Couverture de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, 20 septembre 2012.
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OGM, une étude préoccupante

Le titre de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur à paraître jeudi 20 septembre 2012 est particulièrement affirmatif : « Oui, les OGM sont des poisons ! » Et la suite de l’article prend des allures d’enquête policière alarmante : « Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l’industrie OGM. »
Par Thomas Bourdeau -

L’étude est à paraître dans la revue internationale de toxicologie alimentaire Food and Chemical Toxicology.  Et pour Gilles-Eric Seralini, chercheur à l’Université de Caen, qui a dirigé l’équipe à l’origine de cette étude : « Les résultats sont alarmants. » Lors du test, deux cents rats ont été nourris pendant deux ans avec un maïs OGM NK603 ( Un OGM est un Organisme génétiquement modifié), traité dans certains cas avec l’herbicide Roundup. Le maïs était introduit au sein d’un régime équilibré dans des proportions représentatives du régime alimentaire américain. « Les résultats révèlent des mortalités bien plus rapides et plus fortes au cours de la consommation de chacun des deux produits », résume le chercheur et il explique : « On observe par exemple deux à trois fois plus de mortalité chez les femelles traitées. Il y a deux à trois fois plus de tumeurs chez les rats traités des deux sexes. »

Des OGM déjà testés à trois ans, mais jamais avec des analyses aussi approfondies

Les deux produits, le maïs OGM NK603 et l’herbicide Roundup, sont la propriété du groupe américain Monsanto. Selon Gilles-Eric Seralini, le NK603 n’a jusqu’alors été testé que sur une période de trois mois, une période trop courte pour détecter l’apparition des tumeurs. Quelques OGM ont déjà été testés à trois ans, mais jamais avec des analyses aussi approfondies. Les chercheurs ont constaté que 93% des tumeurs des femelles étaient mammaires tandis que la majorité des mâles sont morts de problèmes hépatiques ou rénaux.

« Suspendre immédiatement les autorisations de mise en culture », José Bové

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a réagi à cette publication en déclarant qu’il voulait revoir les procédures d’homologation des OGM au sein de l’UE afin de les rendre « beaucoup plus strictes ». Quant à l’eurodéputé Vert français José Bové, il a demandé mercredi à la Commission européenne de « suspendre immédiatement les autorisations de mise en culture » accordées au maïs OGM MON810 et à la pomme de terre Amflora.

Des rats femelles avec des tumeurs plus grosses que des balles de ping-pong

C’est la première fois, selon M. Seralini, que le Roundup est testé sur le long terme. Jusqu’à présent, seul le principe actif du Roundup sans ses adjuvants avait été testé plus de six mois. « Ce sont les meilleurs tests qu’on peut avoir avant d’aller tester chez l’homme », a dit le chercheur. Le professeur affirme : « Pour la première fois au monde, un OGM et un pesticide ont été évalués pour leur impact sur la santé plus longuement que les agences sanitaires, les gouvernements et les industriels ne l’ont fait. » L’article de Food and Chemical Toxicology montre des rats femelles de laboratoire avec des tumeurs plus grosses que des balles de ping-pong.

Une étude financée par plusieurs fondations

L’étude a été financée par la Fondation Ceres, soutenue notamment par une cinquantaine d’entreprises dont certaines du secteur alimentaire qui ne produisent pas d’OGM, et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme. Les fonds sont gérés par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), dont M. Séralini préside le conseil scientifique et dont le conseil d’administration a été présidé par Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.

Publié le 30/09/2015 - Modifié le 28/10/2015

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