Photo non datée de la combinaison spatiale portée par l'astronaute américain Neil Armstrong lors de sa sortie sur la Lune pendant la mission spatiale humaine Apollo XI.
Photo non datée de la combinaison spatiale portée par l'astronaute américain Neil Armstrong lors de sa sortie sur la Lune pendant la mission spatiale humaine Apollo XI.
NASA/AFP
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La Lune, le Net et le scaphandre

Le 19 août 2015 est le dernier jour de la campagne pour lever des fonds destinés à restaurer la combinaison que portait l’Américain Neil Armstrong lorsqu'il a marché sur la Lune en 1969. L'opération a fait un carton sur le Net.
Par Tirthankar Chanda -

Nous sommes le 20 juillet 1969. Il est précisément 21 heures, 56 minutes et 20 secondes, à Houston, aux États-Unis. C’est un instant historique, lorsqu’Armstrong descend du module LEM Eagle et foule le sol lunaire. « Un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour l’humanité », entend-t-on le petit homme proclamer, immortalisant l’événement. La phrase est depuis entrée dans la légende de la conquête spatiale.

Le 20 juillet 2019, les États-Unis vont commémorer le cinquantième anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune. Pour cette occasion l’institut Smithsonian, qui gère le musée de l’Air et de l’Espace de Washington, se propose de remettre en état la combinaison spatiale (en anglais) qu’Armstrong portait quand il a mis le pied sur la lune. Elle sera l’une des pièces phares de la nouvelle exposition consacrée à l’aventure spatiale que le Smithsonian prépare pour 2020.

Mais il faudra d’abord réparer la combinaison en question. Elle s’est abîmée sous l’effet du temps. Le scaphandre des astronautes, expliquent les conservateurs du Smithsonian, est conçu pour une utilisation à court terme. Ses matériaux constitutifs se décomposent progressivement. À tel point qu’il a fallu la retirer de la vitrine au musée spatial de Washington en 2006. Le projet « Reboot the suit » (« Resturation du scaphandre ») propose de remettre la combinaison en état et surtout de mettre en place un support adéquat dans un environnement à atmosphère contrôlée pour une conservation longue durée. Or tout cela coûte de l’argent. 500 000 dollars (soit 462 000 euros) au bas mot, estiment les conservateurs. Mais où trouver une telle somme ?

« Crowdfunding »

La question se pose car, aux États-Unis, le financement des musées dépend largement des dons privés. C’est le cas en particulier pour les expositions temporaires et les restaurations. Le Smithsonian reçoit de l’argent de l’État pour gérer les 19 musées et galeries qui ont été placées sous son égide, mais pas pour la réparation des œuvres. D’où l’idée de lancer une campagne de levée de fonds sur le Net, par le biais du financement participatif ou du crowdfunding, qui connaît un succès croissant avec la multiplication des plateformes de lancement. Kickstarter en est une et c’est elle que le musée Smithsonian a choisie pour sa campagne.

Celle-ci a été lancée le 20 juillet, jour anniversaire de l’alunissage des astronautes d’Apollo 11. Selon les règles du site Kickstarter, les promesses de dons ne peuvent être encaissées que si le projet est financé à 100% avant la date limite d’un mois, soit avant le 19 août s’agissant du projet de restauration du scaphandre d’Armstrong. Or, phénomène inattendu, ce projet de restauration de la relique de l’aventure spatiale de la décennie 1960 a réveillé les passions des amoureux de l’espace. La campagne est devenue vite virale sur les réseaux sociaux et en moins de quatre jours les 500 000 dollars requis ont pu être collectés. Du coup, la demande de financement a été révisée à la hausse et étendue de 500 000 à 700 000 dollars.

Vu le succès de sa toute première campagne de financement, le Smithsonian envisage plusieurs autres opérations d’appel aux dons dans le cadre de ses nombreuses collections et a passé un accord de parrainage à cet effet avec la plateforme Kickstarter. En France aussi, ce procédé de financer l’entretien du patrimoine par l’argent privé intéresse les opérateurs culturels. Le temps n’est peut-être pas loin où le crowdfunding et Kickstarter seront mobilisés pour venir à la rescousse du sourire de la Joconde !

Publié le 10/07/2019 - Modifié le 02/08/2019

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