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Coronavirus

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le coronavirus inquiète, puisque c’est lui qui est à l’origine de la propagation des cas de pneumonies très graves, décelés en Chine d’abord, mais maintenant en Thaïlande et même aux États-Unis. Les cas de maladies et de mort ne sont pas encore extrêmement nombreux, mais le risque d‘extension du mal fait peur, et déjà le mot épidémie est prononcé.

Alors qu’est-ce que c’est que ce coronavirus ? Je serais bien incapable de donner une explication de biologiste, mais on peut examiner l’architecture du mot. Un virus est un organisme, tout petit - un micro-organisme - qui peut provoquer une maladie. Alors, il y a toute sorte de virus, et toute sorte de noms composés pour les désigner ; rétrovirus, adénovirus : souvent les scientifiques ont inventé un nom composé, mais pas toujours : virus de la rage, virus Ebola…

Le coronavirus a ceci de particulier qu’on peut mal interpréter le mot : il n’a rien à voir avec les coronaires. Ce radical, corona, est déjà présent dans le vocabulaire médical, mais pour désigner tout à fait autre chose. En particulier les artères coronaires : il s’agit des deux artères placées autour du cœur. De là leur nom : elles sont disposées en couronne. Et on utilise souvent l’adjectif coronarien à propos de pathologies, de maladies liées à ces artères : maladie coronarienne, spasmes coronariens, etc. C’est pourquoi on imagine souvent, de façon logique en apparence, mais tout à fait erronée, fautive, que notre coronavirus produit une maladie qui affecte les artères. Et en fait, ce corona virus est responsable d’une maladie respiratoire, une sorte de pneumonie grave, mais sans rapport avec les tuyaux où le sang circule.

Alors, comment expliquer cette formation ? C’est que ce virus, quand on l’examine au microscope, est comme auréolé, entouré par un genre de couronne : rien à voir avec le système artériel !

En effet, le mot latin corona, qui a donné couronne en français, évoque un cercle. Pourquoi ? Il semblerait que très lointainement il soit lié au mot corneille ! La « koroné », la corneille en grec, a un bec recourbé et c’est peut-être cette particularité qui a donné son sens à la couronne.

Ce mot qui a en français deux séries de sens : d’un côté, il fait penser à ce qui est circulaire, rond : une couronne de fleurs par exemple. Mais aussi tout ce qui est disposé en cercle, par exemple le tissu de banlieue qui entoure une ville : on parle autour de Paris de la petite couronne, qui touche la capitale, et de la grande couronne qui en est plus éloignée. D’un autre côté, le mot évoque le pouvoir, la dignité, et la récompense. La couronne des rois et des reines tout d’abord, une coiffe précieuse qui symbolise cette autorité. Mais quand on parle de couronne de fleurs ou de lauriers, on garde ce sens à l’esprit. Et c’est ainsi que le verbe couronner signifie récompenser : on couronne celui à qui on reconnait la première place. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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