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Bidon

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Trump, dans un de ces fameux gazouilles… je veux dire un de ses tweets, dénonce un tribunal bidon, à propos des audiences organisées par l’opposition démocrate qui tente de valider la procédure de destitution. Un tribunal bidon… voilà une expression bien française. Ce ne sont pas les termes employés par Trump bien sûr, qui a parlé d’une kangaroo coutr pour la déconsidérer. Un tribunal kangourou. Voilà une expression bien américaine qu’on ne saurait traduire littéralement en français et qui désigne ironiquement, mais de façon assez cinglante un faux tribunal, une cour qui n’est pas habilitée à juger, dont les décisions sont connues d’avance et défavorable à l’accusé. Pourquoi un tribunal kangourou ? L’image se rappelle une histoire ancienne américaine, qui remonte au 19e siècle ? Et le 19e siècle, c’est de l’histoire ancienne aux États-Unis. La formule fait référence aux juges qui sautaient, tels des kangourous, d’un tribunal à l’autre pour présider au plus grand nombre de jugements possible, car ils étaient payés en fonction du nombre de jugements rendus. Et puis l’expression s’est conservée pour désigner une cour illégale, dont les verdicts étaient sévères et établis à l’avance.

Comment traduire ça en français ? On parle de tribunal bidon. Et ce mot familier désigne ce qui est faux, mais se fait passer pour vrai : une apparence, un faux-semblant. Un contrat bidon est un faux contrat, qui n’a pas de valeur ni de légalité, qui ne recouvre rien de réel. Un emploi bidon est plus ou moins un emploi fictif. Et si j’ai été victime de fausses promesses, je peux très bien dire : tout ça c’était du bidon : on m’a fait croire des choses qui n’existaient pas, on m’a fait miroiter des possibilités totalement imaginaires, et dans le but de me tromper.

Comment comprendre ce sens argotique, sachant qu’au sens propre, un bidon est un récipient : on parle d’un bidon d’eau, d’huile, d’essence… De vin ? Ce sens n’est plus vraiment attesté de nos jours, mais il a dû l’être par le passé, puisqu’on a formé, de manière familière déjà le verbe bidonner, dont l’un des premiers sens a été boire, et même boire trop, donc s’enivrer. Et le sens péjoratif de bidon dérive donc des paroles de l’ivrogne, ou de celui qui est ivre : Il dit n’importe quoi… mais surtout, on le soupçonne d’invention, de vantardise et de bluff : ****sous l’empire de l’alcool, il trompe son monde, raconte ce qui n’a jamais existé.

Et à partir de là, le mot désigne ce qui n’est qu’apparence et que faux-semblant. En particulier en parlant de quelqu’un de creux ou de lâche : tout ce qu’il prétend, tous ses bons sentiments, sa loyauté, sa droiture, son courage… rein de tout cela n’existe à l’épreuve de la réalité : il est bidon.

Quant au verbe bidonner, il appartient en propre à l’argot des médias ou de ceux qui les pourfendent. Une interview bidonnée par exemple est une interview fictive, mise en scène : un trucage destiné à tromper.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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