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Asymptomatique

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Asymptomatique ! Voilà encore un mot que la crise du Covid a rendu familier. Un mot qui dans sa prononciation, et même dans son écriture, fait savant et compliqué, alors même qu’il est facile à comprendre et à démonter. Asymptomatique veut simplement dire sans symptôme, qui ne présente pas de symptôme. A-, on le sait est ce qu’on appelle un préfixe privatif, un préfixe qui signifie « il n’y en a pas », un préfixe égal à zéro…  ou en tout cas égal à une négation. Un mouvement apolitique par exemple, est un mouvement qui n’est pas politisé. L’apesanteur est l’absence de pesanteur !

Et une maladie asymptomatique est donc une maladie qui ne montre pas de symptôme. Et ce n’est pas forcément une bonne chose, car cela implique que le mal est là sans se faire voir : on est malade sans le savoir, ce qui peut avoir deux conséquences graves : on ne se soigne pas, puisqu’on se croit bien portant. Et on peut transmettre aux autres une pathologie – une maladie puisqu’on ne sait pas qu’on en est la victime.

En effet, le symptôme est un signe. Mais le mot est médical : il s’agit d’un signe qu’on doit savoir interpréter, d’un signe qui dit quelque chose à celui qui sait le lire. Il n’est pas vraiment le mal lui-même, mais ce qui l’indique : le symptôme n’est pas loin de l’indice !

Alors on confond parfois deux mots différents, mais qui se ressemblent un peu : symptôme et syndrome. Un syndrome est au sens littéral, un ensemble de symptômes qui permettent d’identifier une maladie. Un seul symptôme parfois ne suffit pas. Mais un faisceau de signes, plus ou moins reliés entre eux, qui surviennent souvent dans un certain ordre, font qu’on reconnaît, qu’on diagnostique une maladie particulière. Là encore, il ne s’agit pas de la maladie elle-même, mais des manifestations qui permettent de la reconnaître, de la cataloguer, de la nommer. Et à partir de là, de la traiter, en fonction de l’expérience qu’on a.

Par extension, il arrive d’ailleurs qu’on nomme une maladie, ou une certaine forme de maladie, syndrome de X ou de Y : une manière de nommer d’après les indices, d’après la piste suivie pour arriver identifier la maladie. On se souvient probablement que le mot SIDA est un acronyme, un mot formé d’initiales : syndrome d’immuno-déficience acquis. Les maladies sont souvent nommées d’après les médecins qui les ont étudiées les premiers : syndrome de Sjögren, de Rett, d’Angelmann.

De toute façon, le mot est à la mode, dans des emplois divers et non médicaux. Il remplace parfois le mot « effet », pour désigner une certaine situation ; le syndrome de Stockholm renvoie à la fraternisation entre preneurs otages et kidnappés, qui se retrouvent prisonniers de la même situation. Ou alors le mot pointe juste une attitude d’imitation, plus ou moins consciente. On se souvient par exemple de la façon dont François Mitterrand avait organisé son bureau : on disait qu’il était attenant à celui de son proche conseiller, Jacques Attali, et que souvent, les visiteurs devaient passer par le bureau d’Attali pour accéder à celui du président. Certains chefs d’entreprise avaient reproduit ce schéma, et souvent, en souriant, on parlait alors du syndrome de Mitterrand.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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