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Caillou et scrupule

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Le caillou polonais dans les rouages du Sommet de Bruxelles ». Un titre de RFI qui montre bien l’embarras dans lequel se trouve l’Union européenne face aux attaques polonaises. Comme si un caillou empêchait la machine européenne de tourner comme il faudrait. L’image est tout à fait mécanique : on imagine bien qu’un caillou gêne le mécanisme d’un engrenage, d’un moteur. Ça risque de tout bloquer, et même de casser la machine. Un caillou ? C’est quand même assez gros. Et cette allusion est comme le superlatif d’une comparaison plus fréquente : un grain de sable. Qui crisse, qui perturbe le bon déroulement d’un processus, qui fait dérailler.

Plus gros que le grain de sable, le caillou n’est pourtant pas énorme. Ce qui fait qu’il se faufile facilement là où il fait obstacle. Et bien souvent, il empêche simplement de marcher. Quand il s’est glissé dans une chaussure par exemple. Cette image est fréquente pour parler d’un embarras : ce qu’on peut vous reprocher, le souvenir d’une faute passée ou une opinion qui n’est pas vraiment conforme avec ce qu’on attend de vous. Pas très douloureux peut-être, mais répétitif, et qui finit par être odieux, et irriter au-delà de ce qui est supportable. Cela commence très timidement, et cela devient une blessure qui entrave et fait souffrir au-delà de ce qu’on peut endurer.

C’est bien toute cette métaphore qui est à l’œuvre lorsqu’on parle de scrupule. Scrupulus en latin, c’est simplement, au sens propre, un gravier une petite pierre pointue qui peut se retrouver dans votre sandale. Nul ne la voit de loin, mais ses conséquences sont importantes et imprévues. Et cette gêne a bien vite acquis un sens moral. Un scrupule, c’est cette inquiétude morale, ce sentiment de culpabilité qui vous empêche de faire telle ou telle action : « J’ai des scrupules à conclure ce marché sans prévenir mes anciens associés », ce ne serait pas correct. C’est donc bien une question de conscience. Mais c’est surtout à la négative qu’on emploie le mot aujourd’hui : on parle de quelqu’un qui est sans scrupule, parfois d’un individu sans aucun scrupule, qui ne s’embarrasse pas de principes, et n’obéit qu’à son intérêt. Être sans scrupule signifie donc souvent qu’on est malhonnête, et qu’on n’est pas poursuivi par le sentiment d’avoir fait le mal.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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