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Halles

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Cinquante ans maintenant que les Halles de Paris sont installées à Rungis, dans la banlieue sud de la capitale. Mais parle-t-on vraiment des Halles de Rungis ? Pas très souvent : On parle de Rungis tout court… ! Tout le monde sait de quoi il est question. Ou bien on parle du marché de Rungis, puisque c’est là que s’est installé le grand marché des produits alimentaires qui nourrit Paris, là que les détaillants, les commerçants et les professionnels de la restauration, les hôtels, les restaurants, les bistrots vont s’approvisionner auprès des grossistes. On y achète donc, en grande quantité de la viande, des légumes, des produits laitiers, du vin, des fleurs même… Mais pourquoi arrive-t-il qu’on parle aussi parfois des Halles de Rungis ? Parce que jusqu’en mars 1969, il y a cinquante ans donc, ce grand marché était installé au cœur de Paris. Au cœur ? Pas exactement : on appelait même ce quartier le ventre de Paris. Le lieu a gardé son nom d’origine, les Halles. On y a rebâti, lentement, avec des hésitations et des aller-retour, des équipements commerciaux et culturels. Et quelques restaurants spécialisés dans les tripes ou les abats témoignent encore de ce qui fut la vocation de l’endroit.

Ce mot qui est d’origine germanique est évidemment de la même famille que l’anglicisme hall, de prononciation et d’orthographe différentes. Mais les sens ne sont pas les mêmes. Le hall est une pièce, assez grande, mais qui peut se trouver dans un lieu privé, une maison, comme dans un lieu public. Et il renvoie en général à un lieu d’accueil : c’est là où l’on entre, pour aller le plus souvent ailleurs. On parle d’un hall d’hôtel, l’espace où se trouve la réception, où l’on est forcé de pénétrer avant d’aller soit dans sa chambre, soit au restaurant. De même on parle d’un hall de gare, qu’il faut traverser pour aller sur le quai, prendre son train.

En revanche la halle donne l’idée de lieu de commerce en gros, comme l’étaient les Halles de Paris. Le terme n’est plus vraiment vivant, les centres commerciaux d’aujourd’hui n’y ont pas recours. Mais il est fréquent pour désigner des lieux anciens, souvent au singulier : on parle de la halle aux grains, et plusieurs lieux ont encore ce nom, souvent transformé en salles de spectacle, à Toulouse dans le sud-ouest de la France, ou à Blois par exemple, en Touraine. On a la Halle aux vins à Paris qui ne se consacre plus à ce négoce, mais en a gardé l’appellation.

Alors quelle différence entre le singulier et le pluriel ? Il n’y en a pas vraiment, sinon que lorsqu’on parle des Halles, on fait davantage référence à un endroit plus grand, plus important, où se vendent des denrées très diverses.

Et le souvenir des Halles de Paris est bien sûr spécialement important. Associé à un lieu populaire : on a parlé de la langue des Halles : la langue populaire, ou même la langue vulgaire. Mais cette expression appartient au passé. Par contre, on parlait beaucoup des forts des Halles, les porteurs, forcément musclés, qui transportaient les palettes et les cageots. Et cette expression est encore en usage à propos de quelqu’un de très costaud !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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