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Asterix

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Astérix deux fois orphelin ! On dit ça comme on parle d’Eurydice deux fois perdue. Mais il faut se souvenir qu’Astérix avait deux pères, en tout cas deux créateurs : René Goscinny, mort il y a longtemps de manière cruellement ironique : un malaise cardiaque provoqué par un test d’effort chez son cardiologue ! Et hier, Albert Uderzo qui le premier a dessiné nos célèbres Gaulois. Leurs noms sont devenus proverbiaux, associés souvent à leur caractère : Astérix, petit, courageux et malin. Obélix, gros, benêt, soupe au lait au grand cœur. Et on retrouve là le couple du gros du maigre qui a connu tant de réalisations : Laurel et Hardy, San Antonio et Bérurier, jusqu’à Don Quichotte et Sancho Pansa qui en sont comme une préfiguration. L’important est de savoir comment leurs noms ont eu le succès qu’on connait. A cause de leur finale en –ix bien sûr, qui est comme l’étiquette du Gaulois. Pourquoi ? On pense forcément à Vercingétorix, guerrier historique, devenu légendaire, qui à l’âge de vingt ans, avait réussi à unifier un certaine nombre de tribus gauloises, pour résister à l’invasion et à la colonisation romaines. Que veut dire Vercingétorix : c’est un peu le roi, ou le chef des grands guerriers. Ver pour roi, cingeto pour guerrier, et rix pour roi. Rix, qui bien sûr fait penser au rex latin. Et les deux mots sont apparentés à la même ancienne famille de mots. Donc cette final en –ix n’est pas historiquement une marque spécifiquement gauloise, mais l’indice de la royauté ! Qu’importe : tout le monde connait Vercingétorix ; tout le monde devinera qu’Astérix et Obélix sont gaulois !

Et les personnages de cette célèbre saga nous sont familiers. Parce que ce sont des calembours, des mots français vaguement déformés pour donner ces patronymes faits pour sourire. Mais ils ont eu tant de succès qu’ils en ont parfois éclipsé leurs pères. Astérix par exemple vient d’astérisque : un signe graphique, en forme de petite étoile, qui attire l’œil, et renvoie en général à une note en fin de volume ou de chapitre. Petite étoile ? Oui, le nom même nous y fait penser : un astérisque est un petit astre. Et le nom est du masculin, bien qu’il se termine par un « e ». Obélix obéit à la même déformation, qu’on appelle en linguistique une métathèse : on intervertit des sons : -ix ou au lieu de –isque. Et presque tous les personnage gauloiss de la bande dessinée sont le produit de cette métathèse, à parti le chien Idéfix ! Quant à notre obélisque, c’est une sorte de tige de pierre élevée vers le ciel Les plus connus sont en Egypte, sauf s’ils ont été ramenés en France, comme c’est le cas de celui de la place de la Concorde à Paris. Le mot est d’origine grecque, et l’obeliskos est au départ une broche à rôtir. On voit que le sanglier n’est pas loin.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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