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Journal en français facile 01/06/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription.

Adrien Delgrange : Radio France internationale, 20h TU, 22h à Paris. Avec Sylvie Berruet, l'heure de vous présenter le journal en français facile. Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Adrien.

AD : Nous sommes le 1er juin. Voici les titres :
Aux États-Unis, au lendemain d'une tuerie à Virginia Beach, des habitants se sont rassemblés aujourd'hui pour rendre hommage aux 12 employés municipaux abattus la veille par l'un de leurs collègues.

SB : Au Canada, 1 200 femmes victimes de génocide, c'est la conclusion d'un rapport qui sort lundi.

AD : En France, nous venons d'apprendre le décès du philosophe Michel Serres.

SB : Du football, à la mi-temps, Liverpool mène 1-0 contre Tottenham en finale de la Ligue des champions.
Voilà pour le sommaire, bienvenue à tous.

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SB : Retour sur cette nouvelle fusillade hier aux États-Unis.

AD : C’est dans un bâtiment municipal de la ville de Virginia Beach, sur la côte Est qu’un employé de la ville a tiré, ouvert le feu sur ses collègues. Bilan : treize morts, dont le tireur abattu par des policiers. Les motivations du tueur ne sont pas connues à l'heure actuelle. Une chose est sûre, cette tragédie relance une fois de plus le débat sur les armes à feu dans le pays. À, New York, pour RFI, Grégoire Pourtier.

Tous les candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 se sont positionnés, à différents niveaux, pour un meilleur contrôle des armes à feu aux États-Unis. Tous ont donc rapidement réagi après la fusillade de Virginia Beach, la plus meurtrière dans le pays depuis le début de l’année. « Trop c’est trop » ont-ils dit en substance, mais cette question va-t-elle être au centre des débats de la primaire ? Le sujet est sensible, tant le lobby des armes est puissant, avec d’excellents relais locaux, jusque dans les moindres petits villages, et tant la possession d’armes à feu est ancrée dans la culture américaine. Un candidat encore anonyme, Eric Swalwell, a pourtant déjà choisi d’en faire le sujet central de sa campagne. Dans son programme, l’interdiction totale des armes semi-automatiques et des fusils d’assaut en stoppant leur vente et en rachetant ceux déjà en circulation. Une manière de se démarquer pour ce jeune représentant de San Francisco, quand les favoris de l’élection s’attardent davantage sur d’autres sujets, par crainte de s’aliéner certains électeurs. Les mentalités semblent doucement évoluer : les plus jeunes notamment seraient bien moins attachés à la possession d’armes à feu. Parce qu’ils ont dû apprendre dès la maternelle, comment réagir en cas de fusillade, et parce qu’ils sont très souvent touchés directement par ce genre de drame. Grégoire Pourtier, New York, RFI.

SB : Il est question à présent d'un « génocide » au Canada.

AD : C'est une enquête qui dénonce l'extermination de femmes autochtones, des femmes issues des peuples Inuits ou des peuples métis. Plusieurs médias canadiens ont dévoilé les conclusions de ce rapport qui doit être publié officiellement ce lundi. Entre 1980 et 2012, environ 1 200 femmes autochtones auraient été victimes de disparitions ou de meurtres, mais leur nombre est vraisemblablement beaucoup plus élevé. Heike Schmidt, quand le rapport va sortir lundi, l'information risque de faire grand bruit au Canada.

Le rapport sera le coup d’envoi d’un « débat explosif » croit savoir le journal Le Devoir. Car, non seulement, il qualifie la disparition ou l’assassinat de milliers de femmes autochtones de « génocide ». Les auteurs soulignent aussi qu’il s’agit d’un génocide intentionnel et pointent du doigt l’État. Incapable de protéger ces femmes et ces filles, notamment contre des violences sexuelles. « Le fondement de ce génocide repose sur les structures coloniales […], peut-on lire dans le rapport, de ces structures découle directement la hausse actuelle des taux de violences, de décès et de suicide au sein des populations autochtones », soulignent les enquêteurs qui regrettent que « la société canadienne affiche une indifférence lamentable » face à ces violences. Le rapport met notamment en cause les pensionnats mis en place par Ottawa au début du XIXe siècle jusque dans les années 1990. Des milliers d’enfants autochtones ont dû y grandir, loin de leurs parents. Pour que les citoyens indigènes puissent enfin jouir de leurs droits, les rapporteurs recommandent notamment la création d’un poste de prud’homme et un tribunal spécialisé.

AD : Heike Schmidt.

SB : Une explosion dans une importante usine en Russie.

AD : 79 personnes blessées. L'explosion, d'origine encore inconnue, a eu lieu à 400 kilomètres à l'est de Moscou. Quinze personnes ont été hospitalisées, dont une dans un état grave. Aucun décès n'est à déplorer à l'heure actuelle.

SB : En mer Méditerranée, un navire humanitaire de l'ONG allemande, Sea-Watch, peut repartir secourir des migrants.

Le Sea-Watch 3; c'est le nom de ce bateau, était bloqué dans le port italien sur l’île de Lampedusa dans le cadre de poursuites pour aide à l'immigration illégale, mais la justice italienne a levé aujourd’hui la saisie du navire qui « peut désormais repartir en opération » se félicite l'ONG.

SB : Florence Parly est à Singapour. La ministre française des Armées participe à un sommet sur la défense asiatique.

AD : L'occasion pour Florence Parly de défendre la liberté de navigation pour la marine française, un rappel de la ministre qui fait suite à des pressions de Pékin sur une frégate française. Les faits remontent à avril dernier. À Singapour, la correspondance de Carrie Nooten.

Le 6 avril dernier, la frégate Le Vendémiaire était en train de traverser le détroit de Taiwan, qui sépare la Chine continentale de l’île du même nom que Pékin revendique, quand des bâtiments militaires chinois lui ont intimé l’ordre de quitter les lieux, et l’ont escortée. Le gouvernement chinois s’est même plaint auprès de Paris d’un passage qu’il disait « illégal » alors que la marine française dit y naviguer au moins une fois par an. Pour la ministre des Armées, Florence Parly, la France était bien dans son bon droit, et elle continuera à défendre la liberté de navigation conformément au droit de la mer. « La France navigue en respectant les lois internationales, ce qui veut dire qu’elle navigue dans les eaux internationales. Nous n’avons pas pratiqué différemment avec Le Vendémiaire, nous avons donc respecté les règles habituelles. Force est de constater que la Chine a réagi d’une manière un peu différente à l’habitude. Mais ce n’est pas parce que la réaction a été plus vigoureuse qu’il nous faut changer nos habitudes. » Il faut s’attendre à des pressions de plus en plus fréquentes dans l’espace indopacifique de la part de la Chine, bien déterminée à établir « le fait accompli » dans les zones qu’elle veut s’octroyer.

AD : Je vous le disais dans les titres, en France, nous venons d’apprendre la mort de Michel Serres, à l'âge de 88 ans, philosophe, historien des sciences et homme de lettres. C’est sa maison d'édition, Le Pommier qui vient d’annoncer cette nouvelle et nous en reparlerons dans nos prochains journaux.

SB : Détournement

AD : C'est « mot de la semaine » qui a retenu l'attention d'Yvan Amar.

Un nouveau scandale attire-t-il l’attention sur la politique haïtienne ? On craint que le président Jovenel Moïse ne soit mêlé à un dispositif de détournement de fonds. Le sens de ce mot est assez clair : on détourne de l’argent quand on l’utilise à d’autres fins, à d’autres buts, donc à d’autres dépenses que celles qui sont prévues, ou qui sont déclarées. Et on parle souvent de détournement de fonds publics : un maire, par exemple, doit gérer un budget qui permet d’administrer la ville dont il a la charge. S’il utilise telle ou telle somme pour en faire autre chose que ce qu’il prétend, il les détourne. Et la première cause qu’on va imaginer à un détournement de fonds, c’est ce qu’on appelle l’enrichissement personnel : on truque les comptes, et on prend l’argent pour soi. Mais on sait que ce n’est pas toujours été le cas, et que des détournements de fonds peuvent servir à financer des partis politiques ou des campagnes politiques. Le sens du mot détourner se comprend facilement : il s’agit de modifier, de changer un itinéraire un chemin, de faire prendre une autre direction à quelque chose. Mais l’utilisation du mot est pratiquement toujours négative, à part quelques utilisations géographiques : on peut détourner une rivière de son cours naturel, ou détourner la circulation parce qu’une route est coupée. Mais le sens négatif si fréquent de ce mot vient de cette idée de courbe, de sinuosité, de tour, qu’on a dans le mot détourner. On n’a qu’à penser à l’expression « détourner du droit chemin », c’est-à-dire amener quelqu’un à faire quelque chose d’illégal ou de mal. Ce qui est droit est considéré comme bon, légitime. Le mot droit a justement ces deux sens principaux : c’est juste ! Et ça n’est pas courbe : le droit va avec l’image du juste. Et le courbe, c’est presque toujours suspect. Le courbe, va avec l’image du fourbe, c’est-à-dire de l’hypocrite, du trompeur ! C’est bien pourquoi l’action de détourner est presque toujours associée à ce qui est condamnable.

AD : Parlons tennis. À Roland-Garros, chez les femmes, défaite de la numéro 1 mondiale, Naomi Osaka prend la sortie du tournoi dès le troisième tour. De même pour Serena Williams, la numéro 10 a perdu aujourd’hui. Chez les hommes qualification de Djokovic, Fognini, del Potro, Tsitsipas, Zverev et Wawrinka. Dernier mot de football, en finale de la Ligue des champions, le match vient de reprendre. C’est le début de la deuxième mi-temps, et Liverpool mène toujours 1 à 0 contre Tottenham. C’est la fin de ce journal, merci à vous de l’avoir écouté.

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