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Déchet

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La Chine ne veut pas être la poubelle de la planète ! Et si les déchets débordent aujourd’hui sur terre, comment s’en débarrasser ? Ces questions qui étaient hier à la Une de Rfi, en raison de la journée spéciale consacrée à ce problème, montrent bien à quel point cette notion et ce mot déchet sont au cœur des préoccupations d’aujourd’hui ! Le mot est formé à partir de déchoir, qui lui-même est construit sur le verbe choir, c’est-à-dire tomber. Littéralement, le déchet, c’est donc ce qu’on laisse tomber, où même parfois ce qui tombe tout seul lors d’une opération. Par exemple quand on coupe une bûche à la scie, la sciure qui résulte de l’opération, c’est du déchet. De même l’os de poulet qu’on n’a pas mangé, la pelure de pomme de terre. La cendre du charbon qu’on a brûlé, la vieille huile de vidange, que va-t-on en faire, où va-t-on les mettre ? Là encore c’est du déchet, ce qui a chu à côté.

Il faut se souvenir aussi que ce mot déchet a longtemps porté une couleur très péjorative : déchoir signifie être ravalé à un rang inférieur. La déchéance est presque toujours considérée comme méprisable : si on déchoit, c’est qu’on a glissé sur la mauvaise pente. Si on est déchu de ses droits civiques, de sa nationalité, c’est une sanction infamante, un affront officiel : bien pire qu’une simple privation. C’est par exemple le Capitaine Dreyfus, dont on parle beaucoup en ce moment en raison du film qui lui est consacré. Le voilà dégradé, on lui arrache à la fois son grade et ses épaulettes, on brise son épée, pour signifier de façon symbolique et solennelle qu’il n’est plus digne d’appartenir à l’armée française. – alors même bien sûr qu’il est accusé à tort, à partir de fausses preuves fabriquées de toute pièce

Et le mot déchet lui-même peut être utilisé de façon assez injurieuse pour insulter quelqu’un : un déchet, celui qui se laisse aller, n’a plus de volonté, plus de dignité.

Enfin au figuré, on parle de déchet pour désigner ce qui a peu de valeur dans une œuvre au regard des productions les plus réussies. Tel écrivain très prolixe ? Il a bien écrit une vingtaine de romans, mais attention : il y a beaucoup de déchet et peu de choses à garder. On voit bien que le mot est utilisé par quelqu’un qui le prend de haut, qui est sûr de son jugement, et fort condescendant.

Mais l’image du mot a-t-elle changé depuis qu’on s’en soucie tant ? Le fait que très officiellement, on se préoccupe de savoir ce qu’on en fera, comment on les neutralisera, comment on les rendra inoffensifs redonne du prix au déchet. C’est un reliquat inévitable de l’activité humaine, mais on ne ferme plus les yeux devant son existence. Et même on ne se bouche plus le nez : le déchet n’est pas l’ordure, mot qui est resté lié à ce qui dégoûte, qu’on écarte et qu’on ignore. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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