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Écocide

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Marie Toussaint, récente députée européenne est une militante écologiste convaincue depuis longtemps, et c’est elle notamment qui s’est battue pour la reconnaissance du crime d’écocide. Avant de reconnaître le crime, essayons de reconnaître le mot qui lui aussi fait figure ne nouvel élu dans notre vocabulaire. Et pourtant, il correspond bien à un processus de création de mots qui nous sont familiers. Il ressemble à d’autres mots, et il est construit comme d’autres l’ont été avant lui, récemment ou très anciennement ! Mais c’est un mot savant, qu’on peut décomposer en deux tronçons, l’un d’origine grecque et l’autre latine. Eco, c’est grec, en tout cas au départ. C’est un préfixe qu’on trouve dans des mots différents, mais qui aujourd’hui se rattache presque uniquement à l’idée écologique, bien qu’il soit présent dans la famille économique. Mais on le trouve dans des formations assez nombreuses : écosystème, écoresponsable, et son orientation ne fait de doute pour personne. Un écocide est donc si l’on peut dire un cide écologique. Ce qui pose bien sûr le deuxième problème : qu’est-ce qu’un cide ?

Cet autre radical dérive d’un verbe latin, occidere, qui signifie tuer. Et ce suffixe peut avoir deux usages et désigner soit un meurtre soit un meurtrier. Il s’agit donc de faire reconnaître une certaine action comme meurtre et de la qualifier de crime au regard de la loi.

En effet écocide s’inscrit dans toute une série de mots, ouverte, qui peut en accueillir bien d’autres, et donc le fonctionnement est aisément compréhensible.

Les premiers font leur affaire en famille : le parricide est aussi bien le meurtre du père que son meurtrier, comme le matricide. Fratricide est courant, et le mot s’utilise aussi très souvent comme adjectif, au sens figuré : on parle de guerres fratricides, entre deux peuples frères, ou considérés comme tels. L’infanticide n’est pas rare et là s’arrête ce cercle restreint !

Mais la piste est lancée, et on trouve bien vite l’homicide, pour celui ou celle qui a tué un homme ou une femme : le crime n’a pas de genre, et hominem en latin renvoie à l’humain, et non au masculin : pas de viricide, même si féminicide peut s’entendre depuis peu pour souligner une violence fatale faite à une femme. Mais homicide est non seulement fréquent, mais officiel et juridique : on parle par exemple d’homicide par imprudence ou d’homicide volontaire, ou involontaire.

À partir de là, la série s’étend en fonction des besoins : régicide date de la condamnation à mort et de l’exécution de Louis XVI, déicide s’emploie le plus souvent dans un contexte antisémite, lorsqu’on reproche aux Juifs d’avoir crucifié le Christ, donc tué Dieu. Et liberticide s’applique en général à des lois ou des textes dont on dit qu’ils tuent la liberté. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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