur avec ses mains : c’est l’image la plus répandue de Maria Kolesnikova. À 38 ans, elle est la dernière du trio féminin qui a conduit la campagne anti-Loukachenko, à se trouver encore sur le sol biélorusse. Svetlana Tikhanovskaya, la candidate à la présidentielle a été forcée à l’exil en Lituanie au lendemain du scrutin, Veronika Tsepkalo, elle, a rejoint son mari à l’étranger. Dans toutes ses prises de parole, Maria Kolesnikova a toujours refusé avec fermeté l’idée de quitter son pays. Musicienne de formation, la jeune femme a débuté sa carrière de flutiste dans les plus grandes salles de concert de Minsk. En 2007, elle est partie à Stuttgart en Allemagne pour s'y perfectionner en flûte baroque. Au fil des années, elle y a développé des projets d’échanges culturels avec la Biélorussie. C’est dans le cadre de l’un d’eux qu’elle a rencontré Viktor Babaryko, l’ancien banquier, privé de présidentielle. Maria Kolesnikova est devenue sa directrice de campagne puis sa représentante, lorsqu’il a été incarcéré en juin. Dans une interview, datant d’il y a deux ans, elle donnait ce conseil aux jeunes musiciens : « n’ayez jamais peur » (…) « c'est très important non seulement en musique, mais partout, car il y aura toujours beaucoup de gens qui tenteront de vous enfoncer (...) Il est très important de ne jamais s'arrêter ».

RA : Et dans ce contexte de l'arrestation de Maria Kolsenikova et de Maxime Znak, Bruxelles appelle à des sanctions par la voie du président du Conseil européen Charles Michel. « J'appelle à accélérer le processus sur les sanctions » écrit-il sur Twitter. Les ministres européens des Affaires étrangères avaient donné leur feu vert (étaient d'accord) pour l'adoption de sanctions, mais Chypre bloque l'adoption de telles mesures qui doit se faire à l'unanimité.

SD : L'appel à présent du mari d'une Irano-britannique détenue en Iran. 

RA : Irano-britannique c'est-à-dire qu'elle a la double nationalité, iranienne et britannique. Cette femme du nom de Nazanin Zaghari-Ratcliffe purge une peine de 5 ans de prison car elle est accusée d'avoir voulu renverser le régime, c'est qu'elle nie. Hier, mercredi, elle a reçu un nouvel acte d'accusation, les charges retenus n'ont pas été communiquées mais cela alourdit sa détention. Et donc son mari appelle les autorités britanniques à « tout faire pour la protéger ». Écoutez Richard Ratcliffe.

Ça a vraiment été un choc pour nous. Nous avions peur que quelque chose comme ça arrive. Comme la détention s’éternise sans qu’on lui accorde la clémence, nous craignions qu’il y ait de mauvaises nouvelles. Les charges retenues contre Nazanin, d’après ce que nous avons compris, sont : propagande contre le régime. Mais je ne pense pas que ce soit une nouvelle affaire, c’est juste quelque chose de politique. Donc ça a été un choc d’apprendre qu’elle a été amenée devant un tribunal hier et qu’elle allait être vraiment jugée dimanche. Ce que nous attendons maintenant du gouvernement britannique, à la lumière de ces nouveaux événements, c’est qu’il puisse assister au procès afin qu’il fasse tout pour qu’il se déroule de manière honnête et qu’il garantisse une protection. Ça a toujours été une bataille pour les autorités britanniques d’avoir des contacts avec Nazanine en prison ou de pouvoir assister à ses procès mais c’est la première fois qu’il va y avoir un procès depuis que la protection diplomatique lui a été accordée donc je pense qu’il y a des chances pour qu’elles puissent y assister.

RA : L'espoir de Richard Ratcliffe, mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe détenue actuellement en Iran.

SD : En France le procès des attentats de janvier 2015 et la suite des témoignages des survivants de l'attaque de Charlie Hebdo.

RA : Hier ici même on évoquait le témoignage de la dessinatrice Corinne Rey qui avait été contrainte, sous la menace, d'ouvrir aux terroristes. Aujourd’hui Riss s'est exprimé devant la cour d'assises spéciale de Paris, dessinateur il a succédé à Charb à la direction de la publication du journal après la mort de ce dernier dans l'attentat. Son récit avec Laura Martel.

Comme les autres survivants, Riss est revenu sur le déroulé de l’attaque, ses blessures physiques et psychologiques, mais finalement c’est surtout de liberté, de défense de la liberté qu’il a parlé. « Comment être le plus libre possible, c’est ça qui fonde Charlie Hebdo » explique Riss, et c’est ce qui a fait du journal la cible d’un totalitarisme islamiste pour lequel une tolérance s’est développé ces dernières années dans la société déplore-t-il. Alors quand on lui demande s’il regrette la publication des caricatures, si défendre un principe vaut de risquer la mort, la réponse fuse «  pourquoi vit-on ? Pour être libre ou esclave ? Moi je ne vais pas vivre soumis à l’arbitraire démentiel de fanatiques. C’est le combat d’une vie et il n’y a pas à regretter de vivre pour la liberté. » Ce combat, Riss le poursuit aujourd’hui, malgré ses amis perdus, « une mutilation plus terrible que celle des corps » selon ses mots, malgré aussi les conséquences sur sa vie, une vie d’assigné à résidence dit-il. Signaler tous ses déplacements, ne recevoir personne chez soi, même une simple promenade dans la rue avec sa femme est un dilemme. « On le fait parfois. c’est possible, mais est-ce prudent ? » pointe-t-il. Un engagement dont les conséquences touchent jusqu’au cœur de son intimité. « On avait un projet d’adoption mais on nous a fait poliment comprendre que jamais on ne confierait un enfant à des gens sous protection. » indique Riss. « Au bout du compte, ce que je regrette, conclut-il, c’est de voir que les gens sont si peu combattifs pour défendre la liberté. Ce n’est pas un don du ciel, c’est pas normal, regardez notre histoire, c’est exceptionnel qu’on soit libre ».

RA : Enfin en sport cyclisme l'Australien Caleb Ewan vainqueur de la 11e étape du Tour de France à Poitiers.

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