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Hymne

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

À Hong Kong, le projet de loi sur l’hymne échauffe l’ambiance du Parlement : en effet, il serait question de criminaliser les insultes à l’hymne chinois : l’insulte serait donc un crime. Il est vrai que lorsqu’on a un pouvoir fort, en général, il ne plaisante pas avec les symboles de l’État et tolère mal la critique ou même la moquerie. Et un hymne est l’un des symboles importants pour une nation. Pas n’importe quel hymne, mais celui qu’on appelle l’hymne national : il figure auprès quelques autres, qui représentent vraiment cette réalité abstraite : son nom, souvent porteur d’une histoire et de certaines valeurs politiques, son drapeau évidemment, lui aussi le plus souvent synthèse de toute une histoire, et son hymne, dont la réalité est plus complexe encore.

Car un hymne n’existe vraiment que quand il est chanté, et il y a quelque chose de rituel dans le fait de chanter un hymne. D’ailleurs dit-on chanter un hymne ? Non ! On dit toujours qu’on entonne un hymne. Dans son sens premier, ce verbe signifie qu’on commence un chant, qu’on en chante les premières notes, mais il s’agit presque systématiquement d’une pratique collective, et plutôt forte : quand on entonne un hymne, c’est d’une voix qui porte ! Et c’est en même temps quelque chose qui ressemble souvent à une célébration, à une cérémonie, qui tient un peu du sacré et donc qui mérite le respect. Insulter l’hymne, c’est toujours un peu de la profanation. En Chine peut-être, mais un peu partout, à des degrés divers. On se souvient de l’émoi qu’avait provoqué en France la reprise de la Marseillaise par Serge Gainsbourg, sur un rythme de reggae, qui s’intitulait Aux armes et cætera ! L’hymne national est donc un facteur d’identité national, lié le plus souvent non seulement à un pays mais à un certain type de régime.

Mais un hymne n’est pas toujours national. Et d’ailleurs ce n’est pas toujours un hymne : ce peut être une hymne ! Le féminin existe pour ce mot, lorsqu’il représente un chant chrétien de louange à Dieu : cet emploi du mot est relativement rare.

Mais l’hymne (et là, on revient au masculin) représente aussi un certain éloge. Si l’on parle d’un hymne à l’amour, c’est un chant qui célèbre la puissance de ce sentiment. Si l’on parle d’un hymne à la nature, on en magnifie la force et la beauté. Et le morceau connu sous le nom d’hymne à la joie propose un message de confiance et de fraternité.

Alors on parle le plus souvent de cet hymne à la joie, mais parfois on entend l’expression ode à la joie. Il faut dire qu’une ode est un peu parallèle à un hymne : le mot désigne d’abord un poème destiné à être mis en musique et chanté, pour célébrer une divinité, puis un chant triomphal, notamment pour célébrer un vainqueur à des Jeux. Mais l’ode n’a jamais égalé la solennité de l’hymne.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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